A l’heure où la France accueille tant bien que mal la canicule, à Antananarivo, il fait très frais, voire froid. Car il faut le dire, 10°C à Tana n’est pas toujours supportable pour la population qui a l’habitude d’avoir des 22 à 33°C une grande partie de l’année. ça y est, on commence à parler du temps qu’il fait… Mais pas seulement. Il faut dire qu’après une nouvelle hausse de prix du carburant effectué par la compagnie Total Madagascar, on s’attend à ce que les autres compagnies lui emboîte le pas et procèderont aussi à la hausse, et ce, malgré « l’entente » passée avec la Haute Autorité de la Transition.

Il faut avouer qu’une hausse de carburant influence beaucoup la vie quotidienne des malgaches, un peu plus qu’ailleurs. En effet, cette hausse pourra entraîner une hausse des frais de transport, une hausse du prix de revient des produits qui circulent, une hausse de la dépense moyenne des ménages et des entreprises ce qui entraine logiquement une baisse de l’épargne ou un manque dans le revenu de tout un chacun. Un schéma qui tente de simplifier les conséquences certes, mais qui explique clairement la situation.

En moins de deux ans, la population tananarivienne, en premier lieu, et celle des grandes villes dans les 21 autres régions par la suite, ont du affronter tant bien que mal l’inflation galopante sans forcément pouvoir suivre avec une hausse de revenu. Quelques responsables évitent de parler d’indice de prix et indice à la consommation et mettent en avant le fait qu’en l’espace de trois années, Madagascar figure parmi les champions des moins endettés et des pays qui ont continuer de croître positivement sans l’aide des bailleurs de fonds et avec ceci avec une nette régression de l’IDE.

Les chefs d’entreprise et les responsables économiques et financiers chuchotent que les affaires continuer de marcher plus ou moins bien malgré l’impasse politique que rencontre le pays. Oui, c’est vraiment une impasse si l’on se réfère aux séries de Maputo I, II, III, IV, Luanda, Seychelles I, II, etc. Le principal problème de plusieurs entreprises est la trésorerie et la réactivité négative de certains marchés par rapport aux actualités politique. Mais comme on dit, cela peut être pire… Que Dieu nous garde.

Ce que l’on remarque depuis ces cinq dernières années, c’est qu’à chaque occasion, les tananariviens profitent des jour fériés pour se défouler. Cela a pu être justifié par le déplacement massive lors des lundis de pâques et de pentecôte, mais aussi d’autres occasions comme les fameux « ponts ». Ce qui aurait, à un certain moment, encouragé le gouvernement à décréter « pont » systématiquement les jours où l’on pouvait les avoir. Sauf que le secteur privé, moteur de croissance économique du pays, en souffre et ressent le manque à gagner et une partie des pertes des entreprises. D’où à certains moments, différentes entreprises ont quand même fonctionné le jour de ces « ponts » malgré le décret y afférent. Je pense que le gouvernement a finalement compris que ces ponts tuaient à petit feu le secteur privé et avait demandé l’avis des patrons avant le dernier pont qui avait eu lieu. Ce jour là, les patrons ont dit non à ce pont. Je reste quand même sceptique pour les lundis de 24 et 31 décembre de cette année 2012 mais qui vivra verra…

Avec ce froid à Tana, on souhaite vivement le retour du soleil. Un soleil climatique mais surtout un soleil social et économique. Pour ceux qui peuvent le faire, la semaine ayant débutée le 13 août, avec un jour férié le 15 août, a donné l’occasion à quelques familles de partir au bord de la mer, une grande partie à Majunga, considérant le temps capricieux de la côte Est. Un budget conséquent pour une famille de deux à quatre enfants avec deux adultes. Mais ce soleil qui réchauffe le coeur est cher et il faut payer le prix. On ne peut plus se permettre comme avant de venir chez la famille et d’y habiter plusieurs jours comme il l’était encore possible auparavant, sans que cette famille qui héberge ne ressente le poids matériel et financier des visiteurs. à moins que les moyens tendent quand même vers le plus infini ou du moins la générosité du coeur.

La reconstruction du pays sera une lourde tâche à celui qui aura la responsabilité de le faire, et ce depuis 1991-1992. La bonne gouvernance a disparu de la structure officielle de l’autorité en place, et les histoires de corruption et de traffic d’influence se répandent et se généralise sans que les concernés ne soient directement inquiétés le moins du monde.

Au moins, j’aimerais être optimiste par rapport au nouveau système mis en place avec le numéro de téléphone qui sert à informer ceux qui veulent acquérir des terres afin que les occupations illicites ainsi que les litiges fonciers soient réduits au strict minimum voire disparaître.