A Madagascar, le mois de juin est la période de la fête nationale par excellence. En effet, comme tout le monde le sait, le 26 juin, la grande île célèbre le retour de son indépendance après quelques 70ans de colonisation.

En cette année 2013, Madagascar traverse la quatrième année de crise socio-politique. Une crise qui a eu des impacts négatifs sur l’économie en général mais surtout au niveau des dépenses de chaque foyer. L’inflation est galopante depuis 2010 malgré les promesses de Andry Rajoelina sur la place du 13 mai durant les meetings de la Révolution Orange. L’insécurité est mise en valeur et on se demande si ce sont les journaux locaux qui exagère en relatant des faits qui existaient toujours et que la force de l’ordre qualifie de normal ou parce que les actes de banditismes, de vandalismes et les autres vices se sont accentués durant ces dernières années où Madagascar  a pataugé dans la plus longue crise politique depuis 1960.

Depuis l’année dernière, on a pu constater la baisse du nombre de foyer tananarivien qui hissaient le drapeau malgache. Des émissions de grandes écoutes comme « Rivotra » sur la RDJ en ont débattu depuis au moins une année maintenant. Certains leaders d’opinion comme l’humoriste-animateur-chroniquer Gothlieb, récemment membre du jury du concours de jeu TV Kopi Kolé, a même incité à plusieurs reprises dans son émission matinale accompagné des autres humoristes de renoms et d’autres chroniqueurs connus à hisser le drapeau en dehors de la fête nationale et pour symboliser d’autres idées fortes relatives à la souveraineté du pays. Les auditeurs de ces émissions ont même eu l’idée (la mauvaise je pense) de hisser un drapeau noir devant chaque foyer.

Nous savons qu’un drapeau qui n’est pas hisser jusqu’au chef du mât est qualifié de drapeau en berne, ce qui signifie que l’ordre, le pays ou l’organisation est en deuil d’une personnalité importante. Nous savons aussi que hisser le drapeau blanc signifie qu’on se veut se rendre et cesser la bataille ou la guerre ou encore on demande la trêve pour mieux négocier. Brûler le drapeau d’un autre pays symbolise, pour quelques personnes des pays arabes, la haine et le mépris vis-à-vis de ce pays. Et finalement, hisser son drapeau à l’envers peut signifier que l’on est en détresse ou en cas de danger ou pour signaler une détresse face à l’occupation des ennemis par exemple.

Cette année, les auditeurs et les téléspectateurs malgaches n’ont pas eu droit à une campagne de communication les rappelant de hisser leurs drapeaux. Beaucoup de citadins se demandent même si le traditionnel feu d’artifice aura quand même lieu et pour la capitale on se demande si ce sera à Anosy, lieu habituel de lancement, ou au nouveau Coliseum d’Antsonjombe, là où ont lieux les spectacles des festivités.

Quoiqu’il en soit, cette année, on a constaté qu’il y a eu moins de drapeaux hissés que l’année dernière alors que l’année dernière il y avait déjà eu ce même constat.

Est-ce à cause de la crise qui perdure, à cause de l’ingérence des pays étrangers, à cause du report continuel de la date de l’élection présidentielle, du chantage économique et social de la communauté internationale, de la difficulté de la vie quotidienne d’une grande majorité de malagasy qui, selon un raport de la banque mondiale, avoisinerait les 92% de nationaux vivant au dessous du seuil de la pauvreté, ou encore à cause du comportement pseudo diplomatique de certaines puissances occidentales? Chacun a leur raison même si cela pourra être considérée d’anti-civique. Le fait est qu’il y a quelque chose qui devra être solutionné et amélioré le plus rapidement possible dans ce monde et aussi à Madagascar pour l’intérêt de son peuple et de la nation et non pas pour les intérêts des politiciens, des diplomates et des pays qu’ils représentent, ou encore d’un nombre restreint de favorisés par la conjoncture.