Le héros de Hergé Tintin n’avait pas froid aux yeux lorsqu’il a fallu découvrir les mystères de l’île Noire. Cette fois, il ne s’agit pas de fiction mais de réalité et le compagnon du Capitaine Haddock n’a rien à voir dans l’histoire.

Madagascar était autrefois appelée : l’île Verte. Verte grâce à ses fôrets primaires sa flore endémique et toute la richesse végétale que possédait le pays. Le besoin de l’homme a transformé ce paradis floral en une île rouge. Rouge à cause de la couleur de la terre vu du ciel, rouge car il ne reste plus rien de cette végétation luxuriante que des soupçons de broussailles que même les zébus peinent à se les approprier.

Cette fois, je pense qu’il serait temps de qualifier la Grande île d’île Noire. Noire de par la couleur des cendres qui restent à cause des feux de brousse.

Cette année, ce phénomène, ou plutôt devra-t-on dire ce malheur est alarmant. Pour avoir une certaine idée des surfaces touchées il suffit d’observer sur plus d’une centaine de kilomètres les traces laissées par les feux de brousse du côté de Tampoketsa, vers la route de Majunga; ou encore dans la région d’Amoron’i Mania. 

C’est désolant comme spectacle et c’est triste que la conscience collective puisse trouver cela normal.

On a pu avancer trois principales raisons :

1 – la plus classique : pour la culture sur brûlis pour ne pas avoir à travailler, à labourer la terre : donc par paresse.

2 – la plus improbable : incendie criminelle, juste pour le plaisir des yeux ou encore pour passer le temps ou finalement dans l’espoir de voir la pluie tomber.

3 – la plus curieuse : par accident. Car il se pourrait qu’avec le réchauffement climatique, la chaleur et la sécheresse, des conditions incroyables puissent créer l’incendie.

Bref, dans les trois cas il s’agit toujours d’irresponsabilité. D’un des responsables et de l’autorité locale. De deux de la population locale. De trois de la conscience collective générale qui admet qu’une telle situation puisse exister sans qu’on puisse rien y faire. Fatalité quand tu nous tiens.

In fine, laissez-moi rêver d’une île multicolore et zen. Multicolore par la variété de sa végétation luxuriante et par la diversité de son écotourisme qui sera étendu sur une plus grande échelle. Imaginez un seul instant qu’à la sortie de la ville vous tomber directement dans un parc ou une réserve naturelle proche de l’image du paradis terrestre qu’on se donne.

Aaaaaaaaahhhhhhhhh!!!!