Ce post est la suite du décryptage >> publié il y a deux semaines. Vous m’excuserez sur ce spammage, mais l’édition du jour du journal Malagasy lexpressmada.com consacre pas moins de trois articles sur « l’affaire Tantely Andrianarivo » qui confirme les informations que nous avons précédemment mis à jour.

Vous trouverez les liens vers les sources groupés à la fin de ce post :
– lundi 21 mai 2007 | « Affaire Tantely Andrianarivo, L’attaque du ministre Radavidson Andriamparany », L’express de Madagascar – Mahefa Rakotomalala,
– lundi 21 mai 2007 | « Affaire Tantely Andrianarivo, Le Club de Londres », L’express de Madagascar – Doda Andrianantenaina,
– lundi 21 mai 2007 | « Affaire Tantely Andrianarivo, Benoît Girardin : Je comprends la déception du gouvernement malgache », L’express de Madagascar – interview par Iloniaina Alain,

Passons sur les deux premiers articles qui sont là pour éclairer le SCOOP qui est l’interview de Benoît Girardin, chargé d’affaires de l’ambassade de Suisse à Madagascar, qui remarquons-le au passage a eu l’élégance d’attendre le retour de ses « contradicteurs » de leur voyage à Shangaï avant de communiquer.

Après 17 jours de silence Benoît Girardin, chargé d’affaires de l’ambassade de Suisse à Madagascar, réagit par le biais d’une interview exclusive à la conférence de presse donnée le mercredi 2 mai 2007 par Andriamparany Radavidson, ministre des Finances et du Budget Malagasy. Si nous prenons les trois premières phrases de Benoît Girardin, par contraste il expose la ligne de la réponse qu’il va développer
– ce qu’il va déclarer ne va pas provoquer de surprise,
– car il a régulièrement transmis les informations a ses homologues Malagasy,
– il ne rapportera que des faits avérés.

– « .Je comprends la réaction du gouvernement malgache, mais je suis néanmoins surpris. Depuis le début de cette affaire, j’ai régulièrement informé le gouvernement de l’évolution de la situation. Je suis donc surpris des affirmations, en partie inexactes, diffusées après la conférence de presse du Ministre le 2 mai » [BG, lexpressmada.com].

Les faits

– « Entre 80 et 90% des fonds ont été transférés au cours de la période 1990 – 1996. Il n’y eut ensuite plus qu’un seul transfert en 2002 [ndlr année de la crise postélectorale opposant les deux candidats à la présidence Malagasy] » [BG, lexpressmada.com].

– Tantely Andrianarivo n’accède à des fonctions politiques que le 27 février 1997.

– Pour mémoire « deux semaines après son investiture, le 10 février 1997, le président Didier Ratsiraka désignait son directeur de campagne électorale, Pascal Rakotomavo [soixante-deux ans] au poste de Premier ministre. Celui-ci a formé, le 27 février 1997, un gouvernement comprenant trois vice-premiers ministres: Herizo Razafimahaleo [Affaires étrangères], Tantely Andrianarivo [Finances et Économie], et l’ancien ambassadeur aux États-Unis, Pierrot Rajaonarivelo [Décentralisation et Budget] » afriquepluriel.ruwenzori.net >>

– « L’Etat malgache s’était porté partie civile » [BG, lexpressmada.com].

– « Par l’intermédiaire de ses avocats, il [ndlr. M. Tantely Andrianarivo] a interjeté appel en 2004 mais celui-ci a été rejeté par la justice suisse » [BG, lexpressmada.com].

– « J’ai moi-même [ndlr. BG] tenu constamment informé le Gouvernement malgache de l’évolution de la situation au cours d’une vingtaine d’entretiens. Nous avons fait preuve de diligence et d’une étroite collaboration » [BG, lexpressmada.com].

– « Pour prendre une décision de poursuite, le procureur devait se fonder sur des informations de droit et de fait malgaches » [BG, lexpressmada.com].

