Je me souviens d’un bihebdomadaire que je lisais régulièrement pour trouver des opportunités immobilières à Antananarivo et pourquoi pas au bord de la mer. Cette presse me rappelle aujourd’hui que dans quelques jours se tiendra la nouvelle édition du Salon de l’Habitat, une initiative privée, si je comprends bien. A l’heure du Trano Mora, le thème de l’habitat et de l’habitation en général est d’actualités.

Pour ce post, nous allons écarter toute polémique concernant tel ou tel politicien ou proche de politicien qui s’est construit en un temps record une à plusieurs propriétés dans le pays. Ce qui nous intéresse aujourd’hui c’est la réponse à la question « Comment avoir une habitation décente et contenant le minimum de confort nécessaire tel que eau courante ou toilette avec un grand T? »

Je reconnais qu’il y a eu un effort de la part des autorités en place d’avoir détaxé les matériaux de construction. Nous n’entrerons pas aujourd’hui dans le débat relatif à l’impact économique de la détaxation. Mais il est vrai que cela DEVRAIT normalement alléger la facture finale si ce n’est pour augmenter la marge des distributeurs et des opérateurs du secteur. J’ignore si c’est toujours d’actualités…

Bref, il est plus que nécessaire maintenant de voir les besoins des malagasy. Il existe dans le SAVA des foyers qui en ont le moyen mais qui préfèrent juste  acquérir un 4×4 et dès fois une chaîne satellite mais toujours habitant dans des cases en Falafa et sans eau courante.

En se référant aux différentes annonces dans les journaux, on sait qu’une maison ou un appartenant augmente en valeur lorsque les douches et les toilettes sont à l’intérieure. On sait aussi que plus l’habitation est accessible, plus la valeur augmente que ce soit en terme de loyer que ce soit en valeur d’achat. Tout cela nous montre que notre culture de l’habitation est légèrement différente du concept de ce que l’on savait sur les toilettes en plein nature et au bord de la mer.

La dernière édition du salon de l’habitat nous a montré différents prestataires malagasy et étrangers qui oeuvrent dans le secteur. On y a ainsi trouvé des décorateurs avec des mobiliers en métal et du résine (silicone?) des briques compressées et autres agglomérats, des portes et fenêtres en aluminium etc. Ce qu’il y a c’est que construire une maison est ainsi devenue un hobby de richard car la facture ne pourra jamais descendre en dessous de vingt million d’Ariary. Il y a un marché dirait le prestataire que nous avons approché. Mais combien de personnes au final pourra obtenir une maison digne de ce nom.

En voyant les différentes constructions d’Andralanitra, là où oeuvre le père Pedro OPEKA, on peut constater qu’il est possible de construire une maison en dur et à étage avec Dix million d’Ariary voire moins disait le tâcheron. Mais ceci sans préciser que la finition et l’installation des sanitaires peut valoir le double sinon plus. Alors quid de la formule « Trano Mora »… Pourquoi ne pas vulgariser et démocratiser afin que chacun puisse avoir un bon « chez soi »

Une fois, j’ai dû chercher des mécaniciens pour une vieille voiture à restaurer. Les mécanos habitent à Anosibe à cinq ou six kilomètres du centre ville d’Antananarivo mais possédant l’un des marché les plus connus de la capitale. La maison de la famille des mécanos était plus ou moins correcte mais dans le voisinnage il y avait une vieille dame d’une soixante d’année ou plus qui vit avec ses enfants (ou une partie de ses enfants) de ses petits enfants et de ses arrière-petits enfants. La vieille dame habite une « chambre » d’une surface de un mètre carré sans exagéré mais optimisé car la façon de dormir est presque au vertical. En face, une famille habite une maison construite en bois rond et qui vibrait au moindre déplacement en intérieure. C’est un quartier accessible en voiture et ce sont des maisons en bord de chemin mais l’indécence de l’habitation favorise la promiscuité.

Tiens, j’ai un lointain souvenir des 35000 logements…