L’Edito de ce jour sur Sobika et commenté par NJ nous interpellent sur la dégradation morale et éthique de la qualité de l’enseignement ainsi que l’image que le régime actuel veut se donner.A titre de rappel, le sujet de rédaction de la matière « Malagasy » peut être traduit comme suit :  » Misy ezaka ataon’ny fitondrana tetezamita hampandroso haingana ny firenena amin’izao fotoana izao. Inona avy ireo ezaka ireo araka ny hevitrao? ( La Transition fait des efforts pour développer rapidement le pays en ce moment. Quels sont ces efforts selon vous ? ) Si on souhaite analyser le pourquoi et l’intérêt d’un tel sujet on pourrait avoir des questions constructivistes comme : 

  • Est-ce pour découvrir si les jeunes suivent les actualités?
  • Est-ce que ces futurs votants sont des pros TGV? (il reste encore 2 à 4 ans pour la majorité, c’est-à-dire, lorsque Andry TGV aura l’âge requis par « l’ancienne constitution »)
  • Es-ce que c’est pour découvrir l’opinion des parents et des grandes personnes qui les entourent et qui peuvent influencer sur leur propre opinion et leur conviction citoyenne? 
  • Est-ce que c’est pour rechercher des arguments et des futurs argumentaires que l’on n’a pas encore en tête pour les prochaines élections? 
  • Est-ce pour détecter si les gens ont fait la différence entre les réalisations de Ravalomanana mais inaugurées par la HAT et celles qui ont réellement été réalisées (d’où la difficulté dans l’identification de la problématique du sujet) par cette dernière?
  • Est-ce pour sonder l’opinion publique via les jeunes lycéens et par la suite d’identifier les indicateurs d’un nouveau type de baromètre sociopolitique et politique politicienne? 
  • Et si c’était surtout pour laver les cerveaux? 

Par ailleurs, pourquoi n’a-t-on pas posé l’autre moitié de la question pour en faire une dissertation objective? Cette autre partie de la question qui alimente la discussion dans les réunions familiales ou privées risque de mettre en valeur le mauvais côté de la vie quotidienne des malgaches en général et des tananariviens en particuliers. En effet, on risque de mettre en évidence :

  1. L’hyperinflation
  2. L’insécurité
  3. L’instabilité et le changement de responsables pour chaque changement de régime
  4. L’augmentation de la corruption constatée et visible et non cachée
  5. Le risque d’une guerre civile
  6. Le matérialisme grandissant des malgaches
  7. L’individualisme par opposition à la valeur « Fihavanana » 
  8. Le népotisme pour occuper les différents postes de responsabilité
  9. La destruction et l’appropriation des biens d’autrui
  10. La désinformation 
  11. La saleté de la ville
  12. Le pain qui n’est plus à Ar200 (la taille est restée à 200Ar mais le prix est redevenu Ar300)
  13. La hausse du prix du carburant qu’on avait promis de faire baisser
  14. Le sentiment généralisé de mal-être d’une grande partie de la population locale
  15. Le chômage, le chômage technique ou le risque de chômage pour certains
  16. Le détournement d’avion répétitif
  17. etc.

En tout cas, Tribune le souligne bien : »Beaucoup auront sans doute prudemment choisi de taire leurs opinions. Ignorant quelle pourrait être la sensibilité politique de l’enseignant qui aurait la charge de corriger leur copie, ils auront tenté de se limiter à narrer de manière aussi neutre que possible quelques généralités sur l’organisation des différentes assises et sur les engagements en matière de calendrier électoral. À la pause de midi, tous les candidats devaient en tout cas croiser les doigts, espérant qu’aucun mot ne provoquerait la foudre d’un correcteur dont on ignorait s’il serait pro-TGV, pro-TIM, pro-Arema ou pro-CRN. »