– « Du point de vue factuel, il s’est avéré qu’il n’existait plus beaucoup de documentation sur le déroulement de l’affaire, comme le transfert de la grosse partie de l’argent a été effectué entre 1990 et 1996 » [BG, lexpressmada.com].

– « L’autre difficulté, majeure celle-ci, concerne le dispositif juridique malgache. En effet, le transfert de l’argent s’est fait par l’intermédiaire du mécanisme classique de la conversion des dettes privées de l’Etat via le Club de Londres » [BG, lexpressmada.com].

– « Le procureur suisse chargé de l’affaire a donc demandé à ses collègues malgaches quelles étaient les personnes habilitées à déclencher de telles opérations de conversion de dettes privées » [BG, lexpressmada.com].

– « Hélas, la législation malgache ne se prononce pas sur de telles pratiques. En se basant sur le droit malgache, on ne pouvait donc pas établir l’origine illicite de l’argent, même s’il existe un fort soupçon sur le transfert » [BG, lexpressmada.com].

– « Face au principe de la présomption d’innocence de l’accusé, le soupçon ne suffit cependant pas. Pour qu’une condamnation et une confiscation pénale de l’argent soient possibles, il faut que les accusations puissent être prouvées au delà de tout soupçon » [BG, lexpressmada.com].

– « Certes, le soupçon d’origine illicite de l’argent demeure fort, mais on ne peut pas prouver et établir l’origine frauduleuse de ces fonds » [BG, lexpressmada.com].

– « En cas de doute, l’accusé est acquitté » [BG, lexpressmada.com].

– « L’argent a déjà été récupéré par M. Tantely Andrianarivo » [BG, lexpressmada.com].

– A la question si « le Gouvernement malgache a entamé d’autres démarches, à part la déclaration publique du Ministre des finances et du budget » Benoît Girardin répond ne pas être au courant.

– Par contre la Suisse a effectué un geste envers les autorités Malagasy par le biais d’une lettre signée de la présidente suisse Micheline Calmy-Rey.

– « Hier [ndlr. dimanche 20 mai 2007] j’ai pu remettre personnellement au Premier ministre une lettre signée de la Présidente de la Confédération » [BG, lexpressmada.com].

Les inexactitudes rectifiées

Sans jamais le nommer, c’est bien les deux affirmations de Andriamparany Radavidson, ministre des Finances et du Budget Malagasy que Benoît Girardin démonte.

D’abord la communication du nombre élevé [une vingtaine] de rencontres avec les autorités Malagasy autour de cette affaire qui tend à conforter la version d’une transmission régulière d’information de la part des Suisses. Je vous cite pour rappel la déclaration du ministre « Aucune réponse claire n’a été obtenue des autorités suisses à notre demande d’explication » [AR, lexpressmada.com, 03.05.2007].

Ensuite, l’intégralité de la somme est déjà en possession de M. Tantely Andrianarivo, alors que Andriamparany Radavidson semblait promettre de tout faire pour récupérer cette somme. Comment ? Mystère, mais en tous cas pas par la voie juridique suisse car Benoît Girardin déclare complètement ignorer l’existence d’une telle démarche. Pour rappel, les mots exacts du ministre étaient « nous avons décidé de réagir et de protester » [AR, lexpressmada.com].

A propos, « le ministre des Finances et du Budget, Andriamparany Radavidson, qui a fait partie de la délégation malgache conduite par le chef de l’Etat en Chine, n’est pas encore rentré au pays » [lexpressmada.com].

Et pour finir, ajoutons qu’en répondant à des journalistes bien que le président Marc Ravalomanana confirme l’hypothèse d’une rencontre avorté entre lui et Benoît Girardin, il attribue à ce dernier l’initiative de la rencontre. Pour rappel, il y a 18 jours, Benoît Girardin a déclaré que l’initiative ainsi que l’annulation de la rencontre venait tous deux de la présidence [swissinfo.ch].

[lexpressmada.com – lundi 21 mai 2007 « Affaire Tantely Andrianarivo L’attaque du ministre Radavidson Andriamparany | Le Club de Londres | Benoît Girardin : Je comprends la déception du gouvernement malgache » >>]