« A la recherche du bonheur », le film

Telle est la question qu’on s’est posé entre amis. Telle fut la question après être allée voir dernièrement « The Pursuit of Happyness » (« A la recherche du bonheur« ), un film américain de Gabriele Muccino s’inspirant de l’ histoire vraie de Chris Gardner, joué par avec Will Smith et son fils, qui tout en gardant un certain recul, m’a laissée pensive.

A la recherche du bonheur, arômatisé à la célèbre phrase de Martin L. King « I have a dream… » avec pour moral s’il fallait en résumer un « Quand tu as un rêve, tu dois te donner entièrement pour espérer le réaliser » ou comme aime à répéter ma mère « Aide-toi et le ciel t’aidera« ; un film susceptible de donner des éléments de courage à tous ceux pour qui la vie est une épreuve difficile.
Brièvement, l’histoire de Chris Gardner, un jeune homme Noir dans les années 80, qui joue de malchance dans sa vie professionnelle, qui se répercute sur son compte en banque puis sur la plénitude familiale. Sa vie bascule, et il se retrouve seul avec son fils, sans travail fixe et bientôt sans domicile fixe, à lutter pour se sortir de cette misère.

Ce post ne consiste pas tant à apporter une critique fouillée de ce film, d’autres l’ont fait, mais davantage pour retenir la leçon de courage, de modestie, de pugnacité, de ténacité ainsi qu’ un brin de folie quelque part dont a fait preuve Chris Gardner aujourd’hui à la tête de sa propre maison de courtage Gardner Rich. Une belle réussite à l’américaine en somme.

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Any andafy any

Je disais donc: les opportunités rendent-elles meilleur?
Longtemps, ma grand-mère était persuadée que « any andafy any » (à l’étranger là-bas), il fait bon vivre. Non pas qu’elle soit naïve, mais l’on a toujours un préjugé idéalisé de any andafy any. C’est le cas de tout le monde je pense avant d’y mettre les pieds pour la première fois. J’aimais lui rétorquer à chacune de ses remarques:

Elle: « C’est propre là-bas »
Moi: « C’est propre parce que c’est nettoyé. »
Elle: « C’est facile d’y trouver du travail et de bien gagner sa vie »
Moi: « Si on est bon dans son domaine, il y a des opportunités. Mais il n’existe pas de poule aux oeufs d’or. Ne pas se fier aux apparences matérialistes, cela ne signifie pas qu’untel ou untel ait réellement réussi ou a vraiment une situation enviable. Et l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. » J’aurais rajouté aujourd’hui à ceux qui ne passent pas leur temps à bloguer! 😀

Jusqu’à la persuader de surmonter sa hantise de l’avion, qu’elle voit tout cela par elle-même. C’est bien beau d’écouter les avis d’autrui, on ne se fait sa meilleure opinion que par soi-même… Un visa de 3 mois en poche, elle est venue, elle a vu. Et n’a pas voulu rester les 3 mois! Depuis, on partage la philosophie du libre-arbitre.

Dis-moi où tu as étudié et je te dirai qui tu es?

Dire qu’on est assuré de réussir parce qu’on a effectué nos études supérieures à l’étranger? Je n’insulterai aucun de mes compatriotes au cursus 100% national, qui n’ont rien à rougir face à d’autres qui au contraire n’ont pas su saisir ce qui apparaît en effet comme une opportunité. Et non une issue de secours pour fin dorée assurée. Lors d’une discussion à Madagascar, j’ai été surprise d’une exclamation:

Lui: « Dans telle boîte, je connais deux personnes embauchées à la même période. Une diplômée de l’université d’Ankatso, bac+4, et l’autre un DESS de quelque part en France, un bac+5 donc. Et figure-toi que c’est la première qui est plus gradée!! »
Moi: « Euh… Socialement, vaut mieux être diplômé que pas, mais personnellement, si je devais être employeur, je jugerais quelqu’un pour ses compétences et non pour son niveau d’études ni à la nationalité de son diplôme. »

La situation n’avait rien d’aberrant pour ma part. Ca aurait dû?

Toujours pour s’arrêter au seul exemple des études, il m’a été donné dans mon parcours de rencontrer plusieurs types de profils:
– ceux qui n’ont pas à s’inquiéter dans leur vie, pour qui tout a toujours été facile. Inclus les GDR (expression apprise à Madagascar: Gosse de Riche), fils à papa et autres chanceux de bonne famille dira-t-on.
– ceux qui viennent de ce qui reste de la classe moyenne, beaucoup de potentiel mais pas nécessairement les moyens financiers de réaliser l’ambition de leurs objectifs.
– ceux qui galèrent ou ont vraiment galéré, et selon, défaitistes ou qui en veulent vraiment dans la vie. J’en ai connu, que ce soit à l’université d’Antananarivo à Ankatso, au potentiel complètement et malheureusement bridé par le manque de moyens, la nécessité de devoir d’abord répondre à des besoins de base.
Ou un autre en France, parmi les personnes les plus débrouillardes qui m’aient été donné de rencontrer. Etonnant tant il était honnêtement débrouillard (je précise), et pouvait savourer sa réussite, lui qui racontait ne pas être en mesure de compter combien de fois il a eu faim dans sa vie.

Mêmes lieux, différents desseins

Il y a ceux qui brillent dans leur école ou université, profitant d’une bourse d’études ou d’excellence dûment mérité suite à un concours ou une sélection, durant une ou quelques années avant de rentrer. Et il y a ceux qui, partis du pays sitôt après le bac, et dix ans après, un niveau bac+3 en poche. Comprenons par là, trois fois une première année. Par exemple. :)

Tous les matins, je lis: L’avenir ne se prédit pas. Il se veut, il se construit. Sa fin dépend-elle des moyens de la construire?