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A dénoncer ou à tolérer ?

La culture populaire malgache semble être en partie façonnée par les bandes dessinées et le cinéma amateur et semi-professionnel.

Je me souviens, durant mon enfance, que les jeunes et les enfants de mon entourage lisaient la fameuse série de bandes dessinées « Koditra » avec comme personnages préfèrés le professeur Mahiratra, un savant maniaque avec une forme de crâne spécifique, Ra-Danz, le Gaston Lagafsquowhawyd national avec un tee-shirt noir « je msquowhawyden fous » sérigraphie dsquowhawydun éclair et dsquowhawydun pantalon jean, Bobel lsquowhawydhomme cheval, célèbre pour avoir, semble-t-il, vécu réellement du côté dsquowhawydun temple à Ivandry, le lieutnant Ralay, etc.

Ces histoires caricaturent le quotidien des malgaches, avec leurs soucis, leur hantise mis aussi leur espoir. La culture ésotérique populaire et la croyance mélangée à une foi certaine laissent perplexe lorsqusquowhawydon prend du recul. En effet, le malgache vivait et vit toujours avec les « fady » (tabous), le « tsiny » (blâme), le « tody » (réalisation), les différents « fombafomba » (us et coutumes) concernant les anciens, les morts et les différentes divinités malgaches.

Dans la coutume, il est conseillé dsquowhawydaller consulter le « Dadarabe », le « Mpanandro » ou encore le « Mpimasy » (le devin, lsquowhawydastrologue ou encore le marabout) pour construire ou faire construire sa maison ou le tombeau familial.

Dans la vie quotidienne, on se doit de redouter et de vivre avec ces petites magies et sorcellerie. Dsquowhawydailleurs, il est tout à fait normal dsquowhawydentendre, lorsqusquowhawydun personne est anormalement malade, « nasiansquowhawydny sasany, hono ! » csquowhawydest à dire que quelqusquowhawydun lui a jeté un mauvais sort.

Les films malgaches ne sont pas en reste. Ils reprennent facilement ces thèmes dans leurs histoires et malgré le fait que certains réalisateurs essaient de donner une touche dsquowhawydhumour à leur travail, cet esprit reste encore. On parle entre autre « dsquowhawydAmbondrombe » là où les esprits se reposent, de Horombey, de « iKala Pamsquowhawyds » la sorcière, de beaucoup dsquowhawydautres endroits magiques et mythiques du pays.

Voilà pour la partie ésotérique de la culture malgache. Mais le plus inquiétant pour ma part est la présence montante de la violence et de la méchanceté gratuite dans ces supports. Le prochainement dsquowhawydun film qui met en évidence une arme à feu (genre AK 47 ou kalachnikov, des revolvers et des pistolets automatiques), des armes blanches (des sabres, des couteaux, des nunchakus, etc.)

Les enfants reprennent facilement ces gestes en jouant. Et il ne sera pas étonnant dsquowhawydentendre, pour ne pas répéter la scène américaine ou européenne, qusquowhawydun élève a tué son professeur en classe.

Alors B.D. et « filma gasy », faut-il tolérer ou dénoncer ?

J'aime ma patrie et je souhaite le bien des malagasy

6 commentaires

  • tiasary

    J’ai l’impression que l’auteur pense que les différents peuples malagasy sont pacifiques et il ne faut nullement inciter à la violence dans les œuvres cinématographiques ou dans les BD. Je me trompe peut-être. Mais je me pose cette question: En quoi en quoi c’est inquiétant de voir « la montée de la violence » dans ces œuvres. On sait que les BD et les films actuels ne sont que le reflet de notre société. Et vous avez utilisez quel outil pour mesurer cela?
    On parlera toujours des mythes fondateurs de nos sociétés jusqu’à ce qu’on ait clarifié notre conception de la nouvelle religion (chrétienne), introduit par les blancs illuminés de l’époque, et notre conception ancestrales de la spiritualité. Et puis, il n’y a pas des mpamosavy « sorcier » selon le langage moderne, il y a aussi des guérisseurs, des gens qui maîtrisent les plantes. Je le dis encore une fois pour clore mes propos, les œuvres artistiques ne sont que les reflets de la société.

