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Village complètement rasé par le feu [Manakana II, MD]


Les maisons traditionnelles de la côte est de Madagascar [ndlr falafa ou fontsy] sont construites entièrement en bois, des palmiers et d’autres matériaux naturels faciles d’accès [dans la forêt vierge]. Souvent, le toit est de paille, dans quelques cas les maisons sont recouvertes de tôle ondulée. Contre l’humidité et la vermine, les maisons sont posées sur des pilotis et comme la cohésion familiale est très forte, elles sont souvent construites les unes serrées contres les autres. Les enfants bâtissant leurs propres maisons accolées à ceux des parents et ainsi de suite.

Manakana II est distant d’environ 2 jours de marche de la première liaison routière. Depuis juin 2006, le village de Sahakevo dont la municipalité est dirigée par une administration compétente, dispose d’une piste d’atterissage en verdure, grâce à l’engagement de Jakob Adolf [ndlr: directeur de la MAF]. Désormais, le village de Manakana II ne se trouve plus qu’à environ 3 heures de marche d’une voie de communication. De cette façon, le village a pu pour la première fois avoir un contact vers l’extérieur.

Le [lundi] 2 octobre 2006, vers 13:30 h, une femme malagasy d’un certain âge a allumé un feu pour préparer le repas de la mi-journée. Peu d’adultes étaient présents au village à ce moment de la journée. Les 1500 [environ] habitants étaient dans les rizières et champs environnants. C’est ainsi que de façon tragique, le petit feu est devenu hors de contrôle. Dans un délai de moins de 30 minutes, le village entier, soit 184 maisons, a été détruit par le feu. Heureusement, aucune victime n’est à déplorer .

Immédiatement, le maire des Sahakevo a commencé à rassembler les forces de sa municipalité, afin de venir en aide au village décimé: leurs économies mises ensemble plafonnaient à 8 dollars.

Jusqu’à présent, aucune aide externe n’est parvenue ni même est attendue, car les petites organisations humanitaires sur Madagascar [ONG] refusent, car selon eux, le projet [de reconstruction] est trop grand, tandis que les grandes organisations Non-Gouvernementales déclinent, parce qu’il est trop petit « ;

À l’heure actuelle, les 1500 habitants, vivent tout simplement aux abords de leurs rizières. Pour la reconstruction, quand assez d’argent sera rassemblé, il faudra d’abord penser à acheter et à transporter jusqu’au village les clous et les tôles ondulées nécessaires. Or leur seul moyen de gagner de l’argent est d’anéantir la forêt vierge pour augmenter la surface de terres cultivables.

Pour la reconstruction, environ 10 kg de clous de 70 mm et 32 tôles ondulées sont utilisés pour chaque maison, en plus du bois, de la paille et des palmiers qu’il y a naturellement gratuitement sur place. À part les clous et les tôles, des outils seront nécessaires comme des marteaux, des scies et des haches.
Sans les outils, le devis pour chaque maison s’élève à :
– 10 kg clous (environ 30.- EUR)
– 32 Tôles ondulées (environ 300.- EUR)
En plus environ 20 sets d’outils (chacun environ 30.- EUR)

L’organisation d’aide MAF [Mission Aviation Fellowship] dont Jakob Adolf est le directeur, essaye de rassembler l’argent pour [organiser] le transport des produits achetés à Madagascar.

La distribution des produits et de l’argent est coordonnée par Jakob Adolf [MAF-Madagscar] et le comité de secours de Sahakevo. Comprenez s’il vous plaît que nous n’acceptions que des dons en argent, car le transport de biens donnés [ndlr depuis l’Europe] serait dans ce cas trop onéreux et pénible.

Adressez vos donations à:
EFG Herten
Kto. 79600, BLZ 500.921.00, SKB-Bad Homburg,
Mot clé : Madagascar.

Si vous souhaitez un certificat de donation [ndlr pour les impôts], veuillez ne pas oublier d’indiquer votre adresse complète dans la rubrique prévue à cet effet. Merci beaucoup pour votre aide !

Jakob Adolf, pilote en Chef et directeur de Programme de la MAF-Madagascar, [Mission Aviation Fellowship, MD]
Andreas Ullner, Pasteur de l’église baptiste de l’Espoir à Herten [Hoffnungskirche, Herten, DE], le 30.10.2006./.

traduit et publié sur Malagasy Miray par tomavana
titre original « Hilfe für Manakana II » [Secours pour Manakana II]
source www.efg-herten.de

vakio koa Ambohitranala +43 andro >>

21 commentaires

  • Many

    🙁

    Manakara, j’y suis arrivé à l’âge de 1 semaine, et en suit parti à l’âge de 8 ans. Et durant ces 8 ans je n’ai voulu quitter Manakara que 2 fois. Mon coeur s’y est attachée, l’est encore et le sera toujours. Je ne dirai pas que les malheurs qui arrivent ailleurs ne me touchent pas, mais quand il s’agit de Manakara c’est toujours plus difficile pour moi.

