Je poste ce billet au lendemain du passage du cyclone Ava à Madagascar. Pour rappel, beaucoup de routes sont coupées, des ponts ont été emportés par les différentes crues, des éboulements, des inondations, des bâtiments administratifs endommagés et surtout ce qui arrivait à la ville Toamasina a été le plus médiatisé, contrairement à ce qui s’est passé à Vohipeno ou encore Miandrivazo et autres.

  • Madagascar et le cyclone: ce n’est pas du nouveau

Madagascar subit annuellement le passage des cyclones. D’habitude, ce sont entre les lettres E à G qui sont les plus dévastateurs mais ce n’est que la perception sociale et non selon des statistiques fiables. Pour ce dernier il faudra encore rechercher.

Depuis la période royale, les dirigeants de Madagascar se sont toujours souciés des effets dévastateurs des cyclones, que ce soit avant ou après leur passage. Et ce n’est pas vraiment le cyclone mon principal souci dans ce contexte.

  • Madagascar: ce qui est normal et ce qui ne l’est pas

En effet, le principal souci est la proactivité ou la réactivité de chaque responsable. Lorsqu’un chef fokontany autorise la construction d’une maison (est-ce qu’il a le droit d’ailleurs) et que cette dernière bouche toute évacuation, ou lorsqu’un haut dignitaire intervienne pour qu’un « investisseur » chinois souhaite construire là où il ne faut pas, là il y a un souci.

Lorsqu’on voit qu’à chaque entretien de route, la largeur de la partie goudronnée se réduit et réduit ainsi la largeur de la route mais pire l’épaisseur du goudron final en tant que revêtement, là il y a un souci. Lorsque des mal-appelés « cité des imbéciles » en bois de récup ou en plastique deviennent des maisons en dur, en brique avec la couleur de la Commune qui a donné l’autorisation, et que par la suite, les habitants jettent leurs eaux sales sur la voie publique ou bien font leur besoin dans le petit angle d’un poteau, ça craint!

  • Madagascar et les responsables: qui sont-ils? que font ils? quand?

Le comble ou je dirai plutôt l’ironie de la situation, c’est que ce sera toujours après coup que l’on va entendre de la bouche des responsables que « à partir de maintenant, nous allons prendre nos responsabilités! » et avant! qu’est-ce qu’ils ont foutu?

La pauvreté n’est pas toujours une excuse. La pauvreté matérielle, peut-être, mais il faut pas non plus s’appauvrir mentalement.

  • Madagascar et Ava

Pour terminer, en regardant la liste des noms de cyclone de la saison 2017-2018, on peut constater que c’est Madagascar qui a donné le nom « Ava ». En malgache « ava » est la racine du mot « miava » qui signifie littéralement « sarcler », enlever ce qui est mauvais. ça commence bien!