  • Mitiyu

    Merci Tiasary pour ton point vue. J’aimerais t’illustrer un exemple. Dans les différentes presses quotidiennes combien de fois a-t-on entendu parlé d’un père incestueux qui a violé sa progéniture (ou la fille de sa deuxième femme ou maîtresse)

    Au niveau psychologique et sociologique, nous allons prendre 1000 autres pères de famille qui vont lire ce quotidien. Crois-tu que sur les 1000 personne ne va se demander pourquoi ce père a fait cela, et sur ceux qui se demande, n’y aura-t-il, peut-être au moins un qui se demande quel plaisir cela procurera-t-il. Et est-ce que ce dernier ne risque pas de passer à l’acte pour créer un cercle vicieux?

    Un autre exemple, parlons du fameux 11 septembre qui a vu les tours jumelles du World Trade Center attaquées. J’imagine que les arabes sont de fins stratèges et possèdent une imagination débordante, mais ne risque t-on pas de croire, avec sondage à posteriori, que les différentes productions cinématographiques les ont inspiré, donc AVANT l’action?

    Par contre, j’ai une question pour vous, en parlant des blancs illuminés. Qui est-ce qui a apporté la religion chrétienne à Madagascar? les Européens bien sur! mais est-ce que le Christ était-il romain? non, il était juif. Quelle religion s’apparente directement à la religion chrétienne? la religion judéo-chrétienne. Est-ce que les pratiquants sont des blancs-blancs-blancs. Les juifs d’aujourd’hui peut-être mais pas ceux qui étaient en Egypte.

    Par ailleurs, dans le positionnement international des peuples malgaches, nous sommes quand même perçus comme étant un peuple pacifique, accueillant et chaleureux, jusqu’à ce que… et même dans les différents sommets et les différentes rencontres internationaux, le malgache est encore perçu comme tel, du moins jusqu’à ce que… encore heureux qu’on nous accorde cette grâce de ne pas être aussi agressif comme d’autres peuples africains (noirs ou maghrebin)

    Je ne permettrai pas aux oeuvres artistiques d’être un mauvais éducateur qui entraîneront la génération actuelle et future dans une dépravation totale et dans un barbarisme moyenâgeux.

  • ranouraii

    il faut surement dénoncer les films et autres supports qui incitent à la violence, mais pense-tu que « dénoncer » suffit pour améliorer n’importe quelle situation à Mada?

  • Tolotra

    Ca me fait penser aux manga et hentai japonais hyper-violent,mais
    ca ne fait pas du Japon le champion du « taux de criminalité ». Ma réponse est « à tolerer ».
    On était un societé presque parfait auparavant mais il y a une perte d’identité et de repère grandissante(la religion y contribue beaucoup).Les films Gasy ne sont que des suites logiques.

  • manalina

    Petit j’étais fan de koditra, bobel, nofy (une BD de style ninjutsu) etc … qui était tous violent dans un sens ou dans un autre. Aujourd’hui je suis toujours fan de BD et de manga, contenant pour la plupart de la violence, gratuite ou non. Pour moi la culture est une chose qui évolue plus ou moins selon les pays mais qui évolue à coup sur. Certes il faut éviter les dérives et dénoncer quand il y a lieu d’être mais le plus important, ce qui empêchera une personne d’être influencée au point de dévier et de commettre l’irréparable, restera toujours les bases fondamentales : éducation, stabilité familiale etc … et de ce côté c’est loin d’être gagné encore. Parce que c’est bien de dénoncer quand il le faut, mais encore faut il que les personnes comprennent pourquoi, quelles sont les limite s qu’une société peut accepter blablablabla. Et au vue des récents évènements, de ce côté là aussi c’est loin d’être gagné. Bref, mes deux cents ^^

  • tiasary

    Il n’y a pas de société sans violence. C foncièrement humain. Je ne veux pas qu’on emprisonne le malagasy dans cette idée de peuple pacifique. On est pacifique parce qu’on diffère les violences dans d’autres domaines de la société. Les oeuvres culturelles font partie des soupapes de sécurités pour faire exploser les violences, tout comme le sport pour ouvrir le débat. J’étais fan de Koditra et de bobel. Pourquoi? parce cela correspond à mon imaginaire et à ma culture d’origine. Je ne veux pas être le censeur de la violence dans les films malagasy. Je trouve que la réalité a toujours dépassé les fictions et vous même, vous avez pris des exemples de faits divers. Alors laissons faire car la culture évolue et ne laissons pas la censure sévir dans la culture. Faisons confiance à l’esprit de discernement des gens aussi « populaire » soit-il.

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