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Intégration, identité

Je suis inscrite depuis un certain temps sur le blog, mais jusque là je ne prenais pas le temps de le visiter, ni même d’y poster des articles. Alors je me présente, je m’appelle Julie, je suis française, étudiante à l’école des beaux arts d’angers, j’ai quitté Mada pour les études, mais je souhaite garder contact le plus possible avec ce pays.

Si je prends le clavier aujourd’hui c’est parce qu’il y a un certain nombre de questions qui me préocupent et j’aimerais avoir des avis dessus…

Pour ceux qui sont actuellement en France, vous devez comme moi vous faire rebacher les oreilles à propos des questions d’identité nationale…. Qu’est-ce que ça veut dire en 2007 à l’heure de la mondialisation où les gens sont [supposés] pouvoir se déplacer librement ?!… Je me suis donc dit récement, c’est quoi un français?… Je n’ai pas la réponse, c’est quoi un malgache? non plus. Toujours est-il que personnellement j’ai du mal à adhérer à l’une (éduquée à la française, je ne me reconnais pas trop dans les valeurs de ce pays) ou l’autre culture (je ne crois pas pouvoir y prétendre, même si chez moi c’est madagascar, quoi que j’y fasse) … je ne peux pas faire de choix … si ce n’est de respecter ces deux entités.

A part ce cas de conscience personnel, on me laisse vivre en paix, j’ai la nationalité française, j’ai l’impression d’être « bien née » (dsl ça fait moyen-age, noblesse & co, mais vraiment des fois j’y pense), c’est aberrant !!!… Depuis 3 ans que je fais mes études, je ne rencontre que des personnes qui ont des problèmes de papiers, leur vie est en sursis, ils sont controlés régulièrement, ils deviennent parfois « clandestins » pendant plusieurs mois pour cause de négligence administrative et leur sort est gardé par des fonctionnaires très peu passionnés par leur boulot, alors autant dire pas actifs à 100% (excusez-moi, vision très personnelle de l’administration, cela n’engage que moi)… Ce n’est pas une vie (sans parler des discrimination et des getthoisation qui vont avec)… Je repense à mes parents, qui chaque année depuis 14 ans doivent faire des taratasy et des taratasy pour se voir obtenir une carte de résident périmée depuis 3 mois, c’est usant, mais en même temps ils ne subissent pas tant de discriminations que les étrangers en France…

Bon, j’en viens au fait, je travaille actuellement sur l’intégration des étrangers en france (dans le domaine artistique,…ça sera peut être un film ou des photos, ou du son… je n’ai pas décidé encore), l’ambiguité de la double identité, et l’adhésion à des valeurs (peut être nationales) dans un contexte mondial. J’aimerais essayer de comprendre les problèmes existants, et denoncer l’absurdité du rejet multiculturel dans une époque où la pluri identité est le maitre mot : on choisit d’adhérer à une philosophie bouddhiste, alors qu’on est autralien, et on a une passion pour l’Allemagne…. Pourquoi dans ce cas ne pas accepter que le pape soit noir, que son voisin soit jaune, et que la maîtresse de classe soit rouge?!….

Avoir le recul de quelqu’un qui a passé 12 ans de sa vie dans un pays étranger au sien, m’apporte un certain oeil critique, mais je suis quand même très subjective.

Alors, je voulais avoir votre avis, où que vous habitiez, et peu importe votre origine. Connaissez vous des problèmes d’intégration ? Que pensez-vous des étrangers qui sont dans votre pays, ou sinon, comment vivez-vous le fait d’être étanger dans le pays où vous êtes ? comment vivez-vous la double identité (culture malgache et française)? si vous avez des commentaires, des témoignages, des contestations n’hésitez pas.

Merci.

jukly.

10 commentaires

  • lova

    Tonga soa Jukly,

    J’ai bien hate d’en savoir plus sur ta perspective sur la double-identite, peut-etre quand ton projet sera pret.
    Je crois que nous sommes tous un peu subjectifs sur le sujet de l’identite, pour diverses raisons et c’est tant mieux.
    L’identite a toujours ete une notion un peu difficile a definir personellement alors je remercie certains gouvernements qui ont decide de le definir pour nous…. 🙂
    « je ne peux pas faire de choix … si ce n’est de respecter ces deux entités »
    …je ne peux qu’adherer de tout coeur a cette phrase.

