Avec la situation actuelle de Madagascar, on préfère de loin se taire et observer. Mais finalement, cette solution n’est pas toujours la meilleure vue que tous ceux qui sont concernés par la politique politicienne à Madagascar semblent jouer à un jeu d’échecs à quatre, cinq ou n joueurs au lieu de deux seulement.

Nous sommes encore loin de la dualité constructive des républicains vs démocrates des Etats-Unis, non pas que c’est l’idéal mais avec ce système, il y a moins de cacophonie et moins de désordre.

OUI, il y a trop de cacophonie dans le pays et l’ordre n’est plus le maître mot de la république. Le Grand Maître de l’Ordre National Malgache semble ne plus rien maîtrisé s’il est toujours le grand maître de l’ordre.

On se demande bien comment ça se fait qu’avec autant d’initiés, de différents milieux et de différents « background » on n’a pas encore une politique nationale juste et parfaite comme ils ont l’habitude de la qualifier. Certains semblent vraiment croire dur comme fer que l’ordre du pays viendra de ce chaos incroyable.

En ce moment, il existe quelques situations intolérables dans la grande île :

1-    L’Inflation galopante

On se souvient avant la crise, les dirigeants de la lutte promettaient un coût de la vie moindre. En effet, certaines vidéos le témoignent encore dans les archives des stations de télévision, on faisait miroiter la nouvelle vie et le nouveau régime.

 

On peut rappeler les histoires d’huile alimentaire à moins de Ar 2000 et on est choqué de voir le prix auprès des détaillant d’une bouteille d’un litre d’huile lambda à plus de 3000 Ariary, voire 4000Ar soit le double de ce qui a été prévu.

 

Pour ceux qui doivent se rendre à l’étranger pour essayer de faire vivre leur famille, on se souvient que l’euro se négociait manuellement à Ar 2500 tandis que depuis quelques semaines la barre des Ar3000 a été dépassée. Pour le american Dollar, je me souviens qu’en 2008 il valait en achat Ar1600, hier le MID a donné Ar2111 pour un US$.

 

C’était sûrement mieux il y a dix ou quinze ans. Toujours pour le cours de change, je me souviens qu’en 1994 le FF se négociait à 350FMg soit Ar70 et l’euro valait 6,5549 en 2002. En 2001 donc ce FF valait 900Fmg soit Ar 180. Avec un bon indice de prix on ne peut que rester indigné face à cette chute vertigineuse en spirale du coût de la vie à Madagascar.

 

Un exemple assez désolant, on me martèle depuis quelques années que la classe moyenne malgache se doit de disparaître. Je crains que ce moment soit bien arrivé maintenant. Un exemple qui pourra servir d’indicateur est le remplissage des caddies dans les grandes surfaces des grandes villes du pays. Je me souviens qu’il y a à peine un an de cela on pouvait facilement remplir le chariot pour 600000Fmg de courses soit Ar 120,000.00. Depuis le mois de mai-juin, avec cette même somme on peut constater que le chariot est rempli au 1/6ème ou au ¼ pour être optimiste en choisissant les produits encombrant comme les packs d’eau.

 

Sur ce plan, je redoute que la situation de Zimbabwe n’arrive pas à Madagascar.

2-    Racket du pouvoir

Faute d’argent ou de budget nécessaire, le nerf de la guerre semble être épuisé. On murmurait dans les rues que les karana ont financé pour commencer la lutte contre la dictature et on dit maintenant qu’il faut que quelqu’un finance à nouveau pour arrêter la mauvaise passe et démarrer une nouvelle étape.

 

Mais qui va demander quoi à qui ? Telle est notre question. Parce qu’en ce moment le racket semble se généraliser sous une forme de demande d’aide ou de partenariat. Le plus souvent, il s’agit de donner de l’argent pour la rentrée scolaire ou pour améliorer l’infrastructure des orphelins d’Ambatolampy. Si ce n’est pas pour acheter des billets pour couple à Ar140000 (si ce genre de billet était proposé à Ar25000 par personne avant) et ce pour dix personnes dans l’entreprise que l’entreprise doit prendre en charge.

 

Les institutions publiques n’ont plus de budget. Nous sommes au quatrième trimestre de l’année et cela semble normal. Mais il faut quand même redémarrer les activités publiques et il faut surtout ne pas décevoir les redevables qui s’attendent avec utopie une contrepartie de l’impôt et autres taxes payés. (infrastructure, sécurité, etc.)

