Note:Ce billet est une réponse à la question de Vola dans le billet précedent:Obamalagasy. ( juste pour eviter un risque d’indigestion sur ce sujet, circulez, circulez…:) )

Ayant été bombardé ici de nouvelles politiques pendant 1 an ½ , qu’on le veuille on non, çela laisse des traces et pousse aussi à s’investir plus que de raison dans un sujet qui nous concerne peu.
Pour ne prendre personne par surprise, j’ai fait du volontariat pour la campagne d’Obama dans l’Indiana de Mars à Novembre. En d’autre termes, pour une analyse politique neutre, il va falloir trouver ailleurs.

Mais je vais essayer d’expliquer le pourquoi de ce geste bien qu’évidemment, je ne peux absolument pas voter. 
L’obamania mondial n’est plus à présenter. C’est devenu tellement banal que le fait de tourner en dérision les obamaniaques est aussi devenu un cliché assez commun.

C’est chose facile quand on voit le Japonais d’Osaka fondre en larmes en entendant l’annonce de la victoire du parti democrate ou le le norvégien d’Oslo embrasser sa douce comme si ils venaient de renouveler leurs voeux. “Mais qu’est ce que cela peut bien leur faire ? “ entend-t-on souvent (pour ne pas employer une phrase plus vulgaire).

Il est possible que ces millions d’obamaniaques aient été hypnotisé par une magie noire êxtremement potente en provenance de Nakuru. Possible, mais personellement j’en doute. Après tout, j’en fait partie :).

Personellement, je pense que pour beaucoup d’entre nous, c’était la reconnaissance d’une manière de faire en politique que beaucoup souhaiteraient être dupliquée dans leurs propres pays (laisser les attaques ad hominem de coté, rassembler plutot que diviser).

C’était aussi une réaction contre la facheuse tendance à prendre le public pour un magnus ignorantum qui se laisserait persuadé facilement par des insinuations de collaboration avec terroristes, d’islamisation masqué et d’agenda trotskiste.

C’etait aussi la chance de mettre enfin un terme au dogme du “with us or against us” américain.

L’accusation de naiveté de l’obamaniaque lambda est un peu superficielle. Oui, l’obamaniaque sait bien que “that one” est avant tout un politicien, comme bien d’autres, calculateur et ambitieux et qu’il va d’abord s’assurer de la protection des intêrets des siens, puis le reste on verra.

L’obamaniaque se doute aussi que madame Obama s’est plus d’une fois plainte que Barack a encore laissé échapper une flatulence nauseabonde au lit. Francis Turbo et Michelle Obama, même combat.

Bref, Il va décevoir, certes mais n’est-ce pas cela la définition même de gouverner ?

Alors pourquoi avoir été autant impliqué ?

J’ai eu la chance d’entendre Obama de vive voix deux fois. La première fois, c’était dans un gymnase avec 5,000 personnes qui avaient fait la queue sous une pluie torrentielle. Il avait répondu de manière directe à un étudiant sur le coût de l’éducation ici: 1 an de service nationale en échange de bourses universitaires pour 4 ans. Cela m’a semblé correct comme proposition.

La deuxième fois, c’était à un symposium à huis-clos sur la politique énergetique et le terrorisme òu j’ai été admis en tant que blogger (l’équipe Obama a une maitrise indéniable du web 2.0). Obama maitrisait son affaire sur les énergies nouvelles ( se moquant de l’insistence de l’autre camp à vouloir se procurer du pétrole dans des sites de conservation écologique) mais reconnaissait ses lacunes sur le terrorisme biologique. Il a alors ecouté son panel intensément et au vu de ses questions, il était clair qu’il avait intégré les nuances complexes du problème: (« on ne peut empecher la culture d’Anthrax mais on devrait reagir plus efficacement a une alerte » dit-il)

Car c’est bien la que réside l’attrait du Senateur de l’Illinois, c’est cette capacité à admettre ses lacunes et à ecouter un avis plus éclairé, même si cela va à l’encontre de ses propres intuitions. Le contraste avec son prédecesseur qui définissait les problemes du monde en “evil vs good” est saisissant.

Voila pourquoi une dame à Toronto a écrit qu’elle aurait aimé qu’Obama soit canadien ou que le 5 Nov. est maintenant fête nationale au Kenya. Ces bizarros ne demandent pas d’Obama qu’il multiplie les morceaux de pains, ils éspèrent qu’il va écouter chaque argumentation raisonnée et laisser de côté les impulsifs et fanatiques. Bien des dirigeants et faiseurs d’opinion actuels pourraient en prendre note.

Desolé d’avoir trainé en rallonge Vola, je voulais faire plus court mais on ne dit pas au revoir à 4 mois de campagne aisément (voir la parodie ci-dessous). Les flatulences des volontaires de la campagne d’Obama, comme celle d’Obama j’imagine, ne sont une panacée pour personne.


Obama Win Causes Obsessive Supporters To Realize How Empty Their Lives Are

PS: Et puisque on parle d’élection, si vous avez 2 secondes, ca serait formidable si vous pouviez voter pour Rising Voices sur le site de la Deutsche Welle ( Pas d’Obamination dans ce coin, promis).