A Antananarivo, il existe au moins une quinzaine de quotidiens, une quinzaine de périodiques et de magazine, neuf chaînes de télévision et pas moins d’une trentaine de radio émettant sur la bande FM. Chaque support tente de se frayer une place pour se faire entendre. Par expérience, les journaux édités en langue malgache sont les plus lus, même si leurs lecteurs ne constituent pas toujours des consommateurs cibles des annonceurs.

Avec ce nombre de vecteurs, une personne reçoit tous les jours une multitude de message, un grand nombre d’informations. Les lecteurs et le téléspectateurs tananariviens ont été habitués à du sensationnalisme. Il faut faire peur pour vendre, il faut indigner pour vendre, il faut choquer pour vendre et voire même il faut terroriser pour vendre.

Du coup, il y a le marketing informationnel qui est exploité et devient l’outil indispensable pour se mettre en avant. Par exemple, la population en a marre de Ravalomanana, attaquons Ravalomanana pour se faire de l’audience; la population a ras-le-bol des agissements de la HAT, critiquons la HAT pour se faire écouter; la population cherche a faim et recherce du travail : parlons de Liban, de Libye, de Maurice etc.

Lorsque cela commence à devenir insupportable, les lecteurs, auditeurs et téléspectateurs tournent le dos et n’achetet plus les journaux, n’écoutnt plus les journaux parlés et ne regardent plus les JT. On préfère regarder Rajao, l’acteur malagasy et compagnie, les jeunes et moins jeunes chargent illégalement des chansons mp3 au coin de la rue, auprès des pirates qui se montrent au vu et au su de tout le monde sans être le moins du monde inquiétés. On préfère faire du karaoke à la maison et acheter des DVD ou des DivX pirates des derniers films sortis en 2013.

Moralité : moins on entend parler des actus nationales, mieux on se porte.

Hier, par exemple, on vient de sortir « officiellement »  la nouvelle date de 25 octobre 2013 pour débuter les élections mais le malgache lambda s’en fout royalement comme si c’était un énième mensonge de cette crise politique, le 24 juillet est bien loin maintenant.

Le hic maintenant c’est qu’avec la lassitude de la population locale, les pervers vont en profiter pour faire ce qu’ils ont l’habitude de faire…