VANF sur Malagasy Miray
décembre 19, 2006
Voici un article paru aujourd’hui dans l’express de Madagascar. VANF sur Malagasy Miray.
“Puisque tu pars
Par NASOLO-VALIAVO Andriamihaja
Le syndrome de la diaspora se retrouve pas plus loin qu’à 120 km de Tana. Des “immigrés” Merina s’y inventent une convivialité qui serait parfaite indifférence des uns envers les autres sur l’esplanade du Palais des Sports à Mahamasina.
En octobre 2006, j’avais commis une chronique (en thème et sa version) sur la diaspora malgache de France. Passablement piquée au vif ou franchement amusée, celle-ci (au moins une partie, parce qu’elle n’est pas non plus monolithique “la diaspora”) réagit en se donnant rendez-vous sur un “kianja” (malagasy.wordpress.com malagasymiray.net et les liens connexes vers d’autres espaces plus personnels).
Il faut dire que j’avais abordé le phénomène “blog” par un côté assez austère : celui de l’ancien premier ministre français, aujourd’hui maire de Bordeaux, Alain Juppé. La légèreté se doit d’être sérieuse sinon on verse dans la bêtise. Aujourd’hui, un ami, qui plus est de ma génération, lance une invitation à la cantonade à rejoindre son espace de discussion online : je me demande si je m’y ferai jamais. Pourtant, on y lit finalement quelque chose qui n’est pas nécessairement primaire, nunuche ou scandaleux. “Malagasy Miray” vaudra d’ailleurs toujours infiniment mieux que les conneries que débitent à longueur d’année les politiciens locaux dont personne, malheureusement, ne voudrait à l’exportation.
La diaspora donc, disais-je, celle-là au moins, m’a l’air plutôt sympa. Bien sûr, la diaspora n’est jamais aussi exécrable que quand elle prétend faire la leçon avec le confort de 10.000 km de recul. Mais, un “hédoniste, adepte d’Epicure et partisan du Carpe Diem” ne peut être tout à fait mauvais, concédons-le. Quelqu’un capable de s’arrêter à pareille citation – “faire et en faisant se faire et n’être que ce que l’on s’est fait” - non plus. Certains témoignages inspirent le respect comme celui-là, au détour d’une discussion sur la fatalité de rester ou le choix de partir : “Je ne pardonnerai jamais à ce pays de ne pas avoir su retenir mes enfants”.
Une tragédie qui remonte à 1988. L’époque des dernières années d’un Service national même pas optimisé en rigueur et discipline ou spécialisation, mais occupé à jouer à la belote. Des ultimes soubresauts également du socialo-communisme aux multiples ravages dont Madagascar ne s’est toujours pas relevé dix-sept ans après la chute du Mur de Berlin. Une époque où la parité du Franc Malgache avec le Franc Français ne mettait pas encore Ivato à des années-lumière de Roissy.
La Chronique en question, sur les “Gasy d’Andafy”, était documentée à mon vécu propre et celui des proches que j’ai observés en entomologistes de nos petites manies. Moi aussi, il m’était arrivé de faire venir du Rhum Vieux (ou moins vieux) de chez Dzama, que je sirotais en solitaire (parce que la diaspora Gasy n’est pas agglutinée) dans la pénombre d’une nuit d’hiver et d’entendre monter sur quelque radio FM parisienne les accents pathétiques de “Mitanilanila ilay masoandro”. Le cocktail Erick Manana – “Rhum 52% du volume” a vite fait de rompre la digue des larmes de la nostalgie du pays.
“J’aime ce pays”, devais-je dire un jour à une de mes cousines, née là-bas, qui y a toujours vécu et qui ne s’indigne même plus que je lui dise qu’elle n’a rien de Malgache à confondre les machos de chez nous avec les fils de Don Corleone. J’aime ce pays parce que c’est le mien. C’est mon droit de me faire à la décrépitude des infrastructures, de me résigner à la ruine du service public, de composer avec le pourrissement de la mentalité. A une autre époque, je m’engueulais avec la diaspora. Depuis, je ne crois plus que ce soit un devoir pour tout le monde d’avoir à supporter l’insupportable par nationalisme militant.”
