Logorama by H5

La société de consommation nous a complètement immergés dans l’océan des marques et des produits. Combien de messages publicitaires et d’invitation à la consommation recevons-nous chaque jour et combien de ces messages retenons-nous? Telle est la principale question que pourra se poser un marketeur ou un communicateur.

Depuis ces quelques années de crise, on tente vainement à relancer la consommation. Mais la relance de la consommation ne pourra se faire qu’avec un revenu digne de ce nom qui atterrit dans la poche du citoyen lambda. De nos jours, la gratuité prime. Sauf que rien n’est gratuit…

François Alaux, Ludovic Houplain et Hervé de Crecy de l’Agence H5 nous rappelle, grâce à ce court-métrage qui a gagné un oscar en 2010, qu’il existe d’innombrable marques et produits qui nous entoure et qui, petit à petit, prennent une place considérable dans notre vie. Beaucoup de ces marques n’existent pas à Madagascar, si on ne cite que KFC, MacDo ou autre PizzaHut, etc. mais nous les reconnaisons grâce aux médias et pour ceux qui ont eu la chance de voyager, de les découvrir durant ces déplacements. Mais beaucoup sont présents dans l’ïle Rouge, si on ne cite que Michelin (les deux Bibendum), Windows, Bic, Haribo, Shell, fido Dido, AirFrance, Quicktime, chewing gum Hollywood, etc.

Saluons en passant la créativité et l’idée conceptrice de ce film ainsi que sa réalisation technique et son graphisme, et ceci malgré un scénario assez bâclé. En effet, le neoud et le dénouement sont assez approximatifs. Mais le fait est que l’ouvre mérite quand même son Oscar.

A Madagascar, « marques » correspond à seconde main ou occasion, pour ne pas dire friperies, tandis que les produits neufs sont souvent des démarqués ou des clones à la limite de la contre-façon. Les entreprises sont les plus grandes consommateurs de marques dans le pays. On y utilise son Xerox, on scanne avec son HP, on imprime avec son CANON et de préférence on utilise des DELL ou des IBM.

A la maison, les ménages consomment plus des VENUS (avec la mention « France »), des TRUST, des SONICA ou encore des NAZA et des SATURNE. Parmi les marques qui se fraient une place au soleil, il y a Changhong et Cherry (oui ce sont des marques que très peu d’occidentaux connaissent). A la campagne, on conduit des FranceRider et on trouve de temps à autre des Kubota.

L’Asie a marqué de son empreinte les grandes villes de Madagascar. Les opérateurs locaux ont trouvé des fournisseurs en Chine qui leur permettent de créer et de mettre leur propre marque sur les produits de leur choix. Une anecdote que j’aimerais partager avec vous, dans une ville chinoise (Chine continentale) il existe un fournisseur de poste téléviseur et des lecteurs DivX. En commandant ses produits, le client est étonné lorsque le vendeur lui demande s’il souhaite qu’on lui mette du SONY, du LG ou du SAMSUNG comme marque en sachant pertinemment que les postes choisis n’ont pas de marque à l’origine. Une façon de dire que finalement si je veux une grille-pain de marque « Rakoto » ou un scooter de marque « Mitiyu » je pourrai l’avoir facilement. Rappelons nous de l’histoire au début des tablettes tactiles. Après le lancement du premier iPad d’APPLE, les autres concurrents potentiels tels que DELL, MOTOROLA ou encore MICROSOFT ont longuement hésité pour finalement ne pas lancer tout de suite leur tablette. Tandis qu’un chinoi a tout de suite lancé son iPed, voyant là un créneau que les exploitants d’Androïd ont considéré comme étant inintéressant.

La consommation des marques est devenue une philosophie pour le malagasy… sauf que la majorité tente de survivre et rares sont ceux qui philosophent.