#BAD2014Se conformer à l’administration pourrait être comparé à un jeu de hasard dans le sens où l’on connait les règles théoriques tandis que la pratique semble être différent. Des inégalités subsistent et les non-initiés ont souvent du mal à se retrouver dans le dédale des  procédures administratives malgaches.

Ah oui hein! Il faut le vivre pour le croire!

Les inégalités face à la Douane :

En premier lieu, parlons des procédures de dédouanement. comme nous venons de le mentionner ci-dessus, théoriquement, les règles sont claires et il y a déjà un processus bien rôdé. D’autant plus que tout un ensemble de nouveaux moyens techniques et technologiques sont utilisés pour amoindrir les fuites et les fraudes douanières.

Hélas, tout est parfait en théorie! si on prend le cas de l’importation de voitures ou de motos par exemple, il faut se préparer à faire un va-et-vient entre le transitaire, car officiellement, désormais, il n’est plus possible de dédouaner soi-même ses biens. (Ah oui? et l’indo-pakistanais que j’ai rencontré au Port de Toamasina, c’est aussi un transitaire? Nooon, mais il doit sûrement avoir des parts sociales dans une société de transit ou bien c’est juste un ami du douanier qui rend visite à son copain… bref! et moi qu’est-ce que j’ai fait là-bas? journée porte-ouverte, ben lui aussi alors! heu! heu! heu!)

Il est plus facile de s’orienter vers une société qui s’occupe de groupage, de transit et de dégroupage pour tout projet d’importation. Sinon, gare aux « différents frais et imprévus »

En ce qui concerne les procédures d’exportation, ce n’est pas tout les opérateurs économiques (comme on le dit chez nous) qui exporte. Normal si la balance de paiement entre la Chine, l’Inde, la France ou les Etats-Unis restent encore déficitaire. (Ce n’est plus le cas? ah bon! tu m’étonnes!)

Bref, que ce soit en fret maritime ou aérien, il semblerait que les riches paient moins et les moins riches paient plus.

Les inégalités face au service des Domaines et de la Topographie:

Le mal de ce pays n’est ni Ratsiraka, ni Ravalomana ni d’autres personnalités qui souhaitent se faire entendre et se faire un peu de nom. Du moins pas vraiment pour le moment. Un des principaux maux de ce pays est la propriété foncière, la transmission de propriété ainsi que l’acquisition de biens immobiliers.

Ceux qui sont habitués aux différentes procédures au niveau de la Conservation des Domaines et du service topographique savent qui contacter, à quel bureau ainsi que le numéro du Conservateur ou du Chef Cisto (Circonscription Topographique). Il paraît que le titre peut sortir en moins de quatre mois…

Tandis que le malgache lambda qui n’a ni oncle ni cousine ni l’argent nécessaire à donner à celui qui veut bien être motivé pour s’occuper du dossier doit attendre et faire la queue et revenir aussi souvent que le demande l’agent concerné. Ça, ce sont les personnes qui, au moins, ont fait l’effort d’aller s’occuper de leurs biens qui subissent cette situation. Mais il y a pire. Il y a ceux qui ont hérité le terrain de leur père qui lui aussi a hérité ce terrain de ses parents. Ils s’étonnent que des personnes arrivent avec leur titre de propriété foncière et expulsent ceux étaient déjà là depuis deux générations et qui ont travailler la terre voire construire dessus.

Il y a déjà un peu d’effort de la part de l’Etat en créant un guichet unique qui regroupe les démarches à suivre mais ce serait formidable si on peut ne pas faire le va et vient cent fois (et par conséquent prendre un congé pour ceux qui travaillent) et ramener tel ou tel complément de dossier avant que le dossier soit complet et reçu. Je ne veux même pas parler des anciens archives et des livres qui disparaissent.

Les inégalités face au Fisc :

Une phrase résume la situation : « ceux qui paient, paient le prix fort et ceux qui ne paient pas ne sont même pas connus du fisc »

Les entreprises qui veulent se conformer aux exigences de l’administration fiscale font tout pour être en règle. Cela débute dès la création de l’entrprise par la demande de la carte statistique, de l’identification fiscale, de l’inscription aux registres des sociétés, du paiement des impôts et taxes, et ce jusqu’au dépôt des états financiers et la demande de toute attestation fiscale.

Tandis que d’autres sociétés ont déjà fonctionné depuis plus d’une dizaine d’année et n’a jamais été inquiétée par l’Etat. Je ne parle pas de ces vendeurs à la sauvette dans la rue ou de ces petits ateliers œuvrant dans l’informel, mais de ces entreprises qui génèrent des centaine de millier et des milliards d’Ariary de chiffres d’affaire annuels et qui n’ont même pas payé de TST, ni un quelconque impôt synthétique.

« Avereno amin’i Kaisara izay an’i Kaisara e »

Les inégalité à l’information et à l’éducation :

Dans chaque pays, il y a le monde urbain et le monde rural. Il est connu qu’on a plus de facilité d’avoir une éducation décente et quasi-complète en ville qu’en milieu rural. Dans les grandes villes il existe plusieurs écoles, instituts et centres de formation publics ou privés qui offrent leurs formations à ceux qui ont les moyens. Ceux qui n’en ont pas se tournent vers les centres sociaux des différentes congrégations religieuses.

Tandis qu’à la campagne, il faut marcher des heures pour aller à l’école et rentrer après. Et encore, si les parents ont le moyen d’acheter les livres, les cahiers et les autres fournitures scolaires nécessaires, et si l’école a les enseignants et formateurs adéquats et nécessaires.

Mais malgré cette dualité ville/campagne,  il existe aussi en ville des écoles et des universités pour ceux qui en ont le moyens, comme dans ces établissements où les frais de scolarité mensuels d’un enfant équivaut à deux ou trois mois de salaire de certains cadres travaillant dans le milieu privé.

En ce qui concerne les informations, c’est la même chose que pour les éducations. le taux d’équipements en postes radio dans la capitale de Madagascar est actuellement de 90% et celui des postes téléviseurs plus de 60%. Il existe plus d’une trentaine de station de radio qui émettent dans la capitale et un peu moins d’une dizaine de chaines de télévision. Dans les autres villes des régions, il y a en moyenne une chaine de télévision privée et une chaine de télévision publique et trois à quatre stations de radio privée et une station publique à couverture presque nationale. En ce qui concerne l’Internet, seuls près de 500 000 personnes sur 22 millions en ont accès. Dans la campagne et dans les localités reculées du pays, déjà il n’y a pas d’électricité, les postes radio à manivelle peinent à capter les ondes courtes et les ondes moyennes les plus proches.

Les inégalités face aux financements et au taux d’emprunt :

On sait que dans le monde capitaliste il y a déjà le terme « bancable ». A Madagascar, traumatisé par les pertes colossales et les problèmes de recouvrement des anciennes banques BTM et BFV (pas encore SG) on a relativement fermé l’accès aux financements et aux emprunts pour ceux qui n’avaient pas de garantie de béton. En ce moments, quelques banques primaires organismes de microcrédit initie petit à petit les gens aux autres alternatives aux financements bancaires tels que le capital-risque etc.

Mais ce qui m’indigne le plus chez nous c’est le taux d’emprunt appliqué. En moyenne 18 à 21% et au mieux 16%. Tandis qu’ailleurs, dans les pays développés on ne prend que 2 ou 3% d’intérêt par exemple. Ironie du sort la banque qui a voulu me proposer un prêt immobilier n’a pas voulu d’un remboursement sur 3ans mais a préféré une échéance largement plus longue allant jusqu’à 20ans. Va savoir la raison!