A presque deux mois de la première grande perturbation économique et sociale, force est de constater que le malgache n’a pas retenu la leçon d’hier. La société s’accorde à dire qu’il est nécessaire de changer de mentalité, de changer de comportement et surtout de changer d’habitude. OUI MAIS COMMENT? Telle est la question.

Le malgache moyen mange du riz, disons trois fois par jour. On essaie tant bien que mal de manger de viande une fois par semaine au moins pour les nécessiteux et une ou deux fois par jour pour les aisés. Pour l’instant, on ne peut se passer de riz. A la campagne, je me souviens qu’on pouvait manger, pour remplacer le riz d’un mélange de manioc, d’haricot sec et de grains de maïs. L’estomac de ceux qui sont habitués par le riz ne supporte pas généralement ce mélange. Combien sont les malgaches qui peuvent se nourrir qu’avec des fruits et légumes qui sont encore relativement abordables sur le marché local? Je doute qu’il y en a beaucoup.

Je me souviens d’une discussion animée avec un ami et frère bloggeur. Il m’a donné sa vision des choses. Son habitude de parler de l’exemple de la réussite de l’Allemagne et du japon, qui ont été détruits par la guerre, ou encore des pays de l’Asie, qui ont pratiquement connu leur indépendance dans la même période que Madagascar, se trouve en ce jour d’une pertinence considérable.

Qu’est-ce qui manque à Madagascar pour que le pays puisse se redresser, se développer et devenir puissant comme le sont ces pays sus-cités?

  • l’effort
  • la conviction
  • la discipline (ou l’autodiscipline)
  • le respect des règles et des normes
  • la volonté de réussir
  • la VISION
  • le travail (et non l’emploi)

Tout cela manque ardument à notre cher pays. combien de fois ceux qui étaient partis reviennent destabilisés et déboussolés. Combien de fois sont-ils étonnés de voir que les piétons ne marchent pas sur le trottoir, ne traverse pas dans les passages, discutent au beau milieu de la route, etc.

Combien de fois ces gens qui viennent à Madagascar se demande pourquoi il y a tellement de misère alors que de belles villas et de grosses voitures, les derniers modèles du mondial de Paris, sont à Madagascar. Comment cela se fait qu’en restant dix minutes dans un endroit précis de la RN7 il a plus de vehicule tout terrain que les taxi-brousses et les voitures légères réunis qui passent.

Les étrangers, les vazaha comme on dit, qualifie de la vie quotidienne malgache de « moramora » (litt. doucement-doucement). Facilement, le préjugé de l’origine de la pauvreté arrive. Comment se fait-il que ces malgaches si friands de « fihavanana » (une idée solidarité familiale) ont préféré rompre le tissu économique en faveur d’un matérialisme dévalorisant? On blâme facilement les chinois, les indo-pakistanais et depuis peu le français parce qu’ils réussissent à Madagascar alors que « eux » savent se montrer solidaires et s’entraident facilement alors que pour le petit malgache on le considère souvent de G.V.T. (Gasy vao tonga) et on se méfie de l’autre car souvent la relation amicale ou familiale est devenu intéressé.

Alors, changer de mentalité, OUI, on s’accorde à le dire mais dans quel sens, tel est maintenant le débat. Car une fracture sociale existe bel et bien à Madagascar. Les pauvres n’ont pas d’espoir, la classe moyenne tend à disparaître et les riches risquent de perdre du jour au lendemain leur patrimoine. Mais où va ce pays? est-ce que dans quelques années on va encore descendre dans la rue car untel n’a fait que remplir ses poches et n’a pas réussi à enrichir le malgache. C’est désolant d’y penser… Qu’est-ce que la génération future va-t-elle hériter de ce pays?

A nous tous d’y réflechir.