Une idée qui a bel et bien été ancrée dans la tête du malagasy lambda est qu’il faut une démocratie à Madagascar. Après la République de Madagascar, on a insérer le terme pour ambitionner une République Démocratique de Madagascar.  Les questions que l’on se pose sont :

– n’y a-t-il jamais eu de démocratie à Madagascar?

– pourquoi une démocratie?

– a-t-on réellement besoin de démocratie dans le pays?

Il y a un an et demi de cela, le mouvement TGV a transformé le stade de verdure d’Ambohijatovo en une place de la démocratie. Son utilisation reste néanmoins ambigue et son appelation n’est plus très utilisée actuellement. D’ailleurs, à chaque fois qu’il y a une menace de manifestation de la part d’une des trois mouvances, il y a toujours au moins trois camions remplis des forces armées qui interdisent l’entrée du parc aux manifestants. 

On parle souvent d’élection, une manifestation de la démocratie. Si nous analysons les issus de certaines élections et l’impact social, économique ou politique de certaines élections à Madagascar on peut se demander si on a réellement besoin de la démocratie car en fin de compte on lave le cerveau du peuple « manipulé », on leur explique qu’ils sont malheureux et on leur demande de descendre dans la rue au nom de la démocratie. 

Avec la démocratie, on met aussi en avant la liberté d’expression. Est-ce que cette liberté d’expression existe-t-elle à Madagascar ou est-ce qu’on doit toujours se cacher derrière une autre identité ou sous la ligne éditoriale imposée par le patron de presse pour mieux s’exprimer en toute quiétude? La liberté d’expression peut être la voix du peuple comme la voix d’une entité. La liberté d’expression est une arme dangereuse qui peut faire basculer l’opinion publique.

Dans ce cas, le peuple reste-t-il souverain, détient-il le pouvoir collectivement?  Est-ce qu’il quelqu’un qui peut et qui est attribué pour porter et apporter au pouvoir en place sa voix, ses demandes, ses attentes et surtout ses besoins? Le pouvoir entend-il la voix du peuple, celle qu’on qualifie de la voix de Dieu? 

Depuis la crise, le pouvoir en place, malgré quelque lutte intestine, tente tant bien que mal d’instaurer l’ordre dans le pays. Les bois de rose sont exploités sauvagement et tout est médiatisé, la circulation à Antananarivo ressemble plus à un parcours de combattant dans un jeu vidéo où les moto, scooters, taxi be et piétons font la loi tandis que les automobilistes roulent avec quiétude avec les voitures importées de Hong Kong, de Maurice, d’Afrique du sud dont la direction à droite reste interdite par le code de la route… Les marchands qui font aussi leur révolution en s’installant, non plus sur les trottoirs mais dans la rue même si on ne cite que le nouveau marché de la route de la petite vitesse ou le long de Soarano-Behoririka et le marché de jeudi de Mahamasina où les vendeurs arrivent devant la porte des riverains.

Heureusement, on instaure petit-à-petit la démocratie sur Internet via les sites web de la diaspora et des entreprises locales. Mais là encore, quelques informations dérangent et on chuchote fortement qu’une certaine entité proche du pouvoir pense prendre des mesures « anti-démocratiques » concernant la toile, les bloggueurs, les portails et le net malagasy en général (suivez mes yeux…)

Mais le malagasy a-t-il besoin de la démocratie? sait-il où il veut aller et comment va-t-il y aller? Est-ce que ce peuple qui agit et réagit par sentiment (olon’ny fo) qui oublie assez vite les leçons d’hier peut-il être laissé seul au gré de sa volonté? 

Madagascar a besoin d’un dirigisme socioéconomique adapté à une économie libérale appuyé par le respect et la discipline, chose que la majorité des malagasy ne supporte pas. Lors que je parle ici d’un dirigisme socioéconomique et non pas seulement économique, j’exclus un régime totalitaire qui oriente la décision socioéconomique. Il s’agit ici de trouver le modèle adapté à la situation du pays, benchmarké si on veut, mais propre au pays et non pas théorique comme ceux qu’on enseigne dans les bancs des universités. Les syndicats ne visionnent pas la voie à prendre? le groupement n’arrive pas à se projetter à long et très long terme? les entreprises conduisent à vue et le peuple se demande toujours de quoi le lendemain sera fait?

réadoptons le DIRIGISME SOCIOECONOMIQUE le temps de sortir de l’obscurité.

Mais la condition sine qua non est que l’Etat lui même sait où l’on veut aller et où l’on va. Il y a une différence. L’économie est, avouons-le, rançonnée par l’aide extérieure et les groupes de pressions étrangères. Le social se retrouve dans le même sac car les projets de développement sont monnayés en échange de certaines conditions. Si l’Etat sait où il veut emmener son peuple et s’il sait communiquer aux différents groupes de pression qui lui tient le couteau dans la gorge que là où il veut emmener le pays toutes les parties son gagnantes mais en premier lieu le peuple, il y aura sûrement moins de stress, de pression et d’incompétence.

Il faut dire aussi à ces Etats ou groupes de pression qu’il est plus intéressant de travailler avec un pays économiquement fort et dont le pouvoir d’achat de la population peut se permettre de consommer les produits proposés qu’une population qui se demande où est-ce qu’elle va trouver son pain quotidien et qui se limite à travailler pour ne rien économiser mais juste survivre. Le fait est que certains groupes redoutent le retour de manivelle, une sorte d’effet boomerang. 

Et tout cela risque d’effacer le semblant d’illusion de la démocratie existante. La question à laquelle il faut se concerter actuellement est celle où l’on se demande quelle sera la situation post-démocratique car c’est actuellement la voie générale de tous les pays que ce soit les pays pauvres ou les pays riches. Nous ne vivons plus dans un contexte bipolaire nous sommes actuellement dans une situation multi-bloc où les pays occidentaux et les anciens pays colonisateurs revoient leur copie et révisent leur cours de géopolitique.