Secoué par une zone de turbulence, l’environnement de la finance et de l’économie de l’occident attire l’attention du monde, principalement des décideurs. La situation qui prévaut actuellement dans le monde me fait replonger dans la lecture d’un article paru dans Le Figaro Magazine du 29 janvier 2011, intitulé « Quand la Chine rachète le monde, … Et si la Chine devenait la première puissance mondiale d’ici dix ans? ». L’article met en avant l’expansion des investisseurs chinois un peu partout dans  le monde et particulièrement dans les pays les moins avancés.  « Rien n’échappe à la fringale des héritiers de Mao ». en plus de tout cet investissement, Ghislain de Montalembert et Sophie Roquelle mettent en avant que le consommateur chinois sera le moteur de la croissance de demain. Katia Clarens oriente plutôt son enquête vers la « Chinafrique » en terme qui nous rappelle vaguement « Françafrique » avec l’image de la relation qu’entretient l’Afrique avec ce pays.

Malgré le fait que la majorité des bourses ont démarré hausse mercredi (10 août 2011) ils ont chuté en moyenne de 4% . Selon Reuters France, le Dow Jones a, par exemple, plongé à 4,62% son plus bas niveau depuis presque un an (troisième chute en cinq séances); selon Le Monde et le Figaro, le CAC40 a aussi perdu 5,45%. Seul les marchés asiatiques ne cèdent pas à la panique malgré une mauvaise performance du Nikkei 225 à Tokyo et le léger repli du Hang Seng de Hong Kong. Shanghai et Séoul se portent bien comme l’or d’ailleurs. Ce dernier dépassant pour la première fois les $1800 l’once.

Avec tout ce « léger » bouleversement, la Chine en profite pour mettre à la mer son premier porte-avion même si ce dernier est une occasion rachetée à l’Ukraine en 1998. A noter que selon Aujourd’hui la Chine, la Thailande, le voisin de l’empire du milieu possède déjà leur porte-avion. En parallèle avec tout ceci, Apple, dont une grande partie des matériels sont fabriqués par l’entreprise chinoise Foxconn, est considérée comme étant la plus côtée des entreprises américaines.

Un proche m’avait alors demandé, si tous ces pays ont chacun des dettes, qui est-ce qui les détient alors? Pour les Américains, ce n’est plus la Chine. Un ouf pour certains mais une autre menace pour d’autres. Il s’agit  en fait de FED. Ce dernier est passé devant les Chinois, les Japonais et les autres pays qui « investissaient » aux Etats-Unis. Sauf que le marché américain est devenu un casse-tête chinois ou les fantômes des Subprimes hantent encore l’esprit de tout un chacun. On risque encore le pire…

Hier, le Président de la FED, Ben Bernanke, a tenu une conférence de presse, affirmant sa volonté de soutenir l’économie américaine en continuant à accorder du crédit à un taux très bas avoisinant zéro. On peut se demander si c’est bien la bonne décision car si on caricaturise un peu avec la vie de tous les jours, peut-on encore prêter à quelqu’un qui semble ne plus encore trouver la voie pour rembourser ses dettes. Mais l’amérique est grande. Que ce soit en nombre de population donc de consommateurs, en terme d’investissements ou encore en terme de potentiel entrepreneurial et économique. C’est une spéculation au final mais qui attend que le moment soit propice pour en tirer profit. Le marché Européen s’en trouve rassuré. Sauf qu’avec la chute des bourses, les gains aussi partent. Malgré une opportunité intéressante pour elle, la Chine interpelle les pays endettés car elle redoute un effet papillon qui pourra nuire à son avancé et son développement.

