Depuis quelque jours, je reconnais, comme ce qu’avait dit un de ces hommes d’Etat très haut placé du pays, qu’il y a effectivement une insécurité grandissante à Antananarivo. Pour la première fois de ma vie, j’avais aussi le besoin de poser des vitres teintés et de faire appel à de super gardes du corps balaises aux côtés des miens. En effet, jusque là, je pouvais me considérer comme un citoyen lamba qui n’a pas beaucoup de biens de valeur et donc n’est pas susceptible d’être cambriolé, attaqué ou tout simplement vandalisé.

En ce qui concerne les gardes, c’est un peu difficile vu le coût de la vie assez élevé par rapport à celle d’il y a quelques mois de cela car mademoiselle légère inflation est passée par ici. Les vitres teintés, il faut oublier car il faudra être une personnalité haut placé pour en bénéficier. (Il faudra d’ailleurs retrouver l’article concernant l’octroi d’autorisation de ces vitres teintés car il est difficile de comprendre pourquoi tolère-t-on les véhicules à conduite à droite et pourquoi ceux dont ne serait-ce que les vitres latéraux arrières sont teintés sont directement verbalisés, bref,…)

Alors, avec le peu d’épargne que malgré tout nous avons pu économiser, qu’est-ce qu’il faut en faire? Rien! sauf peut-être continuer à épargner et ne rien crier sous les toits sinon gare aux mauvais esprits. « Ory hava-manana » comme on dit en malagasy. Ou littéralement, le pauvre n’a pas de famille les riches et vice versa. Par convoitise, celui qui n’en a pas ou n’en a pas assez risque de vous attaquer.

C’est là où l’on se souvient de la phrase devenue célèbre avec la crise de la FIGN. « (…) miaro ny vahoaka sy ny fananany » que nous pouvons traduire en : « (la force de l’ordre : Police, Gendarmes, militaires) protègent le peuple et ses biens). Est-ce vraiment le cas? Ou bien est-ce qu’il sont insuffisants et peu nombreux pour pouvoir mener à bien cette mission? pour l’instant on a du mal à le ressentir…

Un ami d’enfance a voulu baptiser son chien Ornicar. Va savoir pourquoi. Mais force est de reconnaître que ce chien a été efficace. Aucun intrus ne pouvait s’approchait de leur propriété sans que l’alarme ne fut donné et aucun étranger ne pouvait s’introduire dans leur domicile sans y être invité et accompagné. Malheureusement, ce bon vieux chien est mort empoisonné d’une éponge suspecte. Mais il était considéré comme étant le superhéros de la maison même si les premiers à le craindre étaient principalement le facteur et les marchands ambulants de charbon.

Chacun de nous, à un moment précis de sa vie, pourra aussi rechercher son protecteur, son superhéros, ce personnage presque inconnu mais altruiste qui nous rassure un peu de la dureté de la vie quotidienne. En tout cas, moi, il m’est déjà arrivé de me demander si cela existe en dehors des écrans et pas seulement qu’aux Etats-Unis ou en Chine. Car ces écrans nous façonnent de près ou de loin. On se demande par exemple si les enquêteurs du pays prélèvent quand même les empreintes digitales et les confrontent à leur base de données et qu’ils ne considèrent la majorité des dossiers comme étant classés etc.

A l’heure actuelle, les sociétés de surveillance et de sécurité privée fleurissent mais si on se réfère à ce qui vient de se passer à Majunga, ce sont les éléments de ces sociétés qui ont procédé à une attaque bien orchestrée.  Donc…