« On était pauvre mais on l’ignorait et nous étions heureux »

Les personnes âgées vous le diront peut-être. Les jeunes ne vous le diront sûrement pas. Il parait qu’il y a trente, cinquante ou soixante dix ans passés, les malgaches vivaient heureux. Hormis le Smotig ou les travaux forcés durant la période coloniale, dans l’ensemble, les gens étaient plutôt satisfaits de leur existence.
Le sentiment généralisé de mal être qui accompagne cette difficile situation politique qui prévaut à Madagascar renforce la sensation de vide pour beaucoup de gens. Certains redoutent la perte de l’emploi, d’autres sont préoccupés par la recherche du travail.
Qu’est-ce qu’on peut alors dire concernant cette citation ? Les anciens ont-ils raisons ? étaient-ils vraiment heureux ? si on se réfère à la vie actuelle des malgaches, on peut dire que nous sommes malgré nous entrer dans la société de consommation. Le secteur de la communication et de la publicité étant relativement florissant, les téléspectateurs et les auditeurs reçoivent en moyenne plus d’une cinquantaine de publicité par jour tandis que les différents magasins dans les centres commerciaux chinois et karana leur font miroiter de nouveaux objets dont ils n’ont à priori pas besoin.
Comment les gens peuvent SURvivre avec un smic de 70,000.00Ar (soit 26,00 euros) ? Quand je pense que le plein de carburant varie de 30 à 70euros en fonction du véhicule et que le loyer moyen est de 70euros par mois sans tenir compte des factures de la Jirama (eau et électricité) qui ne baissent surtout que dans la tête des décideurs.
En visitant Suprême Center la semaine dernière j’ai vraiment été surpris par le nombre de magasins (de locataires) qui vendent des matériels informatiques et des téléphones portables. Avant l’incendie de janvier, il y avait à quelques marchands et maintenant je trouve qu’il y en a trop pour le marché. Qui vont consommer ces produits ? Peuvent-ils contenter le marché existant ? Est-ce que les clients potentiels ne préfèrent-ils chercher un moyen de commander en direct et payer juste le frais de transport et les différentes taxes au lieu d’acheter au double ces marchandises ? Peut-être pas.
Ce qui est sur c’est que la télévision n’a pas améliorer les choses. En effet, avec ce qu’on y voit, on croit toujours que la pelouse du voisin est plus verte. Comme le dit si bien le crooner Rolf « en voyant les lumières d’ailleurs les nôtres s’assombrissent »
Le pouvoir d’achat a beaucoup baissé. Si l’on prend comme base les évènements populaires, on pourra faire la comparaison entre les évènements Tuning et runs d’avant et les différentes manifestations de scooter de cette année.
En 97-98, au début du phénomène tuning, jusqu’en 2002, le début de l’euro. On pouvait facilement se procurer des pièces et des accessoires pour 1FF=900Fmg. Et ceux malgré une forte dévaluation car si on compare à 94, c’est à dire moins de dix ans auparavant, le FF=350Fmg. Maintenant, le Dollar est à 2000Ar soit 10000Fmg et l’euro à 2700Ar soit 13500Fmg. Les anciens fournisseurs étrangers ont profité du passage à l’Euro pour réviser à la hausse leur tarif, le petit jeune malgache avec la dépréciation de l’Ariary (comme l’Ariary n’est pas convertible) ne pourra plus se permettre d’acheter une bonne voiture et se tourne vers les scooters d’occasion, moins chers et plus économiques.
Ainsi, la crise est passée par là. Lorsqu’on regarde les jeunes participants à ces manifestations, ce sont des jeunes de bonne famille qui à priori a constitué la bourgeoisie tananarivienne.
Moralité : Il faut apprécier ce qu’on a et ne chercher que ce dont on a réellement besoin.