Malgachoscopie: You know you’re Malagasy when…
novembre 23, 2006

You know you’re Malagasy when:
Your last name is at least 10 letters long and contains lots of A’s
When people ask you about your race, you have no idea what to say
You have never been afraid of skin cancer even though you go to the beach very often
When in your family, taboo and tradition takes precedence over the law
You eat rice at least twice a day
You have heard that kicking walls or burning green plants will kill your grandmother
You have been pissed waiting on the traffic policeman to give you the right of way at a crossroad
You have been to an exhumation and a circumcision
You know that the alphabet only have 21 letters
You know the group Mahaleo
When you die you’ll be buried in a family tomb
Every Comorian for you is a Mamadou and every white person is a Vazaha
When it comes to sports, you think football is the biggest, and rugby and pickpockets are related
You think sweet beans are gross
You get paid to go to public university
You have taken at least 2 foreign languages in school
You have driven in a 2 way street which is the exactly the width of 2 cars but you made it safely
You know that we burry navel cords ( tadim-poitra) and you actually know where yours is buried
You drive without any speed limits
You know which of the 18 tribes you belong to
Your mom told you that if you don’t wear your shoes, your stomach will hurt
Malagasyscopie par la blogosphère malagasy
novembre 19, 2006
Se sont joints à la Malagasyscopie, ou regards sur nous-mêmes, inspirée par l’article “Ho an’ny Gasy andafy” de VANF:
Malagasyscopie par Aiky
Malagasy Copy par Dadee
Malgachoscopie par Elodieriana
Malagasy kôpy par Harinjaka
Malgachoscopie par Hery
Lettre à un Malagasy de Madagascar par Iko
Malagasy Kopia par Jentilisa
Malgachoscopie | When you give back par Jogany
Malgachoscopie par Lilia
Malgachoscopie par Lutinewink
Malgachoscopie - Exil + Madagascarianskopia par Lova
Malagasyscopia par Malagasy any California
Malgachoscopie par Many
Malgachoscopie par Marc
Malgachoscopie par Mia
Malgachoscopie par Nivo
Malagasyscopie par Rajiosy
Malgachoscopie par Tokinao
Malgachoscopie - Fantatro izay fihaviako par Tomavana
Malgachoscopie par Vola
Malgachoscopie (partie 1) par Xavier
Malagasyscopie
novembre 18, 2006
A vrai dire, j’avais préparé quelque chose de saignant à l’intention de Mister Vanf, quelque chose trottait dans ma tête du genre “un malgache observe le malgache Vanf”. A vrai dire, je n’ai toujours pas de blog car je suis très feignasse en ce moment et je préfère satisfaire ma curiosité en lisant les autres (les blogs).
Et puis après avoir écouté le hira faneva N°1 de Mr le Président en rigolant, je me suis décidé à lire ce que devient Malgachoscopie. Je n’avais pas compris de prime abord ce que cela voulait dire et cela malgré le mail lumineux de Tattum, avant d’en lire la traduction en malgache par jentilisa. Malagasy mijery malagasy. Plus précisément, je me suis retrouvé Malgache en train d’observer comment certains malgaches blogueurs se voient et voient leurs compatriotes.
Et très étrangement je me suis vu plus vieux que la plupart d’entre vous. Moins préoccupé de la période où j’ai quitté le pays. Moins nostalgique de la bière, du salegy et toute cette litanie qui fait que Vanf est grand. Moins soucieux de mes compatriotes que je peux rencontrer avec toutes leurs manies. Moins concerné par Dago en tout cas par tout ce que Vanf et d’autres semblent attendre du Gasy d’Andafy.
Voici donc ce que j’ai vu, vécu et entendu.
Que l’on vit plutôt bien là où l’on se trouve.
Que l’on ne peut que vouloir progresser quand on en a la possibilité.
Qu’il ne nous viendrait pas à l’esprit de le revendiquer haut et fort.
Que l’on arrive à tout quitter après un livre pas sexuel du tout.
Que j’apprécie le Rah-Ckicky.
Que certains gagnent très bien leur vie.
Qu’ils ne l’avoueront jamais.
Que mon identité et bla et bla et blablabla.
Que l’on s’intéresse à la déco de maison.
Que l’on en a assez de voir à la télé la sempiternelle pauvreté de Mada et que Grey’s Anatomy vaut cent fois mieux.
Que le malgache est loin d’être le seul à avoir quitté son pays.
Que mes enfants qui ne parlent pas malgaches sont 100% malgaches à leur façon.
Qu’il n’y a d’enrichissement que dans ces nouvelles formes de vie.
Que nous sommes obligés d’inventer ici. Comme ceux qui sont là-bas.
Que nos enfants perpétueront à leur manière.
Que Thierry Henry est le seul blanc de l’équipe de France.
Que notre sentimentalité peut être dépassé.
Que le développement et patati et patata. Domy aho ranoatra.
Qu’on pouvait gagner sa vie à laver la mort-où-est-ta-victoire (je l’ignorais).
Que Rossy est d’un ennui.
Que mes racines sont dans un sale bled que j’aime bien dia ity katsaka ity voanjobory.
Que d’autres ont tenu des sex-shops.
Que le pasteur du coin s’est fait un devoir de les ramener dans le droit chemin.
Que sobika est bien percé.
Que madanight est bien coquin.
Que Mahaleo arrête de tourner ses rengaines. Du nouveau. Du nouveau.
Que tant mieux, certains voyagent beaucoup.
Que les zébus malgaches ont un zob. Le saviez-vous ?
Que la vie continue etc etc…
Bordel de dieu ! Arrêtons de nous regarder le nombril !
Rajiosy


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