En écoutant un professeur d’archéologie faire le discours de fin d’année à l’Université de Chicago, j’ai été étonné par la forte teneur politique du discours, notamment par son ton résolument anti-Bush. Son discours était centré sur la nécessité des sociétés et civilisations de prendre en compte les facteurs environnementaux qui évoluent en permanence et de ne pa se figer dans un schéma établi sous prêtexte que l’on detient une vérité absolue. Dans ce discours, basé sur le livre de Jared Diamond : « Collapse of civilizations » que Rajiosy a aussi déjà mentionné il y a quelque mois, ce professeur attaque ouvertement les leaders politiques « de ce pays (US) et du moyen-orient » qui s’obstinent dans une démarche destructrice en croyant détenir une vérité absolue.

En résumé, le livre explique que bien que plus riches et mieux equipés que leurs voisins esquimaux, les nordiques d’origine scandinaves ne se resolvaient pas a modifier un style de vie basée sur l’élevage, l’utilisation du bois et une alimentation centrée sur le boeuf et évitant le poisson. Le problème, c’est que le Groenland comme son nom ne l’indique pas n’est pas vraiment vert, l’hiver rude ne favorise pas l’entretien du patûrage et l’utilisation du bois masisvement entraina donc déboisement rapide et perte du sol fertile favorable à la culture. (Vaguement familier, n’est ce pas ? Doro-tanety, en vikings, se dit comment ?). Hélas, les vikings s’obstinaient dans un mode de vie suicidaire, alors l’élevage se fit rare; et pourtant ils refusaient encore de s’adapter, préferant manger leurs animaux domestiques ( comme les fossiles le prouvent) plutôt qu’ apprendre à pêcher et manger les lions des mers comme les esquimaux qu’ils consideraient « inférieurs ». La communauté vikings disparut alors alors que les esquimaux sont toujours présents jusqu’ à ce jour. La leçon à tirer selon J. Diamond : il n’y a pas de vérité absolue en ce qui concerne la survie des civilisations. Si le contexte (par ex : global warming) demande un changement d’attitude, au diable la culture 4X4, et bonjour le vélo.
Si le contexte demande plus de sécurité dans les cités, au lieu de s’obnubiler sur le problème des djeuns pas trés gaulois, pourquoi ne pas doubler l’effectif policier, et montrer clairement que tout le monde sera contrôlé régulièrement, du patron en costume cravate au petit jeune qui joue au basket. Un peu d’impartialité ne fait de mal à personne, n’est-ce pas ?  En effet, une etude sur la baisse de criminalité drastique à New-York pendant les années 90 montre que ce ne sont pas les arrestations multiples qui diminuent le taux de criminalités, ni le « racial profiling » des soi-disant criminels mais la présence bien visible des policiers, leurs rapports avec les citoyens lambdas et le ravalement de la facade des immeubles délaissées (!). La diversité est une realité de ce monde, partout. L’ignorer, ou affirmer que le vol des voitures a la tire est commis a 80% par des blacks  ne fait pas avancer le schmilblick.  Emprunter les principes d’exclusions du Front national pour se faire élire ou croire résoudre le problème de l’insécurité est un manque de créativité criard et une incapacité à s’adapter  qui n’est pas sans rappeller l’attitude des Vikings au Groenland. Quand on croit détenir la vérité absolue et croire que certains principes sont infaillibles car gravées dans le marbre,  on se retrouve parfois à se ruer dans un mur à répetition qu’on a dressé soi-même.