Cette semaine, les yeux de ceux qui suivent les actualités politiques malgaches sont rivés vers la capitale éthiopienne. Qu’est-ce qui va se décider là-bas? Quels seront les changements majeurs ensuite, etc. Telles sont les quelques questions qu’on se pose dans le microcosme du gotha politique. Aller à Addis, est-ce que ce sera Maputo II bis?

Quoique, Addis Abeba, pour moi, connais pas…

Cette nième rencontre des mouvances (quatre ou cinq ou quoi?) entre eux, modérée et dirigée par une délégation de la communauté internationale, me fait plus penser à une parodie de la chanson « étoiles de neige » que les enfants de chez nous transforme en « Ento any Genèveeuhhh » c’est-à-dire « emmène à Genève ».

Mais voilà, malgré la neutralité historique de la Suisse, Genève est trop « Union Européenne » et comme le disait l’ancien président, la proximité conseille qu’un état africain héberge d’abord ce genre de rencontre.

A force de faire des blagues idiotes sur les éthiopiens, certains malgaches (pour ne pas dire tous) doivent remettre leur destin entre les mains de ceux qu’on doute qu’ils ne sont ni totalement désintéressés ni cupides – dans un endroit que certains considéraient comme aride, désert et stérile. Espérons juste que la délégation ne meurt pas de faim si le festin du jour est juste un grain de riz…

Quoique, Addis Abeba, connais pas,

Ce que nous connaissons tous actuellement à Antananarivo, ce sont les infractions répétitives, l’intolérance mutuelle, la grossièreté et l’indiscipline généralisé, accentué par la faim, le stress face à l’insécurité et l’instabilité, par l’inflation galopante, la dépréciation de l’Ariary, la rareté des devises (?) et ce malgré une bonne dose de communication de la part du ministre de tutelle, etc.

Nous connaissons aussi un degré de saleté et de pollution jamais connu dans la capitale qui entraîne des allergies et des maladies de tout genre et un peu partout. Il y a tellement de sacs en plastique, des morceaux de journal, quelques fois des bouteilles vides, des papiers d’emballage tachés d’huile et de boue, des traces d’huile moteur, des feuilles desséchées et tant d’autres qu’un être aux sens fragiles ne pourra supporter.

Nous connaissons aussi les pavés des rues qui sont enlevés ou qui s’enlèvent tout simplement, des panneaux de signalisation routière en aluminium qui disparaissent, des éléments d’infrastructure qui ont été volés (va voir du côté d’Anosibe, je ne serai pas étonné de retrouver les nids d’autruche et les cochons qui mangent dans les poubelles dans quelques temps si chacun ne prenne pas rapidement ses responsabilités et s’il n’y a pas de mesures draconiennes pour faire face à tel capharnaüm)

Nous connaissons aussi les différentes rumeurs concernant tel ou tel milliards qui sont allés dans la poche d’untel. Sans vraiment porter une sérieuse attention à ces rumeurs on se dit parfois qu’il n’y a pas de fumée sans feu…

Mais sincèrement, nous ne connaissons pas le contenu, l’ordre du jour, le calendrier détaillé (pour jouer le perfectionniste), l’objectif particulier et non global de cette enième rencontre.

Alors, à quand la prochaine rencontre? il faut en décider à Addis Abeba.