table ronde à la CCIAAujourd’hui vendredi 20 février 2015 a eu lieu à la Chambre de Commerce et de l’Industrie d’Antananarivo la première d’une série de tables rondes que le Collège Industrie de la CCIA compte organiser régulièrement pour faire avancer les industries à Madagascar.

Table-ronde du Collège Industrie à la CCIA

Pour cette première édition, le Collège Industrie évoque, d’une part, la problématique de l’autonomie en terme d’énergie pour l’industrie, le transport et les ménages et d’autre part celle de l’exploration pétrolière à Madagascar. Ce genre d’initiative est louable et opportun car la finalisation du code pétrolier est prévue d’ici le mois de mai 2015 (tiens quelle coïncidence, le code de communication aussi doit être finalisé au même mois de mai 2015, avant le passage au TNT).

Le pétrole à Madagascar a toujours été un sujet tabou, interdit, où les déclarations officielles semblent toujours enjoliver la situation réelle. Pour l’historique, selon les experts et les spécialistes, l’exploration pétrolière dans la grande île et dans ses mers ne datent pas de Didier Ratsiraka mais de Gallieni. Selon la CCIA, le pays devra bientôt atteindre un stade significatif dans l’exploration. Les estimations scientifiques se confirment et de nouveaux blocs sont disponibles.

La compétitivité des industries malgaches est fonction de l’énergie et de son coût

Selon le président du SIM, le coût de l’énergie à Madagascar n’est pas du tout concurrentiel car il y a des anomalies qui entrainent régulièrement des débats. En effet, si on avait dit avant que le prix à la pompe augmente car le cours à l’international (du BRENT ou du WTI pour ne citer qu’eux) augmente aussi – C’était lorsque le cours dépassait le USD100 le baril – maintenant, en janvier 2015, ce cours est passé en dessous de USD50 et le prix à la pompe à Madagascar continue d’augmenter. Les responsables évoquent la fluctuation monétaire comme nouvelle excuse. D’où Madagascar reste et restera toujours dépendant de l’importation de pétrole et les prix de tous les produits et biens évolueront toujours en fonction de ce prix à la pompe. C’est pour cette raison qu’il est nécessaire de connaître si Madagascar peut-il être autonome ou pas en terme d’énergie. Que ce soit pour les industries, le transport ou encore les ménages.

« Y a-t-il du pétrole à Madagascar? »,

La réponse des consultants et experts présents à cette table ronde est l’affirmative. Toutefois, ils précisent dans leurs réponses qu’il s’agit surtout d’Huile lourde comme à Tsimororo ou du grès bitumeux à Bemolanga, donc du pétrole non conventionnel.

Concernant les études d’impacts environnementaux, la plupart des compagnies se conforment aux exigences de l’État malgache et doivent mener consciencieusement une série d’études dans les règles de l’art, à quelques exceptions près. Une de ces exceptions s’appelle « les chinois »… (barrière de langue, différence de culture ou « m’enfout-isme » tout simplement?)

Force est de constater qu’il n’y a pas de compagnie malgache parmi ces compagnies pétrolières qui explorent le sous-sol malgache et le transfert de technologie avec ces compagnies étrangères n’est pas encore palpable. Il y a aussi les déchets que nous laissent les compagnies qui quittent Madagascar. En effet, ces dernières ne remballent pas toujours leurs matériels d’exploration et les laissent là où ils ont travaillé.

Les différentes phases de travaux

Certaines compagnies présentes affirment qu’elles peuvent maintenant passer à la prochaine phase, à savoir l’exploitation. Sauf que malgré un texte obsolète, la phase d’exploration ne passe pas directement à la phase d’exploitation. En effet, il faut encore traverser une phase d’évaluation d’au moins deux ans et s’il y a une déclaration de commercialité il faut passer à la prochaine phase à savoir la phase de développement de deux à quatre ans avant de pouvoir passer à la phase d’exploitation. Il faut entre quatre à six ans au moins donc pour l’exploration avant de passer à l’exploitation. Il est important de souligner que le passage d’une phase à une autre est sujet à l’obtention de titre minier délivré par le Président de la République de Madagascar.

Quid de l’autonomie énergétique de Madagascar

D’après nos sources, la Jirama vient de procéder à des tests relatifs à l’utilisation de l’huile lourde transformée de Tsimiroro afin d’alimenter ses machines, mais jusqu’à ce jour nous ne connaissons pas le résultat de ces tests. Osons espérer que Madagascar puisse atteindre dans les années à venir une autonomie en terme d’énergie et que les industries malgaches deviennent plus compétitives.

Rumeur sur une concession de 25 ans

Des rumeurs courent comme quoi Madagascar Oil a obtenu une concession de 25 ans. Jusqu’à ce jour, selon nos sources et si l’on se fie à la qualité du débat qu’il y ait eu, ce ne sont que des rumeurs et aucune compagnie et encore moins Madagascar Oil n’a reçu de concession de 25 ans. Pour le cas de ce dernier, son plan de développement est en cours de validation par le gouvernement malgache.