Rappelons un peu les faits de cette journée de 17 mars 2009. Marc Ravalomanana a démissionné et a donné le pouvoir au Vice-Amiral Ramaroson Hyppolite. Le directoire militaire n’a duré que quelques minutes seulement car ce dernier ainsi que le Président de la FJKM (chrétien protestant réformiste) et quelques généraux ont été arrêtés par les militaires mutins du CAPSAT à Antanimena (à confirmer car les coups de feu à Antanimena n’ont pas encore cessé). Si on se souvient bien de l’évolution de cette crise, nous avons remarqué que le véritable début était l’inauguration par Andry Rajoelina de la place de la démocratie (ex- jardin d’Ambohijatovo) Il a voulu lancer une révolution orange, théoriquement pacifique, en vue de mettre en place le véritable démocratie à Madagascar. Démocratie… à Madagascar, ce terme semble ne pas vraiment posséder le même sens généralement connu. Il serait normal que, si jamais on développe sa définition normale dans l’émission « Question pour un champion » de France 3, les malgaches ne trouveront jamais la réponse.Démocratie vient des deux mots grecs demos (peuple) et kràtos (pouvoir)  et définit une notion politique et philosophique du gouvernement du peuple. Des notions classiques telles que « liberté d’expression », « élection par suffrage universel », « vote », etc. accompagnent souvent la démocratie. D’autres notions comme « la séparation du pouvoir », « égalité devant la loi » ou autres sont méconnus du peuple. Madagascar était auparavant :

  1.  une République Malgache
  2. puis une République Démocratique Malgache
  3. et finalement redevenu une République Malgache

On assiste actuellement à une nouvelle forme de coup d’état, pas si nouveau que ça mais juste pacifique si on ose s’exprimer ainsi. Ce qui ne reflète pas du tout un esprit démocratique.  On se demande dès fois si répression, chantage, corruption, ou encore trahison font partie de la notion de démocratie universelle… Abraham Lincon a repris le principe énoncé par Périclès comme suit : « La démocratie c’est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple  »  Dans ce cas, si la démocratie est le pouvoir du peuple (ou gouvernement si vous voulez) par le peuple pour le peuple, il est nécessaire de se poser les questions suivantes : 

  • Qui est le peuple? 
  • Comment le peuple a-t-il créé son gouvernement?
  • Le peuple peut-il gouverner? 

Qui est le peuple?Le peuple malgache, suivant le dernier recensement connu, est constitué de plus de dix huit millions d’habitants répartis dans les vingt-deux régions du pays.  Antananarivo contient à peu près deux millions de personnes. Si on essaie de donner une proportion aux partisans de TGV à Ambohijatovo et sur la place de 13 mai, on peut dire qu’avec un minimum de 3000 et un maximum de 100 000 personnes, cela représente 0,15% à 5% de la population tananarivienne.  Si on donne une autre proportion aux personnes qui étaient venus à Mahamasina pour défendre le pouvoir légitime, on arrive avec 5000 à 50000 personnes à une proportion comprise entre 0,25% et 2,5% de la population tananarivienne. C’est principalement pour cette raison qu’on a tenté de vulgariser la « majorité silencieuse » qui représente 80% de la population. On constate ici que le degré d’activité politique des malgaches est très faible. Les politiciens le savent et ils savent aussi que le peuple est changeant.   Comment le peuple a-t-il obtenu son pouvoir? (comment le peuple a créé son gouvernement?)Normalement, l’ordre national malgache décrit la volonté du peuple de créer son gouvernement. Il élit son porte-parole qui sont les députés de Madagascar; mais il élit aussi, par suffrage universel direct, son grand maître qui est le Président de la République. Ce dernier choisit par la suite son Premier Ministre qui crée à son tour son gouvernement.  Le taux de participation aux différentes élections connues varie souvent de 20 à 70%. Cet indicateur démontre l’intérêt de la population pour le choix à faire et/ou l’enjeu de l’élection. Le résultat de la communication effectuée ne tient qu’une faible part dans ce taux.  Le peuple peut-il gouverner? Oui et Non. Oui car il désigne suivant l’élection à faire celui qu’il souhaite voir diriger le pays. Tout le monde ne peut pas gouverner sinon on risque d’assister à un chaos total (exemple: le black monday du 26 janvier 2009)  Le peuple, par opposition à un Roi, au plus ancien ou au dictateur, dirige par le biais de son dirigeant. Le dicton nous affirme que le peuple exprime la volonté de Dieu (Vox populi, vox Dei)  Dans ce cas, il est pertinent de signaler que ce qui est en train de se passer actuellement à Madagascar est tout sauf de la démocratie et il semblerait que ce n’est pas la fin mais le début d’une longue traversée du désert et non pas le début mais la fin de la démocratie universellement acceptée.