Ah Madagascar, ah sa crise politique!…

A Madagascar, comme un peu partout dans le monde je crois, on a beaucoup entendu parler de Dubaï et de ses constructions pharaonesques… A défaut de pétrole construisons une ville qui ferait rêver!!!… Déjà pour qu’on puisse mettre dans les prospectus « Paris, Milan, London, New york et Dubaï » (souvent on remarque ces endroits sur des produits de luxe ou produits de beauté : donc trendy!)

Il parait que c’est joli Dubaï… Il parait que Singapore est très propre… Il parait que c’est génial aux Bahamas…

Sans queue ni tête!

…passons du coq à l’âne.

A force de faire voir aux petits malgaches autant de strashes et de paillettes, autant de belles filles glamours au plastique de rêve à faire envier les patrons des entreprises à Madagascar; à force de diffuser les fêtes démentielles de la jet set en mal de sensations; de parler à Tana de soirée V.I.P. donc inaccessibles à la majorité des malgaches, on finit par reconnaître et admettre que nous sommes finalement pauvres et malheureux…

Mais est-ce vraiment le cas?

Si je ne mange pas de viande matin-midi-soir ou au pire une fois par semaine, suis-je à plaindre si dans mon voisinage direct il n’y a que des végétaliens et des végétariens?… le goût de la viande… hum!!! mais pour la santé? oooh!

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J’ai vu des films sur des mariages en Tahiti, au bord de la mer bleue turquoise, du bon soleil avec un paysage exotique. Mais au fond, en assistant à un mariage au bord de la mer, à Antsanitia Resort, je me dis que moi aussi je vis dans un joli pays, qui n’a rien à envier aux autres. Et là on parle juste d’Antsanitia et pas encore de Nosy Be…

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J’ai toujours rêver de vivre un noël blanc, blanc de chez blanc comme on dit avec beaucoup de neiges rehaussées par des lumières très colorées. Cette année, cela s’est produit. Plus blanc que fin 2008 début 2009 tu meurs!*

Mais voilà, j’aime Madagascar malgré ses cyclones, avec ses plages d’une blancheur virginale qui me rappellent des intenses moments et des souvenirs inoubliables. J’aime me bronzer à côté de l’abribus en pensant qu’ici au moins je n’ai pas besoin de payer en plus la JIRAMA avec le besoin en chauffage.

Il fait chaud dans mon île natale. J’aime mon pays!

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A Tana, on organise des jeux, des tombolas pour faire gagner des voyages en Europe, en Chine ou ailleurs à l’étranger. Mais jamais on ne m’a proposé un jeu où je pourrai gagner un séjour complet aux Tsingy, à Nosy Iranja ou encore dans la baie de Narindra (en tout cas pas à nosy Lava même s’il parait que la mer et la plage sont géniales).

Il existe beaucoup d’endroits où je ne suis jamais allé, Libanona à Fort-Dauphin, la place Colbert à Diégo-Suarez, la crique de Sainte Marie, la grotte d’Anjohibe à Majunga, les villages du canal de Pangalana, Manakara ou encore Zahamena. Je n’ai jamais vu les flammands rose dans le lac sauvage entouré d’une forêt dense dans la région Betsileo, une chute d’eau en prime.

Mais je me souviens dans mon enfance à Miarinavaratra, un village de chercheurs d’or dans le centre-sud, entouré de forêt tropicale reliant l’ex province de Fianarantsoa à l’ex-province de Tamatave. J’y ai découvert le tsihy ou comment fabriquer des chapeaux, des tapis, des sacs, etc. avec du raphia; on m’avait habillé de « sarotro » des Tanala (pas tanalahy ou caméléon mais Tanala ceux qui vivent dans la forêt; sarotro c’est une sorte d’imperméable faite de raphia tressé. On a chassé les oiseaux avec du « dita » une sorte de substance très collante; on faisait encore du feu avec un briquet constitué de deux morceaux de silex et une sorte de coton très inflammable le tout renfermé dans une corne de zébu. J’y ai joué au gardien de zébu. On a puisé l’eau à la fontaine et non pas dans un puit. On m’avait fait traversé pour la première fois de ma vie une rivière pleine de caimans. j’y ai découvert la fabrication du tabac tressé (et oui, les tabacs ne sont pas toujours dans du papier ou à mettre dans une pipe) et du tabac à chiquer.

On m’avait montré que l’artisanat Zafimaniry permet de construire une maison, ou plutôt une grosse cabane sans faire appel à aucune accessoire métallique (clous en bois, chevrons en bois, cadenas en bois, serrure en bois, tout est en bois d’ébène ou de palissandre). Quelle richesse! et dire que cette région ne représente qu’un peu plus d’un vingtième de la richesse culturelle malgache.

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Dire qu’on disait  » trano atsimo sy avaratra, izay tsy mahalen-kialofana » pour illustrer la solidarité et la fraternité d’antant malgache, maintenant on dit « ferme bien le portail, demande l’identité de la personne à travers la grille avant de l’ouvrir »

Dire qu’on disait « tanana havia sy havanana, izay didi-maharary » pour illustrer la compassion et l’empathie ancestrale des malgaches, maintenant on dit facilement « heureusement que cela ne m’est pas arrivé »

Dire qu’on disait « … na ho lany aza ny ala atsinanana » maintenant on cherche à protéger l’environnement et à reboiser pour la biodiversité.

Ah Madagascar, ah sa tradition…