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Célébration de la journée mondiale contre la peine de mort à Madagascar : un nouveau condamné à mort


A l’occasion de la 6me journée mondiale contre la peine de mort, j’encourageais le gouvernement malgache à continuer dans la bonne direction qu’elle a amorcée de s’être prononcé pour un moratoire sur les exécutions des peines de mort.

Après une rapide revue de presse, je ne puis qu’être affligé d’apprendre les propos tenus par Maître Maria Raharinarivonirina présidente de l’ACAT- Madagascar [Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture] qui a déclarée publiquement que « depuis 2006, les Cours Criminelles Ordinaires ne prononcent plus la peine de mort à Madagascar » alors que le jour même une nouvelle condamnation à mort allait agrandir les rangs des condamnés.

A l’occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort, l’ACAT – Madagascar a organisé hier [ndlr. 10.11.2008], à l’Alliance Française de Tana [ndlr. AFT], une table ronde qui a vu la participation de plusieurs personnes physiques et morales (ONG, associations, ministères, ambassade de France, enseignants, hommes d’Eglise, parlementaires…) œuvrant dans le domaine des droits de l’Homme […]
En ce qui nous concerne, Me Maria Raharinarivonirina de faire remarquer que « depuis 2006, les Cours Criminelles Ordinaires ne prononcent plus la peine de mort à Madagascar qui est un pays abolitionniste de fait ». Il fait partie des 35 pays considérés comme « abolitionnistes en pratique » par l’Union Européenne

[La peine de mort n’est plus prononcée – midi-madagasikara11.10.2008 >>]

Un jeune bandit a été condamné à mort pour meurtre, vol et détention d’arme illégale, d’ailleurs volée […]
Ce crime qu’il a commis en compagnie de ses camarades la nuit du 23 octobre 2004, a été accompagné de coups et blessures sur la personne de Florentine R., l’assistante du premier. Mais les charges contre ce brigand de grand chemin connu sous le prénom de Haja ont été alourdies de la détention d’arme sans autorisation. Celle-ci avait été volée sur la victime […]
C’est de cette manière que la carrière de Haja est finalement arrivée à son terme, contexte qui devrait le conduire au poteau d’exécution.

[Soavina : Haja condamné à mort, vendredi 10.10.2008 – madagascar-tribune.com – 13.10.2008 >>]

L’erreur est humaine et la moindre des choses serait que Madame la présidente de l’ACAT- Madagascar rectifie ses propos. Pour ma part apprendre le verdict d’un nouveau condamné à mort en pleine célébration de la journée mondiale contre la peine de mort à Madagascar … me renforce dans ce sentiment d’urgence. Reste la question de savoir qui va prendre la défense des condamnés à mort si à Madagascar les ONG sensées se battre à leur côté servent de « simple porte-parole » du gouvernement ?

3 commentaires

  • JEAN CLAUDE

    Pour votre information, je vous indique qu’à la suite de cette déclaration surprenante attribuée à la présidente de l’ACAT madagascar, j’ai contacté celle-ci par e-mail.
    Je vous communique le cotneu de nos échanges:

    MESSAGE ENVOYE LE 24 OCTOBRE :

    « J’ai pris connaissance avec grand intérêt des propos optimistes de Me Maria Raharinarivonirina, présidente de l’ACAT Madagascar, prononcés à l’occasion de la Journée mondiale pour l’abolition de la peine de mort, ce 10 octobre.

    Cependant, je suis surpris de l’affirmation qu’il lui est attribuée par la presse malgache selon laquelle « depuis 2006, les Cours Criminelles Ordinaires ne prononcent plus la peine de mort »

    En effet, 21 paysans ont été condamnés à la peine capitale en novembre 2007 pour avoir résisté aux forces de l’ordre venues les expulser de leurs terres. Cette condamnation a d’ailleurs donné lieu à une pétition sur Internet (cf. presse malgache de juillet 2008)

    Enfin, la presse malgache relève que le jour même de ces déclarations, un jeune homme reconnu coupable de meurtres et de détention d’armes a été condamné à la peine capitale…

    Sincères salutations »

    REPONSE DE LA PRESIDENTE DE L’ACAT :

    « Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez aux activités liées aux droits de l’homme à Madagascar, notamment à celles de l’ACAT.
    Néanmoins, au-delà de l’optimisme dont nous faisons réellement preuve dans notre association, par le fait que la proposition de loi portant abolition de la peine de mort a reçu la bénédiction du gouvernement malgache et est en attente d’être à l’ordre du jour des sessions parlementaires, il ne faut pas vous étonner de ce que la presse a publié, la presse étant ce qu’elle est, libre ……

    Lors des débats, je reconnais avoir affirmé que depuis la nomination en 2007 (et non en 2006) de la nouvelle ministre de la justice, il n’y a plus eu de condamnation à mort par les Cours Criminelles malgaches. Il faut préciser que la nouvelle ministre a été nommé en fin octobre/début novembre 2007.
    Le journaliste l’a traduit tel qu’il a été rapporté dans les journaux.

    Par contre, il faut admettre que la nouvelle condamnation qui aurait été prononcée le 10 octobre, jour de célébration de la 6ème journée mondiale, peut sembler relever de la provocation. Cela peut se comprendre, car l’insécurité prévaut grandement dans le pays. La France elle-même, du temps où Me Robert BADINTER était ministre de la justice et a fait adopter la loi portant abolition de la peine de mort, la majorité des français était favorable à la peine de mort. Que cela ne nous décourage point et gardons notre foi.

    Nous vous invitons à prier avec nous pour que la violence s’éloigne de notre monde.

    Et encore merci de votre intérêt. »

    DERNIERE HEURE :

    Le quotidien malgache « Les Nouvelles » de ce 5 novembre donne l’information suivante sur son site Internet :

    « Six personnes condamnées à la peine capitale. Six des sept personnes impliquées dans la mort d’un jeune garçon en 1995 ont été condamnées à la peine de mort, hier, par la cour criminelle. Octobre 1995, Andoniaina, alors âgé de 13 ans, avait mystérieusement disparu. Son corps inanimé, démembré et couvert de traces de torture, a été découvert à Ambatobe quelques jours après sa disparition. Sept personnes ont été suspectées du meurtre. »

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