Voici une vidéo très intéressante, sur l’enjeu de la lutte contre la malnutrition.

Pourquoi investir dans la nutrition<Voix off> Madagascar est un pays où généralement la population jouit d’une nature généreuse et d’une terre fertile. La malnutrition pourtant, sévit toujours dans le pays. Elle touche encore la moitié des enfants de moins de 5 ans. Les signes extérieures ne sont pas toujours reconnues et les victimes elles-mêmes n’en sont pas conscientes. C’est pourquoi la communauté ne se rend même pas compte de son existence. La malnutrition attaque en premier lieu les enfants de bas âge et les mères, puis les enfants en âge d’être scolarisés, et plus tard, les adultes qui seront main-d’oeuvre de notre économie.

Le développement durable auquel nous aspirons tous pour Madagascar s’appuie inévitablement sur la qualité des ressources humaines, à la fois les bras mais aussi la matière grise d’un développement rapide et durable. Les principaux problèmes nutritionnels à Madagascar ont trait aux retards de croissance, au déficit pondéral, à la pratique inadéquate de l’allaitement maternel, et aux carences en vitamine A, iode et fer.

Habitudes alimentaires inappropriées, soins inadéquats, insalubrité, problèmes d’accès aux services de santé, insécurité alimentaire, telles sont les causes sous-jacentes de la malnutrition. Tout cela réduit considérablement la chance de survie et la potentialité de la mère et de l’enfant, ainsi que de l’écolier et de l’adulte travailleur.


Survie des enfants de moins de 5 ans

Les désastres de la malnutritionPour les enfants de 0 à 5 ans, la malnutrition constitue aujourd’hui la cause principale de mortalité. 54% des décès des enfants de moins de 5 ans sont attribuables à la malnutrition.
Il est important de souligner que la malnutrition est un phénomène très précoce qui survient dans la petite enfance d’un trop grand nombre d’enfants malagasy.

De la question de la baisse de poids des enfants:

Les viandes, poissons et oeufs sont des aliments indispensables pour la croissance des enfants. Pourtant les enfants ne mangent pas souvent ces produits à cause de la situation économique. C’est ce qui réduit le poids des enfants.

Les chiffres parlentL’enfant qui survit à la malnutrition et aux maladies associées, garde les séquelles intellectuelles et physiques, toutes irréversibles, jusqu’à la fin de sa vie. Mais si le niveau de notre effort reste tel quel, des dizaines de milliers d’enfants paieront de leur vie sur les 10 ans à venir.

  • La mauvaise pratique de l’allaitement maternel: décès de 40 000 enfants de moins de 1 an.
  • La carence en vitamine A: 41 000 enfants de moins de 5 ans.
  • La malnutrition protéino-énergétique: décès de 197 000 enfants de moins de 5 ans.

Education des enfants de 6 à 14 ans

Pour un meilleur rendement scolairePour les enfants en âge scolaire de 6 à 14 ans, la malnutrition a des conséquences particulièrement néfastes sur le développement intellectuel.
Prenons l’exemple de la carence en iode. L’iode est essentiel au développement du cerveau, dès la conception de l’enfant. Pour les populations où la carence en iode est endémique comme à Madagascar, le QI est réduit en moyenne de 13.5 points.
La malnutrition provoquée par la carence en fer a aussi des effets particulièrement graves sur le développement cognitif des enfants de bas âge.

Faible rendement scolaire, taux de redoublement élevé, abstentéisme, abandon scolaire, ce sont des problèmes auxquels notre éducation est confrontée.

Une petite partie seulement des enfants de cet âge parviennent en classe de 6è, alors que Madagascar consacre aujourd’hui de lourds investissements afin de donner la meilleure éducation aux futures ressources humaines.
Quand 68% des enfants d’âge préscolaire sont anémiques, et que le rendement scolaire soit vital pour l’avenir de notre pays, investir dans l’amélioration de l’état nutritionnel des enfants malagasy devient un impératif pour mieux rentabiliser les efforts dans l’éducation de base.

Productivité économique de l’adulte et développement

Les conséquences de la malnutrition sur la productivité économique sont aujourd’hui peu connues, même si elles sont incommensurables. En effet, l’enfant malnutri en bas âge deviendra plus tard une main-d’oeuvre qui ne disposera plus de sa pleine potentialité physique et intellectuelle. Le travailleur aura une santé plus fragile, s’absentera plus facilement, et surtout ni son rendement, ni sa productivité ne seront optimum.
Les pertes de productivité future provoquées par la malnutrition pourraient coûter à l’économie malagasy 2,15 milliards de dollars d’ici 2015.

Que devons-nous faire?

Investir dans le développement durableInvestissons aujourd’hui dans la nutrition pour un développement durable.
Les solutions sont devant nous. Le pays se fixe d’ici 2015 de réduire de moitié la pauvreté, y compris par la réduction de moitié de la malnutrition.

Mme RAHANTANIRINA Perline, directeur de la santé et de la famille:

Des résultats sont déjà obtenus à partir des efforts engagés avec les partenaires nationaux et internationaux.
Le taux d’allaitement maternel exclusif de 24% en 1997, atteint aujourd’hui 67.2%.
Le retard de croissance est descendu de 50% en 1992 à 45% en 2003 et le le taux de goître de 40% en 1992 à 5% en 2003.
Le taux de malnutrition au niveau communautaire a sensiblement régressé à 43%. Pourtant, si l’on se réfère aux objectifs de développement du Millénaire, beaucoup reste à faire pour concrétiser la politique nationale de la nutrition.

Pour ce faire, il nous faudra:

  • réduire de moitié le retard de croissance et l’insuffisance pondérale
  • augmenter le taux d’allaitement maternel exclusif de 67% à 90%
  • réduire de moitié l’anémie chez les femmes en âge de procréer
  • éliminer les carences en vitamine A

Constituer dès maintenant une génération future pleinement apte pour le développement exige que la nutrition soit considérée comme une composante essentielle des politiques et des plans de programme de développement du pays, dans le MAP et autres programmes sectoriels.
Il faut aussi une stratégie d’investissement volontariste en matière de nutrition qui tienne compte du rapport coût-bénéfice et des gains qui en seront tirés.

Mr RAVELOHARISON Ambintsoa, coordinateur national de l’ONN:

Par un investissement massif, des milliers de vie d’enfants et de mère vont être sauvées, et de lourdes pertes économiques évitées. Les investissements de la nutrition figurent parmi les investissements les plus rentables pour un pays. Le rapport coût-bénéfice est de 8.5: chaque 1 $ investi va rapporter ou développer 8.5 $ de bénéfice.
En conclusion, si nous arrivons à réduire de moitié la malnutrition en 2015, un gain de productivité économique de 475 millions de dollars nous attendent sur les 10 prochaines années.

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En collaboration avec le Ministère de la Santé(avec un blog svp!), la Banque Mondiale, l’Unicef, l’USAID, l’Office National de la Nutrition, l’AED, et en partenariat avec Digital Development Communications.