13 février 2012. Depuis quelques jours la météo internationale, la NASA ou encore le community manager de l’US Embassy à Antananarivo annonce l’arrivée du cyclone #Giovanna vers Madagascar. Il est presque midi. Ce matin en me levant, le ciel est bleu, aucun nuage. Puis au fur et à mesure que l’heure avance, les nuage ont, petit à petit comblé le ciel, d’un gris plutôt clair et blanc avec des parties où l’on peut encore entrevoir le bleu du ciel. La circulation en ville est fluide. Il n’y a pas beaucoup de bruit comme tous les jours à la même heure. C’est peut-être la nonchalance du lundi qui fait cela.

Après s’être informé sur le net et recherché quelques microposts sur twitter, je lis que #Giovanna est devenu un cyclone intense de catégorie 4 et frôle la catégorie 5. L’île de La Réunion fur épargnée mais la trajectoire du cyclone reste sur MAdagascar avec une prévision de forte pluie pour le Mozambique à sa sortie de la grande île.

Il est midi, il y a juste une petite brise à #antananarivo, la capitale. Dans la culture malagasy, la vie à la campagne nous a appris à lire les signes de la nature. Ainsi, on peut savoir s’il s’agit d’un simple vent ou d’un vent de pluie qui arrive. Et ce en fonction de sa température et de son mouvement. Là je sens que c’est vraiment un vent de pluie qui arrive. Une pluie que je ne vois même pas contrairement aux vents qui permettent de voir arriver de loin la pluie qu’il apporte.

Hier soir, en faisant un petit tour dans les banlieues de la capitale, j’étais étonné combien la ville est devenue peuplée d’étrangers. Il s’agit ici des étrangers provenant de la campagne et des autres régions de l’île. Ces personnes qui pensent que la ville et plus précisément la capitale pourra leur fournir du travail et de la nourriture. Cinq à dix ans passés, je voyais ce genre de personnes tout autour du jardin d’Ambohijatovo ou encore du côté du jardin d’Antanimbarinandriana ou « Square Point Carré ». Ce sont des malagasy, issus d’un exode rural que l’autorité responsable n’a pas pu maîtrisé. Là c’est tous les quartiers d’Antananarivo qui sont concernés, au sud, entre Tanjombato et Andoharanofotsy, au nord avec Ambatomainty, Andranobevava, Analamahitsy jusqu’à Sabotsy Namehana; à l’est entre Ampasapito et Ambohimangakely en passant à Mahazo et Ambohimahitsy; à l’ouest de 67ha, Ampasika, Itaosy. La haute ville n’est pas non plus épargnée car d’Ambavahadimitafo, Ambohimanoro, Ambatobevanja et Ambohimitsimbina. Tout est occupé. Tout le monde occupe la rue car les marchands illégaux installent leur marchandises sur le trottoir et empêchent les piétons de l’utiliser.

C’était un dimanche soir comme tous les dimanche soirs. Le dimanche, à Antananarivo, il n’y a pas de manifestations politiques. Du moins depuis trois ans maintenant. Ceux qui peuvent vont faire des sorties entre famille ou entre amis. Certains profitent d’un match de quartier pour se retrouver avec leur petite copine qui ne sont de sortie que le dimanche après-midi car le dimanche matin soit elles préparent à manger à la famille ou va à l’église avec la famille.

Mais on voit la misère, on sent la pauvreté, on vit la saleté qu’a laissé une réhabilitation hâtive du trottoir ou de la rue. La ville fourmille de jeunes. J’ai l’impression que très peu d’entre eux habitait la capitale il y a peu. Je ne m’étonne guère lorsque les marchands à la sauvette de Behoririka ou d’Analakely sont si nombreux…

Giovanna 100212

cyclone Giovanna 2012

Le cyclone semble être l’affaire de ceux qui sont connectés. On en parle sur les réseaux sociaux, on en discute en famille, on vérifie s’il n’y a pas eu de mise à jour sur le site parlant de météo (et ce n’est pas celui du service météorologique malagasy). Certains geek arrivent à trouver des photos satellite du cyclone et le partage sur son mur ou tweet.

Quelque part, je trouve que la ville a besoin d’être « nettoyé » au propre comme au figuré. Ce conflit politique ayant instauré la crise mérite d’être frappé d’un coup par un événement qui revêtira le salut pour bon nombre, las des discours politique interminables et qui ne recherchent que l’intérêt personnel de ceux qui en font. Je connais parmi ces personnes en soi-disant « haut lieu » qui sont convaincus ou du moins ont été initié que l’ordre vient du chaos. Le chaos, je le vis depuis quelques mois mais l’ordre pas du tout. L’ordre est devenu comme un personnage de mythologie. Comme on dit en malagasy : »malaza tsy inanana toy ny lovian-tsahona » ou traduit en « Connu (et fameux) comme une assiette de grenouille : ce n’est pas pour servir le repas ». L’ordre est la sécurité laissent à désirer dans la capitale. Et ce malgré une campagne de communication qui affirme le contraire. En France, on se manifeste pour l’ACTA, à Madagascar il faut se manifester contre le VERBA : rien que du vent. Mais espérons que moins destructeur que celui qu’apporte #Giovanna.