    Vais essayer de voir s’il y a moyen de suivre l’évolution des aides et de la reconstruction, mais toute info serait appréciée merci.

  • tomavana

    @ Many le village sera reconstruit … les enfants jouerons encore ….
    Mais vu leur peu de moyens cela prendra certainement du temps. Mon autre source de tristesse c’est le manque d’information. Je veux dire qu’aucune radio, aucun journal n’a rapporté ces drames 🙁

    En tout cas cool si on peut être deux à suivre, moins de risque de passer à côté de l’info 😉

    @ Lillia je suis comme toi, et pour commencer j’ai toujours rêvé de me payer une trano falafa 😉 j’ose croire que sera beaucoup plus utile [trano falafa = 30.- EUR] que l’enième DVD qu’on va laisser croupir sous la poussière après l’avoir visionné une seule fois.

    J’espère qu’un MAX de personnes se joindront au mouvement, une trano falafa après l’autre, le village finira par être reconstruit. C’est pourquoi je continuerais à semer au vent les infos que je glâne 😉

  • tomavana

    C’est surtout un cas de conscience tu vois. Au fil des jours, surtout depuis l’ouverture de la propagande, il est devenu claire que plus personne n’allait publier à propos d’Ambohitranala. Or le syndrôme du Darfour aurait dû me mettre la puce à l’oreille « lavitry ny maso, lavitry ny … zava-drehetra »

    Du coup, je ne savais comment traiter correctement les infos en ma possession. Il m’est arrivé de regretter de ne pas avoir écrit les articles en français dès le début etc … maintenant j’ai fais mon choix, j’agis, je témoigne, je transmets … 😀

    « Soa ny miara-dia leko tsa malaky » encore merci pour le pour le bout de chemin ensemble Harinjaka de Fianar 😀

  • Malagasy aty California

    Merci tomavana pour l’info. Peu importe l’endroit, quand Madagascar brule, c’est triste. Souvent, je ne sais pas comment reagir, cela fait tellement mal!
    Alors, pour traiter cette douleur, je vais donner de mon temps pour aider a reconstruire. Oui, je rentre pour une semaine pour faire du volontariat (donc benevole!) dans un petit village Malagasy!
    Le bonheur pour moi, c’est cela.

  • Tattum

    Je connais peu Manakara et ai suivi le sujet sur ton blog, Tomavana.
    Mais si Many et toi connaissez bien le coin, cela pourrait constituer l’objet de l’action humanitaire abordée suite au sujet sur Noro Randrianarison. Qu’en pensez-vous?
    Perso je dis pourquoi pas, à partir du moment qu’on est bien d’accord qu’il ne s’agit pas de monter une association pour récolter des fonds, mais bien plus élaboré que cela telle que l’information et la prévention des habitations contre les feux de brousse ou accidentelles, des propositions pour commencer à endiguer la culture sur brûlis, et responsabiliser les gens pour qu’ils reconstruisent leurs maisons. Mais par-dessus tout, c’est le comment qui va préoccuper! 🙂
    Mais on commencera de tout de manière par un brainstorming…

  • JoGanY

    Hey all,

    Mea culpa général pour le retard de comment ici (genre elle se doit d’en mettre un partout elle, quelle prétentieuse cette Jogany…) anywayz…

    Le sujet m’intéresse tellement à fond beaucoup et que plus personne ne me demande plus pourquoi à partir du moment où il a lu mon blog, fait un tour sur mes posts et lu quelque part que j’ai fait des concours sur de la reconstruction après désastre (oui bon je les ai pas gagnés mais bon je pense que c’est pour ça que vous ne savez pas…mais bon … c’est vrai je raconte pas grand chose sur moi…). Neanmoins il faut que je le dise quelque part à un moment précis: ma première motivation à devenir architecte est d’intervenir dans ce genre de situations et le fait d’être partie si loin au Canada ne m’a jamais empêchée de tourner le dos à ces besoins au pays. Malagasy any Californie va réaliser ce que je voudrais faire en grand (euh quand je serais grande, ça se dit?) c’est-à-dire appliquer concrètement tout ça sur le terrain. Et quelqu’un m’a dit …(sur un blog) tu rendras bien tout ça…sois patiente….(c’est tattum qi a dit ça hein?!)

