Trop c’est trop! des touristes qui se font attaquer sur les routes nationales, des voyageurs dans les taxi-brousses qui se font détrousser et qui se font couper les mains, des chauffeurs-guide qui se font tirer dessus par les « dahalo » (voleurs de zébus, particulièrement dans le Sud et Sud-Ouest de Madagascar), des enquêteurs qui demandent « un peu » d’argent pour que l’enquête puisse débuter, des voleurs pris en flagrant délit qui sont relâchés par la police moins de 48 heures après qu’ils soient pris pour la simple raison que le propriétaire du bien volé n’a pas voulu payé cette « petite somme » et que officiellement c’était juste un simple exécutant mais pas le cerveau. Des bandits et des brigands qui sont relâchés par le tribunal et qui désespère certains membres de la force de l’ordre… bref, trop c’est trop!

Et tout ce que nous venons de citer en haut ne sont qu’une partie de la triste réalité de ce qui se passe à Madagascar. On peut avoir mieux mais il y a pire. Par exemple, on peut nommer Ministre une personne qui s’en est pris à un bâtiment public etc. etc. on la liste est longue.

En cette veille du retour de l’indépendance de Madagascar, les malgaches se préparent à célébrer les 58ème anniversaire de l’Indépendance. On essaie de palper l’euphorie du moment. Les vendeurs ambulants de drapeau étaient déjà présents dans le centre ville depuis le début du mois de juin. Les marchands de lampions locaux se sont déjà installés au marché, et bloquant de temps à autre la circulation des voitures. Les marchands de pétards, qui sont soi-disant interdits à Madagascar ont investit le bas de l’escalier d’Antaninarenina. Les chaines de télévision et les stations de radio sont inondés par des annonces et des spots publicitaires proposant diverses offres et promotions relatives à la fête nationale et la Coupe du Monde de football 2018.

Eh oui, l’ambiance de la Coupe du Monde de football de la FIFA qui se tient en Russie est présente dans la capitale malgache depuis au moins le 13 juin dernier, c’est-à-dire la veille de la cérémonie de l’ouverture et du premier match entre la Russie et l’Arabie Saoudite.

Cette année, la fête de la musique qui se tient normalement le 21 juin s’était fait discret, sûrement effacés par l’euphorie de la Mondiale et de la Fête Nationale. Ceux qui ont pu le faire ont surtout suivi la fête de la musique qui s’est passé dans d’autres pays à la télévision.

En parlant d’euphorie du moment, on hésite à qualifier l’ambiance locale comme telle ou plutôt on va dire qu’il s’agit d’un sentiment de lassitude généralisé qui ne demande qu’à s’évader un peu le temps d’un long week-end avec un « pont » hypothétique ce lundi 25 juin en terminant par la journée du 26 juin, jour de fête par définition.

Toutefois, les réseaux sociaux, la presse écrite et les journaux télévisés et journaux parlés relatent les cas d’insécurité dans toute l’île au moment même ou la force de l’ordre fait une répétition sur le terrain du stade municipal de Mahamasina, simulant l’attaque des tristement fameux « daholo » et la capture de ces derniers.

Dans notre quartier, les gens se font voler leur marmite bouillante sur le feu et en l’espace de quelques minutes les voleurs osent revenir pour chercher d’autres biens. Rares sont ceux qui se font attrapés et ceux qui se font attrapés semblent savoir ce qu’il y a à faire pour sortir ou préfèrent attendre un peu car sortiront plus tôt que ce qu’on attend de la justice.

Cette année, l’euphorie va se manifester en privé, en famille ou en groupe restreint…