Lors qu’on recherche des articles sur Madagascar, on ne parle plus que de politique et de crise sur le web. Payons nous le luxe de parler d’autres choses dans Malagasy Miray.

Un phénomène inquiétant dans le language quotidien des malgaches est le terme « bizna ». Issu du mot anglais « business », il décrit surtout la façon de gagner un peu sa vie en faisant des « coups ». Ce n’est pas une activité permanente où la personne physique se spécialise au seins d’une personnalité morale.

La classe des entrepreneurs « traditionnels » et la bourgeoisie malgache en général méprise et donne une certaine connotation péjorative à ce terme. Elle considère que ce sont les vendeurs ambulants de téléphones portables sur la place de 13 mai ou encore ceux qui s’aventurent dans la filière pierre précieuse d’Ilakaka ou d’ailleurs qui utilise ce terme.

Et il est désolant d’entendre un peu partout « inona ny bizna mandeha izao e? » pour demander quelle affaire marche le mieux maintenant. Et il faut reconnaître que ce genre de mentalité dénote la qualification de la presse internationale de Madagascar comme figurant parmi les pays pauvres de la planète.

Les ancêtres disaient : « Aleo very tsikalakalam-bola toy izay very tsikalakalam-pihavanana » (mieux vaut perdre de l’argent que perdre ses amis), c’était une des principales valeurs de la culture malgache. Maintenant, le chanteur Jaojoby, le roi du Salegy, a pu vulgariser l’état d’esprit : « Samy mandeha, samy mitady » (chacun pour soi (sans Dieu pour tous))

Arrivé à ce stade, on peut comprendre comment le malgache moyen est arrivé à un tel matérialisme et tend à disparaître. En effet, il a souvent été question de la disparition de la classe moyenne malgache et cela semble devenir une réalité fatale en ce moment.

Revenons à la ligne principale de ce post.

Beaucoup de filières sont à développer dans le pays, beaucoup de secteurs n’attendent qu’à se professionnaliser. Les jeunes d’andafy, les malgaches de l’étranger ainsi que les intellectuels de la grande île affirment que tout est à faire au pays. Mais pourquoi ne le fait-on pas alors?

Je considère que pour les intellectuels, on passe plus de temps à analyser, à évaluer et calculer les risques pour finalement ne rien faire; tandis que les self made men se préoccupent plus de leur enrichissement personnel perdant toute utilité à développer des biens pour la communauté.

Du point de vue économique, en tant que spécialiste du développement rural, je peux affirmer qu’il n’y a aucun avenir certain dans l’agriculture sauf en développant une exploitation industrielle ET une culture de rente et/ou des produits correspondant à l’attente et au besoin du marché international (jatropha, certaines huiles essentielles, le chanvre (et oui! mais pas pour ce que vous pensez) etc.)

Maintenant, à part l’agriculture, la pêche et toute activité halieutique sont toujours porteurs si on se tourne vers l’Europe, l’Asie ou toujours l’Amérique du Nord). Mais que peut-on dire du marché national, du marché local?

Si on reste toujours dans le secteur primaire, on ne créera point de richesse. Il faut de a transformation, beaucoup de transformation pour qu’on puisse créer de la valeur ajoutée. La négoce c’est bien, la revente aussi mais tout cela reste limité, très limité.

Oui mais on a besoin de fonds pour se lancer! diront certains. OUI et NON! si vous avez un projet probant, incluant une création de valeur ajoutée, il y a des organismes et des personnes qui ne demandent qu’à financer.

Faites-vous savoir, montrer vos projets, à la limite nous pourrions vous orienter.