Dans les faire-part des gens d’Antananarivo, il est devenu fréquent d’y lire « tsy misy ny fiaretan-tory » qui signifie « il n’y a pas de veillée ».  Il était d’usage (et il l’est encore dans certaines familles) de rester chez la famille du défunt pour leur tenir compagnie et chanter (des cantiques ou autres). Pour des raisons économiques pour d’uns et pratiques pour d’autres, beaucoup de familles ont laissé cette coutume.

  • Les gens viennent

La famille des défunts qui ont encore la possibilité ou bien l’obligation sociale d’organiser, durant deux à quatre nuits avant l’enterrement, des soirées de veillée funéraire, doit s’organiser pour mieux recevoir les personnes qui vont venir la nuit.

En général, les personnes viennent en groupe, par famille, par association ou par affinité. En ville, on retrouve aussi beaucoup de personne qui vient seule, non accompagnée. En ce qui concerne les personnes habitants à la campagne, une personne se charge d’appeler l’ensemble du village, soit en faisant sonner la cloche vers 17h ou en criant, et tout le monde avancent vers la maison où est gardé le corps du défunt. Les gens viennent des quatre coins du village et se retrouvent pratiquement ensemble et au même moment au lieu de rendez-vous, soit dans la cours de la maison du défunt ou dans la maison où aura lieu la veillée.

  • Veillée = café et rizcuisiniers spéciauxcuisiniers campagne madagascar

La famille proche s’active. On nettoie les assiettes, les cuillères et les fourchettes. On prépare le repas de la veillée et on met aussi sur le feu le café. Il n’y a pas de protocole en particulier pour le service. Le nombre de personnes qui viennent chaque nuit varie de dix à une centaine. C’est en fonction de la notoriété du défunt, son titre ou son rang étant vivant, selon aussi l’importance de ses enfants et de sa femme ou de son mari qui est toujours vivant.

  • Condoléances = contribution financière

L’us et coutume malgache veut que l’on « participe financièrement » aux douleurs de la famille. C’est à l’issu d’une présentation de condoléances sous forme de discours avec réponses en trois partie  (c’est-à-dire ceux qui présentent leurs condoléances parlent en premier, la famille du défunt répond une première fois, et ceci en trois fois de suite) que ceux qui viennent réconforter la famille donnent de l’argent placé dans une enveloppe non scellée, non fermée, contenant à l’intérieur le nom de la personne, le groupe ou encore la famille qui donne . Il n’y a pas de règle fixe pour la somme à donner mais cela peut varier de 500 Ar à la campagne jusqu’à des millions d’Ariary autant à la ville qu’à la campagne. Il y en a qui offrent aussi des zébus vivants et des sacs de riz.

  • Une salle à manger spécialesalle à repas funéraire

En général, la salle à manger ou l’espace aménagé spécialement pour le repas n’est jamais suffisant pour recevoir tout le monde en une seule fois. Donc il faut s’organiser pour que chacun puisse passer tour à tour. Un membre de la famille fait savoir aux personnes présentes à la veillée que le repas (post-diner) est servi et que c’est leur tour. Chacun se lève et suit cet annonceur jusqu’à la salle. Chacun prend place et on le sert.

  • du riz au brèdes de sel

Dans certaine famille, il existe des habitudes pour marquer les douleurs. Par exemple, on ne vas pas ajouter du sel au traditionnel riz aux brèdes (le fameux « vary amin’anana »). Pour d’autres, ce sera une autre chose.

Telle est la cérémonie autour d’un décès. après tout cela il existe aussi d’autres cérémonies ou d’autres rites.

Pour conclure, je vous prononce la bénédiction suivante: « enga anie ianao ho mangidy lavitry ny faty, ho mamy tian’ny vola » qui signifie littéralement : soyez amer loin de la mort et doux apprécié par l’argent.