La vie dans les villes est, semble-t-il, plus enrichissante qu’ailleurs. On peut s’enrichir financièrement qu’intellectuellement. Un peu moins moralement, certes et on peut aussi beaucoup perdre. Quoiqu’il en soit, l’écrémage de la ville sur les autres localités a toujours montré les nouveautés et les tendances.

A Madagascar, dans plusieurs localités, bien s’habiller se résume souvent à être propre et se mettre en jean. L’image d’un gentilhomme endimanché que l’on connaît actuellement n’est pas toujours fréquent dans les villages ou dans les communes rurales. Les couleurs criardes et tape à l’oeil y sont légions.

Ici, il n’est pas question de richesse car on rencontre assez souvent des notables riches mais souvent mal habillés – si on se réfère à l’esthétique et à l’image conformiste de la mode urbaine – avec leur gros pull-over ou le Malabary traditionnel – à l’image archaïque et désuet – ainsi qu’un chapeau de feutre ou encore des collecteurs de produits de rente et de bois précieux avec leur gros 4×4 habitant dans une case en « Falafa » et ne possède même pas le confort minimum qu’ils trouvent souvent futile voire inutile.

A l’opposé, il y a la jeune fille de la ville, très coquette, très à la mode et habillé des dernières tendances vestimentaires mais qui a du mal à relier les deux bouts et espère surtout s’en sortir grâce à ses études ou à une fructueuse rencontre pouvant aboutir à une relation stable et durable ou à la limite à un nouveau contact. Tout ceci pour introduire l’effet de mode et les nouvelles tendances que l’on rencontre en ville.

En passant près d’une banque assez populaire du continent africain, je constate qu’il y a une longue file alors que l’établissement possède trois guichets automatiques de banque à l’extérieur. Le premier GAB est en maintenance, un mot d’excuse remplace le traditionnel menu, le second qui se trouve à côté n’est pas non plus opérationnel et un logiciel antivirus s’affiche à la place du menu classique. tout le monde attend donc sur le troisième GAB.

En même temps, je vois à la dernière page d’un célèbre quotidien une annonce relative au M-banking ou la banque mobile. C’est un concept qui a été démocratiser par les trois grands opérateurs mobiles du pays, grâce à leur offre : M-Vola pour Telma, Airtel Money et Orange Money. En voyant cela, je me souviens d’un groupe sur Facebook qui milite pour qu’on puisse effectuer un paiement PAYPAL à Madagascar. J’ignorais même que c’est encore impossible, moi qui souhaitais acheter des marchandises sur le web.

Hier soir, le journal télévisé d’une grande chaîne internationale a parlé d’un parti politique dénommé « Pirate Party ». A Madagascar, ce genre de nom pourrait être l’événement à thème très tendance d’un club de service, mais à Berlin, en Allemagne ils viennent de gagner des sièges à la suite d’une élection. C’est une révolution qui se met en marche.

Les éléments du puzzle se mettent en place et on assiste à une numérisation massive de la vie quotidienne de l’homme moderne. après la vague des réseaux sociaux et des différentes avancées techniques, l’homme crée ses propres faiblesses et ses propres maladies. Comment peut-on rassurer en permance le titulaire d’un compte qu’avec cette nouvelle technologie et avec les cracks boursiers permanents presque quotidiens son argent est toujours disponible à tout moment. Comment peut-on rassurer les usagers que le GAB n’a pas sorti les billets demandés mais néanmoins le compte a été débité. Comment peut-on rassurer l’utilisateur que l’argent envoyé par mobile money ne disparaisse ou ne sois modifié en cours de route si jamais il y a une grosse attaque informatique contre l’opérateur. Etc.

Tout cela renforce petit à petit l’hexakosioihexekontahexaphobie de certains. C’est – dire, la crainte du nombre de la bête dans l’Apocalypse de Saint Jean. (cf. Apocalypse 13 : 15 -18 : « 15 Et il lui fut donné d’animer l’image de la bête, afin que l’image de la bête parlât, et qu’elle fît que tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête fussent tués. 16 Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, 17 et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom. 18 C’est ici la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête. Car c’est un nombre d’homme, et son nombre est six cent soixante-six. »)

Mais le problème n’est pas encore là. Le principal problème réside dans le fait que toute cette dématérialisation appuyée par une numérisation massive risque de plus polluer qu’on le pense mais risque surtout de faciliter la délinquance numérique, comme tout est maintenant presque lié. Imaginer un seul instant que tout cela tombe en panne (ça peut arriver : satellites HS, fibres optiques HS, dispositif numériques neutralisé par un programme malveillant ou  hardware HS,…) quelqu’un a t-il fait un « back up » physique (tenue de compte manuelle, dans les livres comme jadis) comment récupérer les données à un instant « t » si jamai cela arrive et la différence entre ce qui a été récupérer et ce qui était vraiment là avant l’accident…

« Amisavisaina ny ratsy iavian’ny soa » comme on dit (en prévoyant le pire scénario on anticipe et tout va bien) mais il faut savoir anticiper, connaître à l’avance les différentes combinaisons d’événements qui peuvent se produire et avoir une solution adéquate à chaque événement.