Quel pourrait être l’impact de tout ceci dans l’économie d’un pays moins développé tel que Madagascar? A priori, nous sommes forcé de reconnaître qu’à court terme on ne risque rien. Cela va dépendre de la façon dont l’économie européenne et américaine va gérer cette nouvelle « crise ». Souhaitons que ce soit conjoncturelle. Mais avec les intérêts des pays comme l’Inde, la Russie, le Brésil ou encore la Chine, il faut toujours s’attendre à un revirement. A moyen terme, cette situation risque d’affecter notre économie car une grande partie de nos exportations vont vers l’Europe et les Etats-Unis. Quoique l’Asie commence à prendre une place considérable en ce moment. La faiblesse de notre monnaie, l’Ariary, pourra être considérer comme étant notre force à l’exportation. Malgré cela, l’importation est toujours aussi grandissante malgré la faiblesse de notre monnaie nationale, rendant toujours déficitaire notre balance de paiement.

Comment pourra-t-on profiter de cette crise financière de l’occident? Ce serait assez difficile de le dire mais comme considérant que même les éminents économistes se sont trompés et/ou ne se sont pas prononcés en voyant arriver cette difficulté financière qui va devenir économique, j’aimerais m’aventurer quand même à quelques propositions.

Tout d’abord, il faudra booster l’exportation, avec ce projet de taxation à l’export (s’il y a lieu), l’Etat va encore miner l’économie. Mais il a aussi sa raison en voulant renflouer à tout prix sa caisse sans vouloir dépendre des aides extérieures. (On ne va pas parler des différents trafics, restons dans la légalité). Donc accompagner les initiatives d’exportation en mettant en avant une vision à long terme et un développement durable. Que ce soit pour les produits de rente, les produits des usines franches ou encore l’artisanat et le tourisme. L’heure n’est plus au crédit, il faut accélérer le règlement ou le recouvrement. Les Banques primaires avec l’aide de la Banque Centrale devra vulgariser les pratiques des échanges internationales et de l’utilisation du crédit documentaire. Avec l’appui de l’Etat, lancer une campagne de communication sur les différentes procédures, les différentes nomenclatures, les différentes nomenclatures à taux zéro vers les différents marché en expliquant l’intérêt du pays et des exportateurs d’être membres d’une zone de libre échange, d’une commission, etc. Une démystification, en quelque sorte, des règles de jeu et des pratiques courantes. (Et oui, malgré le fait que ça profite à quelques têtes seulement)

Au niveau local et national, la suppression du capital minimal à la création d’entreprise n’est pas suffisante. Il est primordial de sécuriser l’environnement des affaires et des investissements. Pourquoi pas des investissements directs de l’étranger. Dans la création d’entreprise, il faudra limiter voire éliminer toutes les barrières à l’entrée créant ainsi un environnement faste aux affaires avec un grand A. L’initiative du guichet unique est déjà louable, la facilitation des procédures devra encore être améliorée. Mais le plus grand des oeuvres serait l’incubation des jeunes entrepreneurs en vulgarisant et en démocratisant la création d’entreprise, la formalisation de l’informel (et non pas que l’Etat « suce » ceux qui déjà en règle et formel), mettre en place une base de données de Business Angels qui pourront appuyer et investir dans le projet, une base de données sur les aides des entreprises, l’actualisation et l’enrichissement des bases de données des Chambres de Commerce avec une accessibilité des informations et des besoins du marché et non son occultation comme c’est le cas actuel; mettre en place à l’instar de la création de l’EDBM, une entité qui sensibilise et informe sur l’environnement juridique des entreprises et de leurs obligations, l’accessibilité aux différents outils, matériels et mobiliers nécessaires au développement de l’entreprise en reprenant par exemple la détaxation des matériels informatiques et des matériels de bureaux.

L’important dans tout cela est la sécurité. Ou à la limite le sentiment de sécurité et de la sécurisation des biens, des personnes et des investissements. L’Etat doit protéger et non pas permettre à ses agents de racketter les entreprises ou devenir un outil de pression avec les différentes descentes et inspections. L’enjeu est majeur et l’heure n’est plus à cela. Il faut créer une synergie positive afin de profiter au maximum de ce qui se passe en europe et aux Etats-Unis sans pour autant devenir une nouvelle colonie des autres pays émergents et des nouvelles puissances.