On a souvent l’habitude de grommeler et de tempêter lorsqu’il arrive une coupure d’électricité. Quand on demande pourquoi on réagit ainsi, on n’a pas forcément de réponse, juste parce que cela embête le monde. Mais en quelle manière?

J’aimerais ici vous aider à y voir clair, à connaître et identifier les coûts réels et les coûts cachés du délestage.

Tout d’abord, en ce qui concerne les coûts réels, il faut voir deux aspects : 1. les achats ou dépenses à faire à cause d’une panne 2. les achats ou dépenses à faire pour prévenir une panne.

  1. Les achats ou dépenses à faire à cause d’une panne : Il s’agit ici de faire des réparations des matériels endommagés voire effectuer un remplacement avec du matériel neuf ou d’occasion. Souvent, avant qu’un matériel soit complètement amorti, on ne prévoit pas toujours de le remplacer. à la limite on peut prévoir un budget entretien et réparation. Mais dans tous les cas ce sera une dépense superflue qui n’aurait pas due venir qu’à la fin de l’amortissement matériel au plus tôt. Le bon côté de la chose, c’est qu’on contribue à la consommation en donnant un marché à un fournisseur ou à un réparateur.
  2. Les achats ou dépenses à faire pour prévenir la panne : Dans l’autre cas, comme gouverner (ou gérer) c’est prévoir, on prévoit tout de même d’effectuer des achats supplémentaires à cause du délestage. Soit un générateur du type groupe électrogène ou d’autre matériel fournissant de l’électricité à partir d’autres sources de substitution. Soit une installation supplémentaire, limitant ou prévoyant la coupure de courant grâce à de nouvelles technologies. Ou tout simplement, des batteries de rechange supplémentaire pour l’ordinateur portable ou une lampe rechargeable etc.

Dans les deux cas, une augmentation de la dépense, donc de la charge du foyer ou de l’entreprise signifie une baisse de la marge ou de l’épargne.

Cette partie étant la plus connue, penchons-nous maintenant sur les coûts cachés qui ne sont pas toujours connus ou mis en valeur dans la discussion en général. Considérant trois volets : 1. au niveau personnel et du ménage, 2. au niveau de l’entreprise et 3. au niveau de l’Etat.

1. au niveau personnel ou au niveau du ménage :

Les personnes qui travaillent dans une entreprise qui subit une coupure plus ou moins régulière d’électricité a cette fâcheuse tendance à vouloir rentrer tôt ou à papoter à gauche et à droite en attendant que le courant revienne. Donc ils ont moins de travail à faire. Pour ceux qui sont payer à l’heure il y aura sûrement une baisse de la rémunération ou un différend en vue avec son employeur. Pour ceux qui sont rémunérés au mois, il y aura forcément une baisse de productivité, une baisse de rendement et surtout une manque de compétitivité. Sans mentionner un certain manque d’expérience qui fera sûrement valoriser un candidat concurrent dans une future demande d’emploi.

Donc, l’employeur risque de limiter les avantages et peut décider à prendre une décision qui risque de baisser le revenu de l’employé ou au pire de le ramener au chômage faute de manque de clientèle et faute de charge élevée.

2. Au niveau de l’entreprise : le délestage entraîne déjà des coûts réels et plus palpables comme ceux qui sont déjà cités ci-dessus. Mais les agissements de son personnel aussi entraînent un coût élevé car la baisse de productivité et de rendement ne feront jamais baisser les charges fixes à payer. Donc le taux horaire de l’employé sera perçu comme élevé à payer pour rester compétitif. L’entreprise devient moins ou peu performante, peu productive et manquera de rendement.

Tout cela pourra entraîner une baisse du chiffre d’affaire et par conséquent une baisse des marges car il y aura toujours plus ou moins les mêmes charges, une capacité très limité à réinvestir ainsi qu’une très faible capacité d’autofinancement qui sera en baisse, donc le retour sur investissement aussi sera très lent.

Les dirigeants pourront ainsi prendre une décision radicale. Soit baisser et/ou affecter les différents budgets. Cela entraînera une baisse de la participation et de la consommation sur le marché local. Ils pourront aussi décider de baisser les avantages sociaux voire toucher à la masse salariale d’une manière plus ou moins légale. Cela risquerait de mettre au chômage l’employé. et qui dit chômage ou baisse de revenu dit baisse de la capacité à consommer et donc de contribuer au développement de l’économie. Ce sera le secteur informel qui sera ainsi renforcé avec les conséquences qu’on imagine déjà (délinquances, problèmes sociaux, insécurités, irrégularités, manque à gagner pour la caisse de l’Etat, etc)

3. Au niveau de l’état : une baisse du chiffre d’affaire des entreprises, surtout celles qui sont assujetties à la TVA, feront baisser le paiement de la TVA donc sa contribution à la recette fiscale sera faible. il y aura une baisse de l’IRSA, de l’IBS ainsi qu’une capacité moindre à rembourser les emprunts, donc dettes plus élevées. Donc risque de cessation de paiement aussi quelque part.

Le renflouement de la caisse de l’Etat étant moindre, on craint aussi un déficit budgétaire. Ce sera un cercle vicieux car on restera éternellement dépendant des bailleurs de fonds. à la limite comme les financeurs sont toujours nécessaires au moins qu’on limite la dépendance du pays à ces organismes financiers.

Et on évite de parler la facilité pour les brigands de faire leur mauvais acte avec la panne d’électricité : les alarmes ne fonctionnent plus, certains modèles de téléphone fixe moderne ne fonctionnent pas sans être branchés sur le secteur, donc si jamais le téléphone portable est « low bat » aucun moen de recharger et de contacter la force de l’ordre. etc. Quel scénario ahurissant, n’est-ce pas? Alors mon cher fournisseur d’électricité, qui est-ce qui va payer le pot cassé? Rarement vous je sais…