C’est le titre du Livre de Lesley Sharp, professeur d’ Anthropolgie et Santé Publique à Columbia University. Dans cette étude, Sharp étudie la mémoire collective de Madagascar de la période post-coloniale. Elle réfute notamment la théorie que Madagascar et ses enfants sont des victimes passives et impuissantes des crises de la période coloniale et post-coloniale. Elle affirme, au contraire, que la jeunesse á Madagascar est parfaitement consciente du pourquoi de la situation actuelle et qu’elle porte un regard critique sur son passé et son avenir.

Le terme « La génération sacrifiée » fait réference á un contexte bien particulier. La 2éme république etait fondée sur le principe cher à Franz Fanon que pour être indépendant, il était parfois nécessaire qu’un pays sacrifie une génération pour implimenter les bases d’une nouvelle identité nationale. Un des aspects les plus apparent de ce concept etait l’institution de la langue Malgache comme langue première d’enseignement dans les écoles (Malgachisation). Le sacrifice etait alors évident: passer en langue Malgache pour l’apprentissage de certaines matières signifiaient non seulement tout un lexique à recréer en Malgache mais aussi un gouffre qui s’installait alors entre la génération parentale eduquée en langue française et la nouvelle qui innove la langue Malgache.

(SN (service national) reconstruisant une route dans les annees 80)

L’abandon de la Malgachisation fut alors décidée, plus pour un problème d’execution pratique que de rejet de principe. Cependant il semblerait que l’administration actuelle semble vouloir la remettre à l’ordre du jour. Ce sujet est certainement de nature plus complexe que ce billet ne voudrait l’admettre. Mais avant de revenir au sujet initial de ce billet (le livre en question), je laisse le dernier mot à Michelle Rakotoson : « Posez d’abord les conditions de l’africanisation : les livres, les maisons d’édition, la formation des enseignants… Que ceux qui hurlent pour la [Malgachisation] se disent aussi qu’ils ont eu l’avantage de parler le français, qu’ils ne retirent pas cet avantage à d’autres. Il faut [malgachiser] mais il ne faut pas que ce soit un enfermement. Il faut se poser des questions avec des économistes, des psychologues, des auteurs, se donner petit à petit tous les moyens. »

Extrait du livre de Sharp sur La « génération sacrifiée » :

 » Une jeune femme de 33 ans nommée Fleur explique :  » J’entends souvent les autres demander :  » Qui appartient à la generetion sacrifiée ? » Je vais vous le dire : C’est nous. Parce qu’en fin de compte, Nous sommes ceux qui avons traversé tous ces tourments, réussi nos examens, pour éventuellement nous retrouver au chômage. Le vrai problème de notre pays, c’est lui, le chômage. C’est lui qui nous détruit. L’étude que vous (Sharp) faites sur la scolarité de ces enfants n’est que la seconde vague de ce désastre.«  »

Articles sur la malgachisation

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