Avec les événements du 29 mars 2010, j’ai décidé de ne plus discuter ni de la vie politique ni de la crise socio-économique qui existent depuis plus d’une année à Madagascar. Ceci pour la simple raison qu’en parler ne fait qu’assombrir le tableau qui, à priori, devrait restituer la réalité et le quotidien des malagasy à Madagascar.

Avec ces cinq années de blogging, je refais un tour au sein du blogosphère malgache et des madagascarophile et je me rends compte que la situation dans laquelle on vit tous les jours n’a pas du tout changé mais  seulement il y a l’espoir en moins. Je n’aimerais pas souligner que cela a dû s’empirer depuis car je ne veux pas comparer des périodes sans indicateurs ni de repères fiables et comparables.

En 2005 – 2006, tous les bloggers étaient très motivés pour poster (je ne parle pas de la majorité des blogs-photos que l’on retrouve sur Sky mais plutôt de la majorité de ceux qui écrivent réellement en s’efforçant de respecter le grammaire et l’orthographe de la langue de rédaction choisie Lerreur est humaine des fautes mineures par-ci par-là sont tolérables, moi-même j’en fais ;D ). Ces bloggers avaient plein d’espoirs, d’optimismes quand à l’avenir de leur patrie, de leur vie. Avec le rythme actuel, je constate qu’il y a de moins en moins de cet entrain, de cette énergie, de cette volonté qui anime tout un chacun. Cela peut refléter la réalité actuelle, que ce soit à Mada ou ailleurs. Les temps changent…

Nous venons de célébrer ou plutôt de commémorer hier le 63ème anniversaire de la lutte du 29 mars 1947. Je viens de lire l’édito de Sobika.com d’aujourd’hui qui se demande si ces années ne sont que du gâchis. Et bien sûr, ceux qui lassent des commentaires ramènent toujours l’édito du site à la situation politique actuelle sans forcément rechercher le raport et les liens logiques avec le thème développé par la rédaction.

Qu’est-ce que nous avons réellement constaté comme nette amélioration en 60ans? Dans quelques jours nous allons aussi traverser la date fatidique du 13 mai (1972) qui, d’après mes souvenirs n’ont jamais été commémorés ou célébrer, tout comme le 14 octobre (1958) date de la proclammation de la République (deux événements différents mais tout aussi historique). A la limite, au grand plaisir des travailleurs et des étudiants, le 13 mai est devenu un jour férié.

Dans quelques mois, Madagascar devra aussi, avec quelques pays d’Afrique, célébrer le 50ème anniversaire de son indépendance… Les médias publiques commencent déjà la sensibilisation par rapport à cet « événement ». Mais tout le monde ignore réellement comment cela va se passer.

En 50ans, on se demande si les africains ont adopté la meilleure stratégie pour leur développement ou pas. Car avec un chronogramme quasi-similaire, les autres pays d’Asie qui ont décidé l’investissement à l’emprunt s’en sortent théoriquement mieux que les autres pays africains. (photo FranceInter)

En moins de quarante ans, le pays a traversé au moins trois grandes crises qui l’a économiquement et socialement affaibli, tout le monde le sait. Mais en moins de quarante ans, la culture et les valeurs de la société malgache ont été largement diluées, voire saccagées comme le sont la majorité des infrastructures érigées par chaque autorité en place. Le peuple malgache est devenu celui qui préfère repartir tout le temps à zéro croyant à une infinité de chance qui peut s’ouvrir à lui.

Le pays a connu trois Républiques, les « Repoblikan’i Madagasikara et la République Démocratique de Madagascar ». Le pays a aussi connu pas moins de quatre chefs d’Etat dont un empêché, un détrôné mais qui a su revenir par la grande porte, un qui – on ne sait plus s’il a démissionné ou pas de son plein gré – un qui a été assassiné sans que l’enquête ait pu réellement aboutir aux yeaux de la population, un qui a enseigné à un un autre ce qu’une haute autorité doit faire puis en guise de copyright a changé le E pour « Etat » en T pour « Transition », etc.

Le malagasy a connu les différentes périodes de pénurie. Je me souviens encore comme si c’était hier durant le régime de Ratsiraka où toute la famille s’inquiétait lorsque le carnet qui permettait d’aller suivre une longue file d’attente pour pouvoir obtenir un peu d’huile ou de riz disparaissait; Je me souviens encore de la période où il fallait que tout le monde s’approvisionne en eau auprès des bornes fontaines des différents quartiers voisins car celui du quartier est momentannément coupée. Je me souviens aussi des enquêteurs qui voulaient taxer un peu plus la famille si les toilettes étaient dans la maison ou encore s’il y avaient des antennes de télévision à l’extérieur de la maison. (et que pratiquement tout le monde mentait un peu) quoique je considère toujours que les taxes et les impôts s’ils sont supportables et moins pressives constituent d’excellents moyens pour contribuer au développement du pays A CONDITION que son usage et son utilisation soit clairement montré ou démontré aux contribuables…

Bref, nous venons, il y a quinze jours de cela célébrer le nouvel an malgache. Une célébration qui tente de revaloriser les us et coutumes locaux, de rehausser la culture et la mentalité commune quitte à friser dans le folklorique. Cette célébration, me ramène encore quelques années avant l’annexion de Madagascar proclammée par le Parlement Français (1896) ou plus loin encore avant que la Reine RANAVALONA III ait été forcée à signer le Traité de Protectorat français à Madagascar (1er Octobre 1895). Je sais que suivant l’histoire écrite et retransmise par tradition orale, l’aide et les conseils des étrangers ont toujours influencés les derniers monarques de la Grande Île. Les Rois et les Reines avaient leur royaume, quelques personnes dans leur entourage ont toujours été cupide ou ont convoitées ce royaume et les étrangers qui ont découvert le pays après les pirates ont été frappé d’égocentrisme qui leur a fait décider de s’approprier de la richesse du pays gratuitement au lieu de les acheter comme s’ils achetaient les esclaves ou les autres produits du commerce classique.

Madagacar a fait quelques pas depuis, mais en avant ou en arrière. Mon quotidien en cette année 2010 est marqué par la médiatisation incessante de l’insécurité. Insécurité réelle car pas plus tard que le week end dernier, j’ai encore été témoin de l’acte de banditisme se sentant totalement impuissant face une organisation criminelle déjà bien rôdée. Et à côté de cela le témoignage des proches qui ont été victime de corruption de la part de certaines personnes bien placées dans la hiérarchie administrative. On ne peut que crier sa colère face à de telles situations.