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Malagasyscopia

J’avais vraiment envie de parler de ma vie de Malagasy d’Andafy quand j’ai lu le post sur le blog de Tattum. J’y ai même laissé un message confirmant mon intérêt. Puis j’ai de nouveau confirmé via email. Et maintenant qu’ il faut écrire cet article, plus j’y pense, moins j’ai envie de parler de ma « petite » vie de Malagasy d’Andafy.
Il est vrai que j’ai des tonnes d’anecdotes ne serait-ce qu’à chaque entrée et sortie du territoire, à chaque interaction avec l’américain lambda qu’il soit de l’Est, du Nord, du Centre, du Sud-Ouest ou de l’Ouest des Etats-Unis…Mais je ne suis pas vraiment prête pour dévoiler mon expérience personnelle. Et je crois que mon tout récent voyage à Madagascar (Octobre 2006 pour les funérailles de ma grand-mère maternelle) en est la raison.

Je ne me permettrais pas d’étaler ici ou ailleurs mon quotidien, mon adaptation, mes problèmes (qui ne le sont plus si on compare avec ceux des autres restés au pays !) pour la seule et unique raison que cela peut être très mal interprété par ceux que j’aime. Et ils sont nombreux, ceux que j’aime !
Ils sont pour la plupart, restés à Madagascar, et je ne crois pas que ce soit par choix, sauf pour Vanf (un petit « Congratulations !» en passant !) may be. Je disais donc que ceux que j’aime sont là-bas. Ils vivent en se posant (à l’intérieur d’eux-même) la même question depuis des années : où va t’on ?
Mais ils ont également la pudeur de ne pas la poser à autrui. Cette question restera sans réponse dans l’immédiat, ce n’est pas bien grave car il y a bien d’autres choses bien plus importantes. A savoir comment se procurer la nourriture au quotidien avec cette inflation galopante? Ou encore combien de litre d’essence me reste-t-il pour finir mon trajet quotidien ? Et bien d’autres questions encore que je ne me suis plus posées depuis plusieurs années.

Il y a un « gap » énorme entre la Malagasy d’Andafy que je suis devenue et la Malagasy qui a quitté Madagascar en 2000. C’est tout à fait normal et légitime me diriez-vous, cela peut prendre plusieurs noms : adaptation, intégration, acculturation etc… et la liste est longue.

Seulement, en tant que Malagasy d’Andafy, j’aimerai aussi que les autres Malagasy comprennent que ce n’est pas parce que l’on vit dans des villes différentes et loin de son pays qu’on en oublie ses valeurs et sa culture. Alors, [pour faire raccourci «à la Vanf »] si cela doit passer par une THB à prix fort ou une décoration de son salon avec du « Vita Gasy », je dis « why not ? ».
A chacun sa façon d’être Malagasy loin du pays !

Malagasy aty California 🙂

14 commentaires

  • Tattum

    En tout cas, tu représentes très bien la pudeur malagasy 😉
    Ce sujet a été l’occasion de faire ta connaissance en tout cas.

    Je suis d’accord avec toi que la situation au pays nous amène à relativiser beaucoup de choses, là où nous sommes. Bien que ce soit loin d’être la première phrase qu’on entend, par pudeur toujours, j’entends souvent les gens dire « mafy ny fiainana e », pour bien des raisons…
    Et heureusement que ni la distance ni le temps n’estompent nos racines..
    Merci à toi en tout cas 😉

  • Lilia

    Je ne crois pas te connaître mais je suis ravie de lire ces lignes.
    Il faut bien reconnaître que certains gasy (moi compris) sont bien loin de se représenter encore les douleurs au quotidien là-bas que tu rappelles délicatement ici. 🙁
    Je prends ma leçon en passant, et mon post portant le même titre me paraît bien « moi je personnellement oriented » maintenant…

  • hjk

    J’aime aussi ta note comme toutes les notes de cette malgachoscopie … c’est vrai qu’on est tous différents les uns des autres mais je trouve que cela contribue à notre richesse n’est ce pas ? Je suis un gasy d’andafy et ma malgachoscopie parle de moi car juger les miens ne m’apporte pas grand chose et je sais de quoi je parle.

