Il y a des intérêts que le malgache lambda ignore ou tout simplement considère que cela ne concerne pas ses priorités. Telles sont par exemple ces personnes morales qui obtiennent des blocs, font entrer leur société en bourse ou recherche des acquéreur et revend leur compagnie. Dans le milieu certains noms sont à éviter car sont considérés comme des escrocs notoires. Business? No, because business is trust!

Une chanson de Mahaleo a vulgarisé, sinon démocratisé la localité de Bemolanga. Cet endroit figure depuis toujours comme étant la lueur d’espoir de tout un peuple mais qui, au fond, s’avère non rentable actuellement vue son coût d’exploitation. En ce moment, un groupe de personne ou une compagnie  médiatise beaucoup sur Tsimiroro pour en faire le marketing à l’international plus qu’au niveau national. DEs journalistes sont régulièrement invités et certains n’étant pas géologue ni géophysicien ni autre spécialiste dans le domaine, sont fascinés par certaines infrastructures qu’ils voient pour la première fois.

La bonne question qui s’est posée (et qui se pose toujours) est : y a-t-il du bon pétrole à Madagascar?

Nous savons qu’il y a du charbon à Sakoa, de l’huile lourde à Tsirmiroro (qui s’avère être du sable bitumeux), on ne mentionne plus les gisements d’ilménites, de nickel ou du cobalt etc. Mais Madagascar possède-t-elle un gisement de pétrole exploitable?

Par ailleurs, personnes n’osent médiatiser l’impact environnemental que pourrait avoir l’exploitation voire l’exploration de tels gisements. On ne sait quelle proportion de gaz à effet de serre est produite pour x tonnes de telle matière exploitée etc. Il existe des études d’impacts environnementaux, certes, mais rares sont les personnes qui ont accès à ces informations. En ce moment, je salue les actions, aussi minimes soient elles, de Voaharygasy qui s’opposent à une exploitation pétrolière non-conventionnelle.

A part le pétrole, le gisement de gaz dans le Canal de Mozambique attire l’attention de ceux qui suivent de près la situation économique mais surtout politique de Madagascar et les différents enjeux géostratégiques de ses soi-disant partenaires. Quel intérêt géostratégique? Si on se réfère aux différents articles de la presse, cette partie du Canal de Mozambique regorge un gisement de gaz.

On ne parle pas beaucoup de ce précédent cas. Ce qu’on martèle à la population est que Madagascar possède du « pétrole » et que l’avenir proche n’en sera que meilleur. Je me demande dès fois si les compagnies, majors ou pas majors qui ont pu acquérir des blocs à Madagascar, ont réellement envie de pousser l’exploration en vue d’une éventuelle exploitation, pour elle ou pour la prochaine compagnie qui les rachètera.

Etant plus jeune, je me souviens des compagnies Amoco, puis récemment différentes compagnies de toute nationalités dont chinoises ou américaines. Je me nourris aussi, comme bon nombre de malagasy, de ce rêve qui, au fond peut, virer au cauchemar s’il s’avère que ces explorations ont permis de découvrir quelque chose  de concret et commercialement viable. Mais malheureusement, Madagascar n’est pas encore le pays de l’or noir. Même le vol de zébu n’est pas encore tout à fait maîtrisé et ce depuis plusieurs décennie.

Quelques webographie :

  1. le Canal de Mozambique, un enjeu stratégique pour la France
  2. Pétrole ou biodiversité? géostratégie de la France dans le Canal de Mozambique
  3. Madagascar Oil : Madagascar bientôt pays producteur de pétrole
  4. Gisement de Tsimiroro, Madagascar un nouvel eldorado
  5. L’Huile lourde de Tsimiroro, sur la bonne voie
  6. Tsimiroro, une production de 1000barils par jour en 2013
  7. Madagascar Oil cherche partenaire
  8. Secteur pétrolier, des résultats prometteur à Tsimiroro
  9. La stratégie française dans l’Océan Indien
  10. Madagascar : une opposition se lève contre les projets pétroliers non-conventionnels
  11. Madagascar n’est pas à vendre et n’appartient pas à Ravalomanana
  12. Valorisation des huiles et identification des gaz de combustion provenant de la distillation du grès bitumeux de Bemolanga