 

3-    Nouvelles têtes pas si nouvelles que cela

Cette partie ne sera pas longue. Je dirai juste que le malgache voulait changer de régime non pas pour retrouver les même têtes qu’avant, de près ou de loin, de veux qui étaient déjà derrière mais qui ne se montrent que maintenant ou encore les dinosaures  moins fossilisés qui sont en même temps des faiseurs de roi et des parasites tombeurs de régime.

 

4-    Le pouvoir de l’argent

« Ny vola no maharangahy » comme on dit en malgache (litt. L’argent fait l’homme) on dit aussi « ny alika jamban’ny taolana fa ny olona jamban’ny vola » (litt. L’os rend aveugle les chiens et l’argent l’homme )

 

Si il y a quelques années de cela être riche correspondait à devenir millionnaire. Le millionnaire de l’an 2000 est juste celui qui gagne un peu plus que les ouvriers des usines (en zone franche d’habitude car ceux-ci gagnent mieux que les autres ouvriers) et un million d’Ar est l’équivalent de US$476.

 

Lorsque certaines personnes ou groupes de personnes disent que les militaires sont divisés, la majorité des personnes qui méditent dessus ne peuvent s’empêcher de faire un rapprochement avec le paiement de quelques officiers voire des sous-officiers contre l’exécution normale des ordres sans contrepartie financière comme tel est le cas des supérieurs. C’est la voix de la rue, on se demande si ces rumeurs sont fondées…

 

Mais le malgache moyen est devenu le nouvel esclave de l’argent. On ne jure que par l’argent, le revenu, le chiffre d’affaire pour son business, le fait de devenir riche et même milliardaire (car il y a une nuance !) Le malgache ne respecte plus ses anciennes valeurs. Maintenant, on préfère ne pas avoir des amis que de ne pas avoir de l’argent au lieu de l’ancien proverbe « aleo very tsikalakalam-bola toy izay vey tsikalakalam-pihavanana ». On se méfie de son prochain, de cet autre que soi. Les marchands qui paient leur taxe se sentent offusqués par ceux qui sont autorisés tacitement à vendre leurs marchandises  au bord de la rue sans même avoir payé aucune taxe…

 

5-    S’enrichir avec la politique politicienne

Ce n’est plus un scoop. Cette idée est si ancrée dans la tête de ceux qui veulent s’enrichir vite et bien que même les porte-parole et dirigeants de l’« ambany tanàna », ou bas quartiers ou encore les gros bras, se bouscule au portail pour demander leur dû. Ils n’ont pas tort car c’est fatiguant de jouer la courte échelle à tout le monde depuis trois décennies. Et ce n’est pas l’hypocrisie de l’aristocratie merina qui pourrait démontrer une telle force si on analyse bien l’histoire.

 

Je suis royaliste, mais je me demande bien qui de ces « ampanjaka » et « andriana » (rois et princes) de Madagascar possède le cran et le pouvoir de diriger et de faire avancer les choses. Car autrefois, le roi était le guerrier, celui qui partait au front avant ses hommes. Mais maintenant le « roi » ou dirai-je le « roitelet » est celui qui commande via une manette Wii ses troupes qui ne comprennent même pas l’enjeu et l’intérêt de la bataille et de la guerre.

 

Je pourrai être républicain et non pas démocrate sans pour autant ne pas vivre et montrer  des valeurs relatives à la bonne démocratie (car il y a une mauvaise démocratie !) Et cette façon de raisonner face à une situation politique complexe semble vraiment inadéquate en ce moment. Finalement, rien n’est approprié à la situation actuelle…

 

6-    Décolonisation ratée

(Libre à ceux qui veulent développer cette partie car ce n’est pas seulement à quelques personnes de juger de l’histoire mais à tout le monde. Je demanderai juste un recul objectif et constructif dans vos propres analyses, que vous allez la mettre ici ou juste dans votre tête ; prenez du recul, revoyez l’histoire et les événements de ces derniers mois et ceux des autres années de crise et vous  verrez que l’eau de roche est moins claire)

 

Bref, je ne vous demande pas de comprendre mais de résoudre le problème que nous sommes actuellement en train de vivre ou plutôt devrai-je dire : « subir » et d’arrêter d’être l’observateur silencieux qui ne blâment que ceux qui tentent de faire quelque chose pour faire évoluer la situation.

 

Homme sera celui qui s’immisce dans la politique sans détenir les capacités des anciens mais en ne voulant que le bien du pays rien que le bien du pays. Je ne connais pas encore ce seul homme mais on peut reprendre l’idée de JFK pour que tout le monde apporte sa pierre pour bâtir l’édifice pour que Madagascar soit l’œuvre et non pas le résultat. « Samia mitondra ny anjara birikiny e »