    Bonne continuation,

  • vola sista

    Ton article me rappelle beaucoup les discussions et commentaires qu’il y a eu par rapport à un article sur le site. de Tattum. Il y a eu différents points de vue abordés sur la question de l’identité, de l’immigration… qui pourraient t’intéresser! un article récent (« Confidences d’une malgache vivant en France ») sur http://www.tattum.canalblog.com . Tu devrais y faire un tour! je ne suis pas en train de faire une pub, loin de moi l’idée! désolée:D

  • Tattum

    Vola sista> 😉

    Jukly> tout d’abord, ravie de te lire sur MM!
    Tout comme Lova, je suis très curieuse d’en savoir plus sur ton projet. Mon point de vue personnel, j’ai effectivement eu l’occasion de l’exprimer dans ce post , mais j’ai encore à dire sur les questions que tu poses.

    Perso, je n’ai pas eu de réelle souffrance à témoigner en tant qu’expatriée. 🙂
    Contrairement à d’autres Malagasy (et non tous les Malagasy) et autres étrangers, j’ai plus d’amis de tous horizons ici que d’amis malagasy. Et j’ai été étiquetée par les miens pour cela. Par ceux qui sont continuellement en bande entre gasy, qui sortent entre gasy, qui mangent entre gasy, etc…
    Dès mon arrivée, j’ai jugé plus utile et plus intéressant de découvrir davantage ceux et ce que je connais moins, plutôt que de chercher à reproduire systématiquement un cadre familier. Qu’on se le dise: cela influe beaucoup sur l’intégration. Intégration ne signifiant en aucun cas perte de son identité, à moins qu’on vienne me dire le contraire. 🙂

    Là d’où tu viens, ton sang, ta terre maternelle, ta langue première te définissent. Mais j’aime me construire dans la pluri-identité justement. Et plus encore depuis que je vis dans une région à lexcès d’identité justement jusqu’à en devenir obtus pour ne pas dire plus. Mon premier conseil reste alors: élargissez vos horizons! 🙂

    C’ets vrai, j’ai eu la chance d’avoir de très bons amis basques, très fiers de leur pays comme ils disent et il y a de quoi. Ils restent très attachés, mais j’ai été très bien accueillie même dans les plus pommés des villages, réellement sympathiques.
    On connaît les caractères des Bretons et des Corses, mais très bien passé également. Ma meilleure amie venant de la bourgeoisie bordelaise aux grands châteaux, est ma meilleure amie donc ma foi je dirai simple et ouverte. J’entends par là des clichés.
    Avec les Alsaciens, jusqu’à preuve du contraire, ça se passe bien aussi dans les rapports frontaux (face à face) mais d’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais vu un tel enfermement. Déjà entre eux selon que tu viennes du nord de l’Alsace ou du Sud. Et dans le Sud, selon que tu viennes du pays de la carpe frite (sic) ou non. Et aller dans le département limitrophe non alsacien signifie traverser la frontière. Lourd. Très lourd, même pas drôle, désagréable au possible, ne donne pas envie d’apprécier.

    L’identité est une question de tolérance et de mutualité. Tu es et tu partages et réciproquement. La difficulté doit venir de la non-compréhension de ce trésor caché. 🙂 (et soupirs)

  • Tattum

    PS et HS: bientôt plus d’excuses pour avancer le boulot sur Malaga@sy Miray pour achever tous les projets en stand-by. Dont l’intégration d’outils pour des brainstormings et échanges pour ceux qui ont des projets.
    Plus le thème, plus plein de choses. A venir prochainement!