    Je lis ta note comme si je regardais lisais la note de VANF avec une jumelle. Malagasy d’andafy et de californie. Merci.

  • Nivo

    Ton post a le mérite d’être simple, franc et direct.
    Oui l’Andafisation (mot inventé à l’instant :P) nous change tous, car on prend un peu de ceci et cela du pays où l’on atterrit, le tout mélangé à nos racines gasy. Moi je dis que ça ne peut que donner qq chose de très enrichissant et de très formateur.
    Ton dernier paragraphe résume en tout cas très bien un mode de pensée que je partage à 100% : « j’aimerai aussi que les autres Malagasy comprennent que ce n’est pas parce que l’on vit dans des villes différentes et loin de son pays qu’on en oublie ses valeurs et sa culture » 😀

  • mcmalagasy

    Merci a vous tous pour les commentaires. J’avoue qu’ « andafisation » me plait assez. Sinon, je veux partager avec vous la grande deception que je viens d’avoir en regardant « Casino Royale »…On y voit des images censees representer Madagascar et ce n’est pas du tout « touristique ». Surtout que dans le meme film on voit la Czech Republic (Trop jolie!), les Bahamas, l’Italie etc… Il y a meme un combat de serpent- je croyais que c’etait censer etre des coqs???!!!!
    Anyway, the movie was great but the image of Madagascar was AGAIN, and AGAIN, only a reflection of poverty and ugly things: there was no image of the paradisiac island that I always talk about! People could think that I am just a BFL now, how sad is that?

  • JoGanY

    Hey,

    It’s scandalously early for a Saturday and you just left a comment on my blog at the same time I’m reading your post ! So tell me : is it a simple coincidence or have we just watched Casino Royale at the same time? hum hum…

    Je m’introduis en douce parmi les commentaires déjà laissés par les Autres (ya pas à dire les gars et girls vous êtes d’une rapidité, on devra sans doute inventer plus que l’ADSL vous dépassez même les limites de la dimension spacio-temporel..clap clap)

    A la lecture de ton post, tu te présentes à nous non pas comme tu dis par une bio soigneusement décalquée de tes expériences mais sous un angle qui m’ait familié et que j’apprécie totalement. Il y a tout un monde qu’on a laissé derrière nous et que la Diaspora touche (comme le dit si bien Vanf) du bout des doigts avec des gants sterilisés. Une réalité qui perturbe quand on y revient et qui laisse un arrière goût quand on le quitte.

    Tu n’as pas vraiment besoin de nous décrire ton quotidien loin du pays, sans te connaître nous l’avons devinés (j’imagine que bien d’autres avant moi aussi!). La franchise de tes mots et ton humilité sont bien passés, le message est bien reçu :

    TU ES BIEN DES NOTRES !!!
    Maintenant qui veut définir ce que nous sommes exactement? Bah euh…Une communauté un peu très eclectique qui ne respecte qu’un seul mot d’ordre (tout le monde le répète après moi):
    Sharing, Giving, …

    bizzzz

    ps: I really enjoyed Casino Royal because there were killings, money, bombs, love, trahison…and a Malagasy flag lost somewhere on a fake malagasy soldier’s uniform!

  • JoGanY

    I thought it was a pittoresque as it could be. I mean the « other » reason why we love our homeland so much (despite the fact that it’s OURS) it’s the fact that we have this singularity and originality nobody couldn’t ever copy-past.
    They tried really hard in Casion Royale (in fact the sounds were pretty much malagasyan héhé) and maybe they could do better than recreate everything. The Amazing Race cast have done a great job (i think), it’s all about authenticity isn’t it?

    Bizzzz à toi et merci pr le comment chez mi que je vais commenter de suite

  • tomavana

    McMalagasy, misy ireo fahanginana miteny lalina kokoa noho ny kabary lava. Hajaiko ny safidinao ka tsy ho be kabary aho, misaotra tamin’ny lahantsoratrao 🙂

  • Malagasy

    tomavana> Tsy misy fisaorana. Miezaka ny tsy manadino hoe any ho any misy havana sy namana mandalo fotoana sarotra e…

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