Ou comment se griller devant votre famille qui habite au bled.

Le principe quand on fait du shopping à Tananarive, c’est de ne jamais se vanter auprès de sa famille qu’on a fait l’affaire du siècle.
Parce que 90 % du temps, ils vous regardent avec des yeux merlans frits quand tout fier de vous-même, vous annoncez tambour battant le prix que vous avez arraché au vendeur larmoyant-j’ai-10-gosses-et-ma-belle-mère-à-nourrir-en-vendant-ce-sac au bout d’une demi-heure de marchandage.

Tout simplement, parce qu’eux, sans même négocier (ou en tout cas, moins longtemps), ils l’ont pour 10 fois moins cher.

Un de mes passe-temps préférés à Tananarive (faut dire, y a pas grand chose d’autre à faire quand on n’a pas d’amis dans une ville), c’est le shopping. J’aime beaucoup tout ce qui est artisanat. Parce que quand je rentre sur Paris, je peux crâner avec mes jolis sacs et paniers.Héhéhéhé :-).

Bref, quand on fait les courses en ville, les prix ne sont pas affichés. Alors je tente de me renseigner avec mon accent pourri et hésitant, tâtant la marchandise et esquissant une moue dubitative sur la qualité du sac (bien qu’en mon for intérieur, je suis sûre qu’il ira avec tous mes habits et qu’il va seoir à mon teint mais il faut garder une certaine maîtrise de soi. Surtout quand c’est un très très joli sac).

Bref, à chaque fois, c’est le même rituel :
– Ohatrinona ? (C’est combien ?)
– 50 000 miady varotra (50 000, mais on peut négocier)
Je convertis en euros. L’erreur à ne jamais faire. Ouah, ça fait rien du tout, ça !
Je baisse un peu le prix pour la forme, parce qu’il faut négocier, c’est le jeu.
C’est bizarre, la marchande conclue très vite le deal.
J’en déduis que je me suis encore faite avoir.
Zut.
Surtout ne pas avouer à la famille combien je l’ai payé.
Je comprends pas, je dois avoir une grosse pancarte sur mon front « be vola »(très riche). La prochaine fois, je me renseignerai sur les prix pratiqués …