  • vaomiera

    Pour moi, l’integration n’est pas un droit. On a toujours tendance à trop souvent écouter ceux qui disent qu’ils ne sont pas acceptés ni integrés parce qu’ils sont étrangers. Ont-ils fait au moins quelque chose pour y arriver?
    Un groupe d’amis s’enrichit de ce que chacun peut y apporter. Une communauté s’enrichit de l’apport de tous ses membres.
    Je pense que la meilleure facon de s’integrer en France (ou ailleurs) est d’y apporter sa contribution pour le benefice de tous.
    Sinon, c’est le sentiment de communautarisme que l’on retiendra des etrangers qui restent souvent entre eux, font seulement leur musique, cuisinent seulement leurs plats nationaux… Ce qui n’est pas condamnable en soi mais je prefere les gens qui m’apportent quelque chose à ceux qui veulent seulement me ressembler ou qui veulent m’imposer leur culture.
    Bref, s’integrer c’est rentrer dans un ensemble pour pouvoir construire ensemble.
    Maintenant, pour les papiers et les critiques sournoises, cela fait partie des aléas de tout immigrant.

  • Elsifaka

    Avé Jukly !

    Miarahaba anao tonga soa eto amin’ny MM ny vorontsaradia.

    Je ne suis pas en France mais j’y ai habité quelques années. sinon, je suis un vrai gars d’Antsirabe.
    Je suis actuellement à Saigon, à la guerre comme à la guerre…
    Je réponds à tes questions à partir de où je suis.

    C’est quoi un français ?
    toute personne qui n’a pas de trait vietnamien qui parle français est française. (j’en fais partie)
    c’est des descendants des anciens colons, et maintenant il faut les voir comme des portefeuilles ambulant… (un constat – anecdotique peut-être)

    C’est quoi un malgache ? reformulation : c’est quoi quelqu’un qui vient de Madagascar ?
    – 1er type de réponse, 80% des saigonnais
    Malaskar ? Khong Biet… explication : Madagascar, mot trop long imprononçable, je ne sais pas…
    – 2e type :
    C’est un cartoon non ? I like to move it…
    – 3e type :
    C’est une autre planète ? un extraterrestre ! génial !

    Connaissez-vous des problèmes d’intégration ?
    oui, le vietnamien est une langue ingrate. Tu fais des efforts pour l’apprendre et tu ne te fais comprendre que de temps en temps, et dans ce que tu as dit il y a 80% de gros mots 🙂

    Comment vivez-vous le fait d’être étranger dans le pays où vous êtes ?
    très mal 😉 (voir plus bas), mais c’est une expérience intéressante. Personnellement, je ne me sentait pas étranger en France à part quand il fallait que je sorte le passeport avec le zébu dessus.

    La double/pluri identité, ça se vit bien, c’est même génial. Il suffit de parler plein de langues.

    Je suis contre l’anglais langue internationale. English is not the best choice as international auxiliary language !

    apprenons le lojban ! parce que sinon le vietnamien ce n’est pas facile…

    Pour moi, à l’étranger, le plus important c’est l’échange et pour échanger il faut pouvoir communiquer. sans communication, il y a incompréhension et peur et plein de trucs pas sympa…

    Un bouquin bien sympa sur l’identité Identités meurtrières d’Amin Maalouf.

    Sinon, à part ça, il y a longtemps déjà, j’ai écrit un article sur le fait d’être vazaha, je persiste et signe, ce qui est bien quand on est étranger c’est qu’on est étranger…

    PS et HS :
    @tattum> bientôt plus d’excuses pour ne pas travailler, j’ai même démissionné pour être à 100% sur MM…
    🙂

  • Tattum

    Vaomiera> entièrement d’accord avec toi! C’est vrai, l’intégration n’est pas une évidence ni un droit, même avec le sourire. 🙂
    En arrivant, je pensais que les gens n’étaient pas super accueillants mais en fait, ils attendaient juste que je fasse le premier pas! Encore faut-il le savoir dirait-on.

