Ce 17 novembre 2010 est un jour de referendum à Madagascar. Ce qui suit est un essai de retranscription de cette journée telle que je l’ai vécue- tout en essayant d’être aussi factuel que possible, et sans parti pris.

La question du jour pour moi étant « au fait, quelle est la question à laquelle on devrait répondre pour ce réferendum? » . En effet, on savait d’avance les options de réponses: soit on vote « oui », soit « non », ou « blanc » … Je ne commenterai pas sur l’option de l’abstentionisme – qui, à mon avis, n’a jamais été un argument de poids pour valider ou invalider les résultats d’une élection à Madagascar.

Un petit retour en arrière d’abord: j’ai reçu ma carte d’électeur hier, contrairement à ma femme, qui, pour une raison indépendante du fokontany (selon les agents du fokontany) n’est même pas inscrite sur la liste des électeurs.

Donc, cette journée du 17 novembre 2010 commence sans fracs quand bien même quelques évènements inhabituels ont perturbé la veille. J’ai décidé de n’aller voter que dans l’après-midi. Dans la matinée, tout en pianotant sur mon ordinateur, j’écoute passivement la radio antsiva qui essaie de rapporter les nouvelles du terrain.

Vers 13 heures environ, les journalistes évoquent qu’une décision a été prise (je n’ai pas pu saisir qui a décidé) pour que les électeurs dûment inscrits sur la liste d’électeurs peuvent venir effectuer leur devoir quand bien même ils n’aient pas reçu de carte d’électeur si tant est qu’ils amènent leur ancienne carte d’élécteur et leur carnet du fokontany(???). Quelques dizaines de minutes après, un de ces journaliste interviewait le chef fokontany d’Ambanitsena à ce sujet: celui-ci répondit qu’il n’était pas au courant de cette décision.

15heures environ, je me pointe à mon bureau de vote avec ma carte d’électeur et ma carte d’identité alors que les marchands de rue de mon quartier vaquaient à leurs occupations quotidiennes. Il n’y a que les magasins du quartier qui ont fermé leurs portes.

On vérifie mon identité, on regarde dans la liste. On m’invite à prendre le bulletin unique où est marqué en grand deux choix avec une case à cocher à côté de chaque option. Le bulletin ne fait nullement mention de la question posée, seulement des réponses possibles. Je m’évertue à poser une question insidieuse aux agents du bureau de vote « au fait, quelle est la question à laquelle on doit répondre? » – la réponse est on ne peut plus claire « Allez dans l’isoloir, il y a déjà un stylo dedans pour marquer votre réponse ».

Je vais dans l’isoloir, coche l’option qui me convient, plie en quatre le bulletin (parceque j’ai vaguement entendu à la radio qu’il fallait faire ainsi – personne ne m’a indiqué comment faire dans le bureau de vote), et m’en vais remettre mon bulletin de vote dans l’urne transparente.

16heures: la radio Antsiva confirme qu’il y a encore des bureaux de votes qui n’ont pas reçu l’instruction d’accepter les CIN comme passe-droit pour pouvoir voter. En même temps, le même journaliste rapporte que le bureau de vote d’Andranonahoatra refuse d’éxécuter cet ordre.  Quelques heures auparavant, un journaliste intervanant de la ville de Majunga rapporte que des bureaux de vote de cette ville attendent encore confirmation sur l’heure de clôture des bureaux de vote – il semblerait que cela ait été initialement prévu à 16 heures et que cela soit reporté à 18 heures (personnellement, je ne connais pas la réponse, mais à l’heure où j’écris- i.e 16heures10, il semblerait que les bureaux de votes n’aient pas encore fermé les portes)

Et voilà… Je sais que mon article sera interprété différement selon les convictions de chacun, je l’ai juste écrit pour rapporter comment un citoyen lambda de la capitale l’a vécu.

Note personnelle (et subjective): je n’ose même pas imaginer la confusion que ce référendum a pu créer dans la tête des paysans et autres personnes qui n’ont pas accès aux informations et qui sont éparpillées dans tout Madagascar.