Dans certains endroits de Madagascar, il y a des jours où l’on se demande si on est toujours dans le pays… C’est vrai, il existe ces endroits relativement mythique, exotique pour certains qui sont pour la majorité fréquentés par des étrangers, en l’occurrence des européens blancs, quelques fois basanés ou cuivrés.

Dès fois, on souhaite se faire un peu plaisir. Avec les temps qui courent c’est devenu un luxe, il faut le reconnaître. Alors, avec des amis ou des connaissances, ou encore des contacts professionnels on se donne rendez-vous pour aller prendre un pot, histoire de faire un « afterwork », chez Kudeta. C’est un endroit bien sympathique, boisé de palissandre un peu partout avec cette douce chaleur que vous procure cet élément, avec un peu de chance un code wifi pour vérifier son courrier électronique et flâner un peu sur le net. Le temps de choisir un cocktail sans alcool (j’aime bien la Danseuse Divine, avec sa robe écarlate rehaussée par un peu d’orange pour donner un ton de soleil couchant) et commence à apprécier l’ambiance. Ce qui est bien avec des invités c’est que le mercredi, c’est qu’on reçoit un cocktail pour un autre commandé. Du coup, on peut bien se lâcher sachant qu’on ne pourra terminer si on en commande plus de deux pour une personne.

Mais boire c’est bien mais ça peut donner faim aussi. Il faut donc aller ailleurs pour se mettre quelque chose sous la dent. On hésite à descendre au Café de la Gare, remonter chez Brajas ou aller à la Plantation. On nous fait remarquer que La Plantation risque d’être déjà fermée à cette heure et au café de la Gare il y a trop de « people » donc le choix est fait. Tiens, ça fait longtemps que je passe là mais jusque là les « djeuns » préféraient entrer chez Chill Out, juste à côté. L’ambiance était sympa malgré quelques jeunes femmes qui nous dévisageaient avec un air qui en dit long. Ben quoi, il ne faut pas forcément sortir avec un vazaha pour venir ici, non?! Bref, on le prend avec sourire et elle n’a pas du tout tort car après Kudeta, le portefeuille était déjà allégé. Bon, on s’est dit, ce soir seulement et pas tous les jours, donc pas de soucis. Ce que nous avons pu remarquer, c’est que beaucoup d’étrangers fréquentent ces endroits et s’y plaisent. On avait l’habitude de parler de Saka, de Mojo, Le B’, de Plazza ou encore de Mansion mais en ce moment les endroits les plus sympas sont les moins fréquentés. Je me souviens encore de Kudeta au moment où il n’y avait pas beaucoup de gens pour voir les danses de salon du mercredi, c’était sympa. Mais bon, pour finir la soirée, ce serait bien d’aller à Ambatobe, retrouver des jeunes comme nous…

Plusieurs fois, nous étions allés à Mahambo, sur la route vers Fénérive Est au départ de Toamasina. Ce qui frappe en entrant dans la ville c’est un panneau où une jeune femme est tenue par la main par un vieux vazaha (en torse nu je crois). Cela me rappelle toutes ces femmes qui fréquentaient le cyber café pour aller s’inscrire sur Meetic ou autres sites de rencontre. Car en effet, on se dit qu’on est toujours en Afrique (Oui, première nouvelle, Madagascar fait aussi partie de l’Afrique et c’est  le SADC qui gendarme tout en ce moment), et que pour s’en sortir, les jeunes africains ont le choix entre faire de longues études et continuer à l’étranger, tenter sa chance dans le sport professionnel, chanter et devenir célèbre pour par la suite tenter une carrière à l’internationale et finalement, le mariage. Ce qui n’est pas mal en soi si c’est basé sur de l’amour sincère et désintéressé. D’ailleurs, j’ai de la famille et des amis qui ont connu le bonheur ainsi.

Depuis quelques temps, on voit défiler à la télé et repris sur les moteurs de recherche du web des endroits magnifiques qui doivent être visités à Madagascar. On ne parle plus de Nosy Be et son Andilana, Royal Beach ou Amarina, on omet de citer Sainte Marie et l’île aux nattes pour mettre en avant les Eden Lodge, les Salary Bay, les Anjanjavy, L’Isalo Rock Lodge, les Relais de la Reine ou Princesse Bora Lodge. Oui ce sont tous des hôtels mais le plaisir des yeux commence là où on est hébergé. La force de ces endroits réside dans le fait qu’ils sont inaccessible pour le malagasy moyen. Les rares qui s’y sont rendus sont soit se sont fait inviter pour différentes prestations et/ou accompagner des touristes privilégiés soit un membre de la diaspora qui a décidé de se changer un peu les idées en revenant quelques semaines au pays, soit un flambleur qui a tout économisé pour tout dépenser dans l’un de ces endroits. D’ailleurs, je considère que Madagascar doit se tourner vers le tourisme de prestige et non plus se satisfaire du tourisme de « masse » actuel. Si les malagasy ont la possibilité de se rendre en Asie, à Maurice, en Afrique du sud, en Europe ou aux Etats-Unis, pourquoi ne pas commencer par l’intérieur de Madagascar, visiter les Tsingy et d’autres endroits spéciaux de l’île. Bref, nous préférons partir et on découvre l’intérieur par le biais de ceux qui viennent.

Le fait est qu’heureusement il existe encore des endroits abordables et pas mal comme les look’s ou les karaoke et se faire héberger par des amis ou de la famille en province pour se faire plaisir sans se ruiner. L’idéal serait de se retrouver chez quelqu’un entre ami et ne pas connaître (ou presque) les contraintes des serveurs qui commencent à fermer la moitié d’une porte ou d’un deejay qui envoient de la m****usique à faire fuir pour se dire qu’on doit partir.

Bref, pour les touristes, à défaut d’apprécier ce poste, vous avez là quelques bonnes adresses pour parfaire votre voyage à Madagascar, pour les propriétaires d’établissements, n’oubliez pas de m’inviter si on vient chez vous à partir de ce blog et pour mes amis malagasy qui se sentent « concernés » par ce poste, merci de ne pas me jeter la première pierre car il y a une généralité et une vérité qui se reflète dans ce récit.

« Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé serait fortuite et indépendante de la volonté de l’auteur »