    Elsifaka> bon ben je découvre le lojban. 🙂 En tout cas c’est intéressant de lire les avis des gasy dans des pays qu’on connaît moins, comme le Viet-Nam ou le Maroc. 😉
    Sinon, PS et HS: je reçois bientôt mon nouvel ordi, plus d’excuses tant que mes yeux supporteront! 🙂 Mais je rassure, ce n’était pas un rappel moral 😀 à la super équipe d’enfer, mais une piqûre d’entrain. ^^

  • Jukly

    merci pour les commentaires, dès qu’il y a du nouveau dans l’affaire je vous tiens au courant…. je crois que je vais commencer par lire Amin maalouf, c’est un auteur je j’adore en plus :).
    < "Pour moi, l’integration n’est pas un droit. On a toujours tendance à trop souvent écouter ceux qui disent qu’ils ne sont pas acceptés ni integrés parce qu’ils sont étrangers. Ont-ils fait au moins quelque chose pour y arriver?"> c’est vrai qu’il y a des gens qui se confortent dans la position de victime, et se plaignent sans faire aucun effort, mais il faut dire aussi, que les villes où les étrangers sont mis à l »écart » dans des cité hlm (je ne parle pas des étudiants, c’est différent) à la « gettho américain », et le flicage permanent ça ne favorise pa l’intégration. et puis, je pense que le problème est pris à l’envers, il y a des refus de tous les cotés.
    à bientôt.

  • vaomiera

    Posséder une double culture, dans le sens où l’on s’identifie à la fois à la culture malgache et à la culture francaise, est une arme à double tranchant.
    Soit on se fait rejeter des deux cotés, soit on se fait accepter.
    Mais il est souvent plus facile de remarquer la différence que l’appartenance.
    Et il faut noter que, toujours, selon l’endroit où on vit, une des cultures va finir par supplanter l’autre.

  • Jogany

    Hi all,

    – Oui ça sent l’été, allez debout tout le monde ! ehho stop lurking y’all !! –

    Le duo « Intégration/Identité » est de loin le préféré de la blogasphère et j’abuserai si je vous rappelais la Malgachoscopie (expérience totalement web 2.0 très colorée, socialement intelligent et gravement addictive ! Hé Ho si on remettait ça ?).

    Jukly, ce qui est sûr dans toutes ces histoires c’est que la Communauté malgache où qu’elle soit n’ait pas atterri de façon trop brutale dans son pays d’adoption. Pas de tragédie de Boat-people à commémorer, ni de justification vraiment vraiment politique ou religieuse à l’exil (soyons sérieux)! Plus est que notre tempérament pacifique et paraît-il coriace au labeur, nous place au statut du « bon petit immigré sans vraiment de problème ». L’émigration malgache étant d’ordre économique principalement, tout le monde il a compris sa leçon : on bûche, on bûche …

    Et cette équation résulte dans l’épanouissement de la Communauté (malgache je dis bien) à l’étranger. Elle est dynamique, elle est ancrée dans le béton de ses traditions et valeurs, elle est « in », elle commence à s’ouvrir aux autres et pire encore : elle tend la main à Madagascar !
    C’est sans doute ma perspective canadienne qui transparaît dans cette vision « gagnant-gagnant » de la problématique et c’est vrai que quelque part le fait de cohabiter dans une ville où les Juifs vous habillent depuis un siècle, où les portugais vous construisent vos maisons, où les italiens (ne pouvant pas se passer de « leur » Little Italy) vous gavent de pasta et de mafia … nous met véritablement à notre place : Nous sommes là pour faire avancer les choses « ici » et « chez nous » !

    C’est au pays aussi qu’on devrait se demander si elle entretient toujours aussi bien sa réputation hospitalière. Si elle aussi ne commence pas à trier ses immigrés selon sa tête ou la grosseur des sacs de billets qu’ils ramènent, là-bas aussi la Mondialisation prend des enjeux aussi dangereux et finalement très mal gérés. Que dire de l’exploitation économiques des ouvriers dans les zones franches sans aucune protection sociale où on va jusqu’à envier les maquiladores de la frontière mexicaine ? Comment motiver les cerveaux à rester au pays alors même que les salaires sont médiocres et que de loin on préfère importer du sang neuf et disons-le franchement « blanc » ?

    Bon ben résumons :
    – La Diaspora malgache semble être un bon élève
    – Madagascar est définitivement un paradis tropical mais pour qui?
    – Canada ruuuuules parce que les règles sont claires et nettes nous sommes ici pour payer les taxes et la retraite des autres mais bon…Saul Shwartz et Thien Chang l’ont fait avant moi, alors bon…!

    Je sais c’était hyper long, moi-même je n’ai pas le courage de me relire mais bon c’est l’été !

    Biz y’all

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