Avec les six nouveaux condamnés à mort à la une de ce jour, le grand quotidien malgache midi-madagasikara.mg a fini par reconnaitre que « la peine capitale est encore appliquée à Madagascar »

Le verdict du tribunal est tombé comme un couperet pour les auteurs du meurtre de quatre adolescents à Ambohitsara, dans le district de Mananjary, l’année dernière [ndlr. 2007]. La peine capitale pour les six principaux auteurs.

[La peine capitale est encore appliquée à Madagascar : Six personnes condamnées à mort – midi-madagasikara – 30.10.2008 >>]

Effaçant du coup ses erreurs d’il y a à peine 3 semaines, lorsque rapportant les propos erronés attribués à Maître Maria Raharinarivonirina, ce quotidien titrait que « la peine de mort n’est plus prononcée à Madagascar »

« depuis 2006, les Cours Criminelles Ordinaires ne prononcent plus la peine de mort à Madagascar qui est un pays abolitionniste de fait ». Il fait partie des 35 pays considérés comme « abolitionnistes en pratique » par l’Union Européenne.

[La peine de mort n’est plus prononcée – midi-madagasikara11.10.2008 >>]

Je félicite ce journal même si une note rectificative mentionnant l’erreur, de la part de la rédaction aurait été la bienvenue. Mais en comparaison du silence radio de Maître Maria Raharinarivonirina à qui ces propos sont attribués, on doit sans doute estimer que c’est déjà beaucoup.

Comprenez-moi, avec la présidente de l’ACAT- Madagascar [Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture], nous sommes nombreux à partager ce désir commun d’un monde avec moins de barbarie, dont le chemin passe aussi par l’abolition de la peine de mort à Madagascar. Mais ce chemin risque d’être long et semé d’embûches et « de tous les dangers, le plus grand est de sous-estimer son ennemi » [Pearl Buck prix Nobel de littérature 1938] alors restons vigilant.