    Bon en revenir au sujet, il est normal que dans le contexte actuel tous les yeux soient zoomés sur les élections (évidemment…) mais en prenant un tout petit peu de recul, il est aussi consternant de réaliser que peut-être une première page ferait grand cas de la situation et au fur et à mesure que le temps passera, on y retrouve plus qu’un petit encadré au fond fin de 5 pubs sur la page des sports. Ne parlons même pas des actions réels…Beaucoup de promesses seront faites et …le vide…Juste en attendant le prochain cyclone…

    Ce village sera reconstruit, par ses propres villageois avec exactement les mêmes moyens et malheureusement avec 2x plus de risques de revenir à la case départ car ils seront pressés. Bien entendu que si nous intervenons au niveau de la récolte de fonds cela va aider pour les premiers mois surtout pour abriter pendant la saison des pluies. Peut être même que nous pouvons orienter vers l’approvisionnement de matériaux de construction… Mais le plus efficace est dans l »édification d’un projet durable et qui implique à 100% les villageois. (Il est bien important de noter que si nous devons intervenir dans ce projet que donner un coup de main est bien sympa mais donner les moyens est encore mieux…)

    Quels seraient les modalités de ce projet durable? Nous tombons dans un « bon » contexte actuellement où nous pouvons voir de quelle façon se fait le processus dans les pays touchés par le tsunami ou au kashmir (enfin bon pour les motivés, sinon je vous dirais ça prends pas vraiment une maîtrise pour y comprendre quelque chose!). Sachant que l’environnement est exactement le même (hormis le climat hostile de guerre) : la population touchée est très très pauvre, analphabète, périodiquement victime de cataclysmes (maladies, incendies, cyclones…) et qu’il faut A TOUT PRIX éviter de les conduire vers un système d’assistanat…

    Il y a une bonne idée qui germe ici et je suis à 100% des vôtres pour la faire épanouir tout en tenant compte du fait que cela va nous demander beaucoup beaucoup beaucoup de persévérance et de combativité …pour faire bouger les choses! Sinon les idées sont là, la motivation aussi et même les moyens imaginez-vous!

    Qu’est-ce qu’on attend???

    Bon un post est à venir je le sens…hmmm

  • tomavana

    @ Tattum à mon tour de m’excuser pour le délai de réponse mais la ‘real life’ a parfois ses raisons que la raison du blog ne peut …

    Je suis d’accord avec toi sur un point, mon ambition n’a jamais été de monter une association de quelques sorte que ce soit. Par contre je suis convaincu du caractère urgent de la chose. Alors, en attendant d’y voire plus claire sur ce que l’on va pouvoir faire, comment, où, quand, avec qui, pourquoi ? J’ai fait le choix d’écouter mon instinct et soutenir de manière urgente la population, sans distinction des collaborations possibles. Il est claire que jouer au pompiers n’est jamais agréable ni souhaitable, alors après l’urgence rien ne peut remplacer la ‘vista’ à long terme.
    🙂 OUI un grand oui à un tour de table 🙂

    @ JoGanY au travers de ton post transparaît ton expérience et ta connaissance de la problématique. Afin de ne pas réinventer l’eau chaude, ton apport est d’autant plus précieux afin de pleinement profiter de tous les enseignements sur les pratiques existantes.

    J’ai toujours cru qu’il existe un temps pour tout 🙂 la seule manière de savoir si ce temps est venu, c’est d’avancer. J’ai hâte que les villages en ‘trano falafa’ puissent être réinventé. Mais d’ici là, je suis de ceux qui sont convaincu que ces PERSONNES ne doivent pas rester au bord des rizières.
    Merci d’illuminer notre chemin commun par tes posts.

  • tomavana

    ‘Manakara, jsquowhawydy suis arrivé à lsquowhawydâge de 1 semaine, et en suit parti à lsquowhawydâge de 8 ans…’

    @ Many une amie m’a signalé que le village qui a brûlé est Manakana II et non Manakara. Bien que les deux sont sur la côte Est. Située bien plus au nord, Manakana II se trouve dans la province de Toamasina, alors que Manakara est dans celle de Fianarantsoa.

    Je m’excuse de ne pas l’avoir relevé moi-même, en contre-partie j’aurais des nouvelles avant la fin de la semaine.

  • lovarakoto

    Peut-etre que ce billet pourrait etre replace en premiere page car la discussion sur la partie commentaire merite d’etre lue et relue par le plus grand nombre (just my opinion )….

  • Tattum

    Lova> Pour l’heure, j’ai affiché la rubrique « Articles les plus lus » car ta proposition est très intéressante. S’il ne reste pas dans cette rubrique, je mettrai en sidebar des liens directs vers les articles vers lesquels vous souhaiterez garder un affichage permanent. 😉

  • tomavana

    @ Lova avec le recul moi aussi, je prends la mesure du chemin à parcourir 😉 merci pour ta remarque 😀

    @ Tattum merci pour l’inspiration et le support, t’es, vous êtes tous de vrai(e)s nounous pour les Malagasy miray 😀 MERCI

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