Gaborone et Sandton n’ont rien arrangé à la vie quotidienne des malagasy et particulièrement des tananariviens. En regardant des micro-trottoirs effectuées par différents médias de la capitale, on ressent un pessimisme certain auprès de la population locale. Une grande partie disent que tous ces politiciens sans exceptions ne recherchent que leur propre intérêt et non pas l’intérêt du peuple malagasy ni celui de la nation. Finalement, pour s’en sortir dans ce genre de pays en développement, anciennement appelés « sous-developpés » il faudrait occuper un poste-clé pour effriter encore plus le budget de l’Etat et presser encore plus les contribuables.

Et il faut se dire que dès le début, c’était déjà mal parti. Mal parti car le régime actuel a donné le mauvais exemple en ne respectant nullement les accords signés depuis Maputo. Pourquoi respecter d’ailleurs penseraient certains car déjà la principale mission « pour le peuple » était de mater le  roi qui commençait à être avide de tout tout secteur confondu, ce qui n’a fait qu’augmenter le nombre de mécontents ayant perdu des intérêts personnel et particulier.

La crise continue car on se complaît dans une situation où tout semble quand même marcher même à petit pas. Pour certain, mieux vaut cela que rien du tout. La pression sociale se généralise. Des actes de banditisme et de délinquance se font entendre de part et d’autre du pays. On connaît les attaques sur les routes nationales, les cambrioleurs et les voleurs à la tire font légion. Pour les filles, on assiste actuellement à différentes formes de prostitution, allant de la prostitution dite « habituelle » en passant par des soirée très privée où tout est presque permis jusqu’au nouveau massage importé d’Asie.

La crise continue car la force de l’ordre semble aussi s’immiscer dans la politique. Combien de fois n’a-t-on entendu dans différentes déclarations que ni les militaires ni les policiers et encore moins les gendarmes ne font et ne feront pas de politique. Cela sans compter le nombre de poste politique que l’on attribue à ces gradés. Mais cela reste des fonctions techniques même si le poste est politique. C’est ce qui crée l’amalgame. La guerre de communication continue dans cette grise interminable. On dirait que celui qui aboie le plus fort est le maître. On ferme la bouche de ceux qui ne rentrent pas dans le rang et les journalistes doivent suivre la ligne éditoriale dictée par l’affinité politique du patron.

Finalement, on craint que personne ne respecte les signatures, les contrats signés ou encore les accords. Car les chefs donnent l’exemple et les autres ne font que suivre. Dans l’histoire, tout le monde est perdant. Même ceux qui semblent avoir un intérêt particulier à Madagascar ou ceux qui profitent de la crise. Inflation, corruption à tout niveau, difficulté généralisé à cause d’un moral qui n’est pas au beau fixe. En ce moment, il y  a cette psychose de pénurie de carburant qui fait courir tous les automobilistes vers les stations pétrolières. On ignore l’origine jusqu’à ce jour mais on sait qu’il y a quelques semaines de cela les compagnies pétrolières oeuvrant dans la distribution en collaboration avec les gérants de station ont fermé une demi-journée les stations services. Cette fermeture était préalablement prévue pour une journée mais une négociation avec le ministère de tutelle a permis à rouvrir assez rapidement l’ensemble de ces stations.

Donc ils ont voulu refaire le coup mais finalement les consommateurs ont réagi avant qu’ils puissent  décider la fermeture. Et il faut dire que les rumeurs de ce genre se propage rapidement comme une traînée de poudre. La cause : l’Etat « force les distributeurs à approvisionner des gérants dits non solvables et ne veut pas du tout que ces distributeurs et stations révisent à la hausse leur tarif. Le risque lié à une hausse de carburant est grand et est considérable en terme macro-économique et social. Imaginer d’abord les transporteurs qui vont réviser aussi à la hausse leur tarif (car ils ont du manque à gagner en payant plus les compagnies pétrolières). Les utilisateurs vont chercher à combler cette dépense supplémentaire soit en limitant l’usage du transport soit en répercutant  ce coût supplémentaire sur le prix de leur produit (un coût de revient reste un coût de revient et il n faut pas du tout baisser la marge).

Ainsi, les consommateurs de riz (car ça vient d’Ambatondrazaka ou de Marovoay) augmenteront leur prix de vente et le riz en provenance du Betsimitatatra en fera autant car à défaut de vendre sur volume on doit s’aligner à ce prix pour augmenter la marge malgré un coût de revient moindre. Et tout cela se répercute partout et finalement l’employé de ces compagnies pétrolière trouvera le coût de la vie assez élevé et demandera à nouveau une compensation et d’autres avantages et si tous les employés font pareils, la masse salariale de l’entreprise augmentera considérablement et encore une fois il faut réviser et les conditions des employés et les conditions de vente des carburants. A la fin cela pourra devenir un cercle vicieux. Bon, il faut reconnaître que c’est un peu caricaturé mais cela reflète beaucoup la situation actuelle du pays.

La crise a duré un demi mandat présidentiel maintenant. On pourra aussi demander aux dirigeants de comparer promesses et réalisations, comme ce qui doit se faire à chaque mandat. Les archives sont peut-être là pour voir cela de près? Pourquoi pas?! En tout cas, peu importe à la population qui dirige maintenant, du moment qu’elle mange et qu’elle trouve un peu de répit dans la sécurité et une vie calme et sereine.