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Quand ton médecin a les mêmes maladies que toi, le comble

Ces derniers mois, la vie à Antananarivo, la capitale de Madagascar pour ceux qui ne le savent pas encore, a été quelque peu mouvementée.

D’une part, il y a les manifestations politiques de certains élus qui ont voulu destituer (ils appelaient cela la déchéance) l’ancien Président de la République, et d’autre part des phénomènes sociaux qui entrainent l’augmentation du stress négatif pour la population.

Parmi ces mauvais stress (car il y a du bon stress, oui oui!), on peut notamment citer:

  • l’insécurité
  • l’inflation galopante entrainant une hausse du coût de la vie
  • mais aussi la baisse du pouvoir d’achat
  • l’environnement en général de la ville: embouteillage et problèmes de la circulation urbaine, incivisme généralisé, médiocratie, etc.

Antananarivo est devenue une mégalopole stressante. Les habitants des villes voisines en font quotidiennement les frais: Ivato/Ambohidratrimo, Ilafy/Sabotsy-Namehana jusqu’à Ambohimanga, Tanjombato/Andoharanofotsy jusqu’à Ambatofotsy, Mahazo/Ambohimangakely jusqu’à Ambohimalaza, ceux qui empruntent le By-Pass. Mais aussi les principaux axes du centre ville.

Dans la ville se côtoient:

  • les marchands qui ont investi les trottoirs
  • les scooters qui circulent sur les trottoirs qui ne sont pas encore occupés par les marchands
  • les piétons qui occupent la rue faute de trottoir ou juste par habitude
  • les bicyclettes qui essaient de se faufiler un peu partout
  • les charrettes et les pousse-pousse qui font la loi dans la rue et bloque la circulation
  • les camions semi-remorques qui théoriquement ne doivent pas entrer en ville entre 6h du matin et 21h
  • les « taxi be » et les bus qui ne s’arrêtent pas là où ils doivent s’arrêter
  • les taxis en panne d’essence en pleine course et rajoutent de l’essence à leur reservoir grâce à un petit réserve contenu dans une bouteille d’eau minérale d’un litre et demi
  • les voitures qui s’arrêtent en double file et là où il a une rue à deux voies (une seule voix reste par la suite praticable)
  • les voitures qui stationnent deux roues sur un trottoir vide
  • et tant d’autres acteurs relativement négligeables

A chaque semaine ou à chaque jour où l’on fait ses courses, on note une « légère » hausse de prix sur les mêmes produits que l’on achète régulièrement. Tous les deux ou trois mois, la nuit du dernier jour du mois au lendemain, au premier jour du mois suivant, on note une hausse du prix à la pompe du litre des carburants.

A chaque fois qu’on lit la presse quotidienne, les faits d’hiver occupent de plus en plus les pages des journaux, notamment ceux relatifs à l’insécurité du pays:

  • plusieurs petits commerces qui se sont faits attaqués (petites épicerie à la malgache, vendeurs de charbon, bars du coin, …)
  • plusieurs maisons d’un même quartier qui se ont été braquées en une seule nuit
  • des passants d’un quartier anciennement chic qui se sont faits dérobés
  • des entrepreneurs ou chefs d’entreprise d’origine indo-pakistanais et qui sont naturalisés français (ou anglais) se font kidnappés
  • des enfants qui disparaissent sans explication
  • et tant d’autres maux que l’on ne va pas citer

Ajouté à cela, pour certains il y a le chômage, les dettes à rembourser, les traites à payer, les charges mensuelles à payer: eaux et électricités, télécommunication, loyer, frais de déplacement, …

Tout cela n’est pas du tout rose et la santé de beaucoup de personnes en pâtit. Je fais partie de ces gens là. Ce qui m’amène à consulter mon médecin.

Lors de la consultation, mon docteur (en médecine, je pense qu’il ne faut pas le préciser après les paragraphes précédents) me raconte que beaucoup de personnes sont venues le consulter les jours succédant les premiers résultats non officiels du premier tour de l’élection présidentielle de 2018. Je ne vois pas trop pourquoi à priori, mais mon docteur a continuer que beaucoup de malgaches se préoccupent de leurs avenir compte tenu du prochain Président.

Le plus difficile pour moi était d’entendre que lui aussi connait depuis quelques jours des crises d’angoisse par rapport à ce qui va arriver prochainement au pays, les futures crises, l’avenir des enfants et des petits enfants. etc. Mais au final, j’ai eu droit à du magnésium… espérons que cela fera son effet.

 

 

J'aime ma patrie et je souhaite le bien des malagasy

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