Un jour, on m’avait dit que le problème de ce pays ne sont pas l’absence de personnes qualifiées mais de personnes sensées. Effectivement, une citation me revenait en tête et cette citation met en évidence le nombre considérable de malagasy qui ont poursuivi des hautes études – que ce soit à Madagascar ou à l’étranger – mais qui n’arrivent pas à faire avancer le pays dans le sens où il devrait aller. Mais par contre, toujours dans cette citation, malgré l’existence de cette élite d’intellectuels éparpillée dans le monde, le pays souffre affreusement de l’absence de personnes qui peuvent l’emmener vers le développement économique et social.

Le CREAM vient de sortir son « Livre blanc », une occasion pour fustiger les différents dirigeants qui se sont succédés pour diriger ce pays en leur disant que le manque de vision de chacun d’eux ne nous fera pas avancer plus vite que ce qu’on fait actuellement. Car la conduite à vue n’a jamais été meilleure par rapport à un pilotage précédé d’une bonne vision et/ou de reconnaissance de l’environnement. Bref, il me tarde de lire le contenu de ce livre qui, à mon avis, contient un des meilleurs issues dans le domaine économique, macro économique et surtout dans la politique économique. Au moins, faisons confiance à nos économistes si les étrangers à qui nous avons toujours fait appel jusqu’à présent n’ont jamais été bénéfique ET pour les malagasy ET pour Madagascar.

Par ailleurs, une grande partie des entreprises sont aussi actuellement dans l’expectative. Aucune ne possède actuellement d’indicateurs et de tableau de bord sûrs et fiables qui permettent de prendre les meilleures décisions. Jusque là, le terme « d’instabilité politique » auquel on a toujours qualifié Madagascar était pour moi chimérique et me paraissait exagéré. Il n’aurait jamais dû avoir un quelconque lien avec la baisse de l’IDE (Investissement Direct de l’Etranger) ou encore moins de la propension à investir.

Qui risquerait en effet, d’investir des milliards en n’ayant pas l’assurance que l’Etat va protéger ces investissements ainsi que les investisseurs, en n’ayant pas non plus l’assurance que le marché est sain et permet de faire jouer la libre concurrence, c’est-à-dire la concurrence avec un grand « C » (C’est vrai qu’il n’existe pas de marché parfait comme dans les théories qu’on enseigne mais s’en approcher serait l’idéal)

Qui peut aujourd’hui prévoir (ou prédire ) où Madagascar sera dans cinq ans, dans dix ans?

Avec les indicateurs connus du moment, il a été facile de prédire le réveil du dragon dès 2004. En effet, la Chine est actuellement considérée comme étant la deuxième puissance mondiale, elle est vouée à réévaluer leur monnaie, ce qui risque de freiner leur exportation massive actuelle et leur balance de paiement bénéficiaire de partout, la main d’oeuvre ne sera plus autant bon marché qu’avant et le coûts de la recherche et développement plomberont l’élan des industries locales, ce qui les rendraient moins compétitifs et fera tourner les investisseurs vers d’autres pays comme la Malaysie ou la Russie. Dans le cas d’une absence de plan bien défini et proactif, cette grande puissance déclinera au plus tard dès 2027. (Donnons une fourchette, soit entre 2025 et 2029). Actuellement, la dévaluation volontaire du Dollar peut rendre à nouveau les américains compétitifs, en particuliers pour leur exportation. Mais la Chine reste menaçant.

Bref, aucune de ce genre de prévision n’est actuellement faisable pour le cas de la Grande Île.

Ce qui nous amène à nous demander quelle est actuellement la vision existante à Madagascar, où on va? comment s’y rendre? avec quelles ressources et quels moyens? etc.

La politique, c’est bien… surtout pour la poche et la bouche des politiciens (et de leur entourage)! Mais une bonne politique économique c’est mieux … pour le peuple (avec un grand « P » mais pas 10 000 ou 50 000 individus) et pour les grands hommes politiques!