Des personnalités revenant de la Thaïlande m’ont informé que la crise politique malgache a été suivie pratiquement en temps réel à Bangkok. C’est ahurissant et c’est intéressant à la fois car nous avons la preuve que le monde observe Madagascar.  Avec l’investiture de Andry Rajoelina en tant que Président de la Haute Autorité de l’Etat, mais dont la décoration et les pouvoirs semblent bel et bien ressembler à ceux d’un président de la République – avec le même Grand Chancelier et avec la même Haute Cour Constitutionnelle, une partie de la population tananarivienne a cru à un retour au calme. Mais d’autres ont annoncé que ce n’est que le début d’une longue route sinueuse. « iny lalana iny… » Je me souviens d’un extrait du sketch des Inconnus concernant la bicentenaire de la révolution française. Il y avait une réplique qui semble illustrer le cas malgache : »le peuple a faim et il veut changer de régime »Mais le peuple semble être un éternel insatisfait.  Le pire c’est que le peuple est très changeant. souvent on se dit : « que ceux qui veulent être guillotiner dirige ce pays! » car c’est un métier à haut risque.  Une personnalité qui aurait pu figurer parmi les ministres de cette H.A.T. m’avait exprimé sa vision des choses. Elle pense que le dirigeant fait son peuple. Le peuple est indiscipliné? Le dirigeant n’a pas su les encadrer. Le peuple perd ses valeurs? les dirigeants ont montré l’exemple.Mais que veut le peuple finalement? Manger, Dormir, s’Amuser? Au fond, le peuple n’a que ce qu’il mérite. Pour ceux qui ne comprenne pas l’objectivité de cette phrase, je m’explique.

  1.  Le peuple aime-t-il fournir assez d’effort? assez d’effort pour avoir des compétences nécessaires à un emploi; assez d’effort pour trouver un travail décent susceptible de lui procurer assez de revenu pour subvenir à ses besoins ainsi qu’à ceux des membres de sa famille ou encore pour pouvoir épargner.
  2. Le peuple respecte-t-il les règles. Les règles, les lois ainsi que les disciplines nécessaires à l’ordre du pays. Les règles de base sont elles sues par les enfants et les petits enfants de la génération 1ère République ou plus loin au temps des Rois? (je me souviens que le port de casque et de la ceinture de sécurité a crée une polémique au sein de la population urbaine et seule une émission de radio privée a réussi à faire traverser « une partie des piétons » dans les passages qui leurs sont réservés 
  3. Le peuple aime-t-il travailler? Travailler avec un grand « T » sans contrainte ni pression aucune. Travailler suffisamment pour obtenir une satisfaction personnelle autre que le salaire.   Travailler pour faire évoluer la situation économique et finalement travailler pour mieux coordonner les actions avec le capital social. 
  4. Le peuple possède-t-il assez de rigueur? Pour que les produits artisanaux « made in Madagascar » ne soient plus qualifiés d’échantillons mais serviront de référence sur le marché international. Pour que la main d’oeuvre malgache ne soit plus connu comme étant une des bons marchés mais plutôt de personnel qualifié et rigoureux. 
  5. Le peuple croit-il à sa réussite? Une réussite planifiée et programmée qui, malgré les obstacles, peuvent être atteinte grâce à l’effort, l’autodiscipline, le travail, la rigueur ainsi que le respect de soi-même et d’autrui. 
  6. Le peuple respecte-t-il les valeurs? Les valeurs autant modernes que traditionnels qui pourront réguler leur vie quotidienne. Les valeurs qui leur permettent de reconnaître leur faute au lieu de la rejeter à d’autres. 

L’insularité de l’île de Madagascar est une opportunité et non un handicap. Une opportunité permettant de raffermir les liens et la solidarité des malagasy (et non des mal-gache). Une opportunité de s’ouvrir au monde, à l’Est avec l’île Maurice, l’Asie et l’Océanie, à l’Ouest avec l’Afrique et l’Amérique, au Nord avec l’Europe, le Proche et le Moyen Orient. Une opportunité pour accueillir nos frères des autres pays et ne pas favoriser qu’une seule nation qui risque de ne trouver à Madagascar qu’une terre d’exploitation acquise.  Les 18 ethnies du pays, qui sont en réalité plus que cela, doivent servir de richesse culturelle et non un élément de racisme ou une arme de guerre. Ceci afin de ne plus accepter l’équilibre régional du gouvernement comme étant un épouvantail ayant pour mission de contenir la rage et la ségrégation positive ethnique, mais plutôt comme étant l’illustration de la compétence et de la capacité de chaque entité.  Que ce qui le mérite dirige ce pays et que ce qui n’en est pas digne soit écarté.   Le peuple fait le peuple. Si le peuple aime discuter au milieu de la route, il ne faut pas blâmer les dirigeants, si le peuple préfère ne pas traverser dans les passages piétons, qu’il ne vienne embêter son voisin, si le fonctionnaire préfère entrer au bureau à 11 heures pour partir à 15 heures, qu’il ne vienne pas demander une augmentation salariale, si le peuple aime « gossiping » qu’il meure de son propre poison.  Et finalement, si le peuple tolère la corruption en acceptant qu’un membre de sa famille ou un de ces amis le fassent sans le condamner, qu’il ne vienne pas déranger l’état lamentable des conditions de vie du pays.